Yingluck Shinawatra

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Yingluck Shinawatra
ยิ่งลักษณ์ ชินวัตร
Yingluck Shinawatra, en juillet 2012.
Yingluck Shinawatra, en juillet 2012.
Fonctions
36e Premier ministre de Thaïlande
8 août 20117 mai 2014
(&&&&&&&&&&&010032 ans, 8 mois et 29 jours)
Monarque Rama IX
Prédécesseur Abhisit Vejjajiva
Successeur Niwatthamrong Boonsongpaisan (intérim)
Ministre de la Défense thaïlandaise
30 juin 20137 mai 2014
(&&&&&&&&&&&010032 ans, 8 mois et 29 jours)
Monarque Rama IX
Premier ministre Elle-même
Prédécesseur Sukampol Suwannathat
Successeur Vacant
Biographie
Date de naissance 21 juin 1967 (47 ans)
Lieu de naissance San Kamphaeng, Chiang Mai (Thaïlande)
Nationalité Thaïlandaise
Parti politique Pheu Thai
Conjoint Anusorn Amornchat
Diplômé de Université de Chiang Mai
Université d'État du Kentucky
Profession Femme d'affaires
Religion Bouddhisme theravāda
Résidence Baan Phitsanulok (Bangkok)(officielle)

Yingluck Shinawatra
Premiers ministres thaïlandais

Yingluck Shinawatra (en thaï, ยิ่งลักษณ์ ชินวัตร), née le 21 juin 1967, est une femme politique et femme d'affaires thaïlandaise.

Candidate de l'opposition à la fonction de Premier ministre lors des élections législatives de 2011[1],[2], son parti, le Pheu Thai, remporte la majorité absolue des voix ; Yingluck Shinawatra succède ainsi à son adversaire, le Premier ministre sortant Abhisit Vejjajiva, devenant la première femme chef du gouvernement dans ce pays. Elle se présente devant le Parlement le 1er août 2011[3], qui prend la décision de l'élire le 5 août. Elle est officiellement investie par le roi le 5 août[4]. À la suite du mouvement protestataire de 2013 en Thaïlande, elle est destituée le 7 mai 2014 par la Cour constitutionnelle de Thaïlande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Petite dernière d'une fratrie de neuf enfants, elle est née le 21 juin 1967 dans une riche famille d'origine chinoise originaire de la province de Chiang Mai, au nord-ouest du royaume[5],[6]. Son célèbre frère ainé, Thaksin Shinawatra a 19 ans de plus qu'elle. Diplômée de sciences politiques à l'université de Chiang Mai, titulaire d'un master d'administration publique à l'université d'État du Kentucky, aux États-Unis, elle suit des stages dans diverses entreprises de l'empire familial, puis est propulsée à la présidence de la branche téléphonie mobile du géant des télécommunications fondé par son frère, Shin Corp (avant la vente de cette dernière à des investisseurs, la Thailand's Securities and Exchange Commission avait mené une enquête mettant en cause Yingluck concernant un éventuel délit d'initié après que cette dernière eut vendu de ces actions pour faire du profit juste avant la vente de Shin Corp, la société de son frère Thaksin à Temasek Holdings)[7].

Yingluck est également membre du comité dirigeant de la société Thaicom Foundation[8]. Elle met au monde un fils, Supasek, et est l'épouse d'Anusorn Amornchat, directeur général de M Link Asia Corporation PCL, société de sa sœur, Yaowapa Wongsawat, épouse de l'ex-Premier ministre Somchai Wongsawat[9].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Égérie des élections législatives de 2011[modifier | modifier le code]

Yingluck Shinawatra à l'ambassade des États-Unis de Bangkok, en juillet 2011.

Après la dissolution du Phak Palang Prachachon (un parti politique qui avait des liens étroits avec l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra) par la Cour constitutionnelle de Thaïlande, en raison du comportement de ses dirigeants qui avaient violé la loi électorale, Thaksin Shinawatra décide de créer son propre parti afin de mener une activité politique dans le pays[10]. Depuis la création du parti, Yingluck a été parmi les premiers choix de Thaksin pour devenir le chef du parti. Toutefois elle refusa le poste en disant qu'elle ne voulait pas devenir première ministre et ne voulait se concentrer que sur son activité de femme d'affaires[11]. Elle déclare n'avoir eu qu'une faible activité politique, se résumant au fait que le parti lui avait envoyé une lettre ou il lui demandait de le rejoindre.

