Élections législatives macédoniennes de 2006

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Les élections législatives macédoniennes de 2006 se sont tenues le pour renouveler les cent-vingt députés de l'Assemblée de la République (Sobranie) pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin a vu la victoire de la coalition politique du libéral-conservateur Nikola Gruevski et la défaite de la coalition de centre gauche du président du gouvernement social-démocrate Vlado Bučkovski.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Parlement macédonien est élu pour une durée de quatre ans, au scrutin proportionnel suivant la méthode d'Hondt, et comprend cent-vingt députés. Le scrutin se tient dans six circonscriptions élisant chacune vingt députés. Chaque liste doit compter au moins 30 % de candidats de chaque sexe, et tout citoyen âgé de 18 ans peut être élu député.

Contexte[modifier | modifier le code]

Vlado Bučkovski.

Lors des élections de 2002, la coalition « Ensemble pour la Macédoine », dominée par l'Union sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) de l'ancien président du gouvernement Branko Crvenkovski, avait remporté 60 sièges sur 120 et 40,5 % des voix, loin devant l'Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne (VMRO-DPMNE) du président du gouvernement sortant, Ljubčo Georgievski, qui avait recueilli 24,4 % des suffrages et 33 députés. Crvenkovski avait alors formé une coalition gouvernementale avec l'Union démocratique pour l'intégration (BDI/DUI), principale représentante de la communauté albanaise, qui disposait pour sa part de 17 sièges.

À la suite du décès du président Boris Trajkovski, Branko Crvenkovski est élu chef de l'État et remplacé par le ministre de l'Intérieur, Hari Kostov. Ce dernier démissionne à son tour, au bout de quelques mois, au profit du ministre de la Défense, Vlado Bučkovski.

Campagne[modifier | modifier le code]

Nikola Gruevski.

La campagne, marquée par des violences au sein de la communauté albanaise, localisée dans le nord du pays, a vu Nikola Gruevski, le très jeune président de la VMRO-DPMNE, proposer de faire de la Macédoine le pays à la plus faible fiscalité d'Europe. Le parti de centre droit s'est également engagé à lutter contre la corruption et, à l'instar de la SDSM, qui mettait l'accent sur le développement économique, promettant notamment de débloquer l'équivalent de cent millions d'euros pour les petites et moyennes entreprises, et l'éducation, à faire progresser l'adhésion du pays à l'OTAN et l'Union européenne (UE). Le taux de chômage élevé et le malaise de la population vis-à-vis des privatisations ont également joué contre les sociaux-démocrates.

Alors que le thème de la corruption a constitué l'un des principaux enjeux de la campagne, le président Branko Crvenkovski a accordé une interview dans laquelle il a dénoncé ce qu'il considère comme un « fléau » et reconnu qu'il est « évident que la corruption est surtout présente parmi les hommes de pouvoir ». Il a alors exhorté la classe politique à « impérativement renforcer les moyens judiciaires de l’État ».

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultat des élections législatives macédoniennes du
Parti/Coalition Voix  % +/- Sièges +/-
Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti démocratique pour l'Unité nationale macédonienne et alliés 304 128 32,46 +8,06 45 +12
Union sociale-démocrate de Macédoine et alliés de Ensemble pour la Macédoine 218 008 23,27 -17,13 32 -28
Coalition Union démocratique pour l'intégrationParti pour la prospérité démocratique 113 424 12,12 -2,08 17 -1
Parti démocrate albanais 70 019 7,47 +2,27 11 +6
Nouveau Parti social-démocrate 57 043 6,09 n/a 7 +7
Organisation révolutionnaire macédonienne intérieure - Parti populaire 57 128 6,10 n/a 6 +6
Renouveau démocratique de Macédoine 17 591 1,88 n/a 1 +1
Parti pour l'avenir européen 12 718 1,36 n/a 1 +1
Autres 86 901 9,25 n/a 0 ±
TOTAL (participation : 55,98 %) 936 960 100 n/a 120 n/a

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après quatre années au pouvoir, l'Union sociale-démocrate de Macédoine est sèchement battue par la VMRO-DPMNE, qui a notamment profité du très fort taux de chômage qui frappait alors le pays, à savoir 36 % de la population active. Pour parvenir au pouvoir, Nikola Gruevski a dû former une coalition gouvernementale avec le NSDP et le PDS/DPA, pourtant représentant minoritaire des Albanais de Macédoine. Ce choix a conduit au boycott de la session inaugurale de l'Assemblée de la République par les députés de la BDI/DUI. Gruevski a finalement été appelé à former le gouvernement le 28 juillet, et obtenu la confiance des parlementaires le 15 août suivant.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]