Yopo

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Le yopo (Anadenanthera peregrina ou Piptadenia peregrina) est un arbre originaire d'Amérique du Sud.

Les fruits sont des gousses contenant des graines entrant dans la composition de poudres traditionnelles hallucinogènes qualifiées d'enthéogènes.

La poudre hallucinogène préparée à partir des graines s'appelle aussi yopo. La fabrication de cette poudre s'effectue également à partir d'autres espèces d'Anadenanthera.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arbre de taille moyenne à l'écorce sombre et épaisse, dont les feuilles ressemblent à celles des acacias.

Répartition[modifier | modifier le code]

Il pousse dans les plaines de Llanos, dans le bassin de l'Orénoque en Colombie et au Venezuela, dans les forêts de l'ancienne Guyane britannique et au Brésil dans les prairies de la région du Rio Branco ainsi que dans le bassin inférieur du rio Madeira[1].

Le yopo comme poudre à priser[modifier | modifier le code]

La poudre est connue sous différents noms en fonction des régions et des groupes ethniques, voire de sa composition : yopa, yupa, cojoba, cohoba, kohobba, niopo, nopo. Yopo est généralement utilisé pour Anadenanthera peregrina et cebil, vilca ou huillca pour Anadenanthera colubrina et Anadenanthera colubrina var. cebil.

Sa préparation varie d'un groupe ethnique à l'autre, elle est surtout utilisée chez les Otomaques.

Ainsi, selon José Gumilla dans son ouvrage El Orinoco ilustrado y defendido paru en 1741, la poudre s'obtient en broyant les cosses, puis en les mélangeant avec des coquilles - d'escargot notamment - jetées dans le feu afin d'être réduites à l'état de Chaux, le tout étant ensuite réduit en fine poudre[1].

Selon Alexander Humboldt, les cosses sont cassées et mises à macérer dans de l'eau où elles fermentent. Quand les graines sont attendries et noires, elles sont pilées en petites boulettes qui sont mélangées avec de la farine de manioc et la chaux des coquilles d'escargot. Le tout étant de nouveau réduit en fine poudre[1].

D'autres modes de préparation existent, où la poudre s'obtient à partir des graines grillées, pétries avec de la farine et du calcaire, transformées en galettes qui sont ensuite réduites en poudre[2].

La poudre se prise et, selon la tradition, il est même courant qu'elle soit insufflée par un tiers[2].

Dans certaines ethnies, les graines sont broyées puis fumées.

Historique[modifier | modifier le code]

La première publication en référence à une poudre préparée à partir de Anadenanthera peregrina date de 1511 dans la compilation consacrée au Nouveau Monde de Petrus Martyr où il la décrit comme « une herbe toxique si puissante que ceux qui en prennent en perdent conscience ».

L'utilisation du yopo est signalée dès le XVe siècle sous le nom de cohoba aux Antilles où elle est alors confondue avec du tabac à priser jusqu'au début du XXe siècle[2]. La première description de l'utilisation du yopo vient de l'explorateur allemand Alexander von Humboldt en 1801[2].

Il est probable que le yopo était déjà utilisé par des tribus d'Amérique du Sud entre 400 et 100 ans av. J.-C.

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

Les graines contiennent environ 1 % d'alcaloïdes à noyau chimique de type indole, du groupe des tryptamines dont la diméthyltryptamine (DMT), la bufoténine et la méthoxy-N,N-diméthyltryptamine[2].

À faibles doses, le yopo est psychostimulant et peut parfois être consommé quotidiennement. À doses plus fortes, c'est un hallucinogène considéré comme enthéogène[2].

Note[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Richard Evans Schultes, Un panorama des hallucinogènes du nouveau monde, Édition L'esprit frappeur,‎ 2000 (ISBN 2-84405-098-0)
  2. a, b, c, d, e et f Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse,‎ 2004 (ISBN 2-03-505431-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

[1] Usage de la drogue dans l'antiquité (en)