Fin 2010, de nombreux membres du parti Pheu Thai qui soutenaient Mingkwan Sangsuwan voyagent à l'étranger afin de rencontrer Thaksin Shinawatra en exil, afin de discuter avec ce dernier de sa décision de choisir Yingluck comme tête de liste aux législatives du 3 juillet 2011, ce qui implique qu'elle pourrait devenir première ministre. Ils pensaient que mettre en avant des personnalités directement liées à Thaksin serait difficile car un fort pourcentage de thaïlandais auraient des ressentiments à l'égard de Thaksin. Toutefois, Thaksin Shinawatra a maintenu sa décision car il croyait que quelqu'un de sa propre famille ne le trahirait jamais[réf. nécessaire].

Affiche électorale à l'effigie de Yingluck Shinawatra.

Le Pheu Thai vote le 16 mai 2011 pour Yingluck Shinawatra comme candidate du parti au poste de Premier ministre, ce qui la plaça ainsi officiellement en tête de liste pour les élections législatives du 3 juillet 2011 face au Parti démocrate du Premier ministre sortant Abhisit Vejjajiva. Même si le frère de Yingluck, Thaksin, n'est pas dans la liste des législatives, la nomination de Yingluck fait de ce dernier un personnage important dans la campagne politique. Après la nomination de sa sœur en tête de liste du Pheu Thai, Thaksin avait déclaré que si Yingluck devenait Première ministre, il pourrait de manière efficace conseiller le gouvernement thaïlandais même s'il purge actuellement une interdiction de faire de la politique pendant 5 ans pour « fraude électorale ». Thaksin a également vécu en exil auto-imposé depuis 2008 afin d'éviter une peine de prison après avoir été reconnu coupable d'abus de pouvoir. Après la confirmation de sa candidature au poste de Premier ministre face à Vejjajiva, elle annonce qu'un des thèmes les plus importants de son programme sera la réconciliation de tous les Thaïlandais et le retour à l'unité nationale. Le 15 mai 2011, le Parti démocrate invite Yingluck à un débat politique face au chef du Parti démocrate, Vejjajiva. Le Pheu Thai déclina l'invitation. Chalerm Ubumrung, l'un des cadres du parti Pheu Thai, déclara que le débat national n'était pas nécessaire pour la vie politique thaïlandaise puisqu'il n'est utilisé que lors des élections législatives. Conseillée par Mark Penn, conseiller stratégique de Hillary Clinton et de Tony Blair, Yingluck mène une campagne parfaitement millimétrée, orchestrée et organisée, enchaînant à un rythme effréné les meetings et les bains de foule. Le Pheu Thai mit également en avant la relation entre Thaksin Shinawatra et Yingluck Shinawatra : le slogan des affiches électorales disait : « Thaksin pense, le Pheu Thai agit. » Thaksin aida également grandement sa petite sœur en disant que cette dernière était son clone, qu'elle lui ressemblait en tout point. Yingluck elle-même n'hésite pas à déclarer : « Aimez-vous Thaksin Shinawatra ? Je suis sa petite sœur. Pouvez-vous donner autant d'amour à sa petite sœur ? ». Elle axe également sa campagne sur la réconciliation en Thaïlande (elle avait même déclaré au sujet du général Prayut : « Il aime le pays autant que moi. »)[réf. nécessaire], la réduction des inégalités qui ne cessent de se creuser entre les riches qui vivent généralement à Bangkok et les plus défavorisés qui vivent notamment dans les campagnes et la relance de l'économie après 5 années de stagnation suite au coup d'état de 2006 qui avait vu Thaksin Shinawatra renversé par l'armée alors qu'il était à New York. Il s'agit également, comme son grand frère voulait le faire lorsqu'il était au pouvoir, de distribuer des aides sociales aux défavorisés[réf. nécessaire].

Tous les sondages à la veille des élections donnent le Pheu Thai, le parti de Yingluck, comme vainqueur des élections législatives, loin devant le Parti démocrate, avec des résultats conséquents, y compris à Bangkok. D'après les sondages, le Pheu Thai devait remporter 310 sièges sur les 500 sièges du parlement thaïlandais[12]. Seulement 5 heures après la fin du scrutin, le premier ministre Vejjajiva avait officiellement reconnu sa défaite en déclarant : « Il est maintenant clair que d'après les premiers résultats, le Pheu Thai a de loin remporté les élections, et le Parti démocrate reconnait sa défaite. Je tiens à féliciter le Parti Pheu Thai qui a le droit de former un gouvernement. » Yingluck Shinawatra est devenue ainsi la première femme Première ministre de Thaïlande. Son frère, Thaksin lui a téléphoné depuis Dubaï pour la féliciter. Les militaires via le ministre de la Défense, Prawit Wongsuwon ont reconnu les résultats du scrutin : « J'ai discuté avec les dirigeants militaires. Nous laisserons les hommes politiques travailler, l'Armée ne s'en mêlera pas[réf. nécessaire]. »

Transition[modifier | modifier le code]

À peine arrivée au pouvoir, Yingluck Shinawatra décide de « rationaliser » l'article 112, qui est l'article sur la condamnation pour lèse majesté. Cette loi a été mise en application par le gouvernement démocrate d'Abhisit Vejjajiva et consiste à punir toute critique ou insulte à l'encontre de la famille royale. Cependant, dans les faits cette loi a vite été l'instrument qui a permis de punir les opposants au gouvernement et à l'armée ou plus loin encore, les soutiens à Thaksin Shinawatra. Yingluck a déclaré durant une conférence de presse qu'elle n'allait pas changer l'article 112 mais a cependant déclaré qu'elle veillera à ce que cette loi ne soit pas utilisée injustement et abusivement comme ça aurait pu l'être jusqu'à l'arrivée au pouvoir de son parti. Elle pourrait avoir refusé de modifier ou de remettre en cause cette loi pour éviter que des divisions au sein de la société thaïlandaise ne refassent surface ou encore pour éviter de s'attirer les foudres de l'armée. Cependant, le Parti démocrate sortant qui avait pourtant appelé tout comme le parti d'Yingluck Shinawatra à la réconciliation, lance le 8 juillet une procédure juridique visant à tenter de dissoudre le Pheu Thai. Le Parti démocrate a en effet déposé une plainte devant la Commission électorale arguant que des cadres frappés par l'interdiction d'activité politique (comme Thaksin par exemple) pendant 5 ans n'ont pas respecté l'interdiction et se sont impliqués dans la campagne, notamment dans la rédaction de programmes et l'organisation de vidéo-conférences et de coups de téléphones, adressés depuis Dubaï par Thaksin à ses partisans[réf. nécessaire]. Wiratana Kalayasiri, chef de l'équipe de juristes du parti du Premier ministre sortant, Abhisit Vejjajiva, a annoncé avoir déposé la plainte contre le Pheu Thai pour que la Commission électorale recommande la dissolution du Pheu Thai à la Cour constitutionnelle. Aussitôt, le porte parole du Pheu Thai, Pormpong Nopparit a déclaré : « Wiratana a la gueule de bois depuis les élections et il ne respecte pas la décision du peuple »[réf. nécessaire]. Le procédure devrait cependant prendre des mois et n’empêcherait pas Yingluck de gouverner le pays.

Yingluck Shinawatra a également démenti les rumeurs selon lesquelles son frère Thaksin obtiendrait un poste dans son gouvernement. En effet la presse thaïlandaise évoquait la nomination de Thaksin comme attaché commercial du gouvernement, un poste de promotion des exportations qui lui permettrait de voyager librement à travers le monde avant même de rendre possible son retour à Bangkok. Cinq jours après la victoire du Pheu Thai aux élections législatives, Elisabetta Polenghi, sœur de Fabio Polenghi, un photographe italien tué à Bangkok au printemps 2010 (lors des manifestations des Chemises rouges, réprimée par l'armée) a demandé à Yingluck Shinawatra de rouvrir les enquêtes concernant le violent épisode des manifestations des Chemises rouges et de la répression qui s'en est suivie par l'armée : « C'est mon espoir le plus sincère que les enquêtes sur les morts de 2010 soit rouverte et revues, et que tant de sacrifices n'aient pas été inutiles ». Cet épisode avait provoqué 90 morts et 1 900 blessés. Et tout comme la majorité des familles des victimes, aucune information n'a été délivrée. Yingluck avait évoqué en campagne une grande amnistie politique, qui favoriserait selon elle la réconciliation et permettrait à son frère de rentrer. Mais des représentants des Chemises rouges s'y opposent, exigeant vérité soit faite sur les violences.

Première ministre[modifier | modifier le code]

Yingluck Shinawatra rencontrant Barack Obama lors du sommet de l'ASEAN, le 18 novembre 2011.

96 des 500 membres du parlement votent en faveur à Yingluck Shinawatra, trois désapprouvent, et 197 s'abstiennent[13],[14]. Le lundi 8 août 2011, le roi Rama IX approuve officiellement Yingluck et reconnait sa victoire[réf. nécessaire]. Le mercredi 10 août 2011, Yingluck Shinawatra et son gouvernement prêtent serment devant le roi, à Bangkok[15]. Elle s'est engagée à régler les dissensions au sein du pays, à mener des réformes économiques et à réduire les écarts de revenus entre les zones rurales du Nord et les centres urbains. Elle devient ainsi la 36e Première ministre de Thaïlande et la première femme à accéder à ce poste.

Politique intérieure et gestion[modifier | modifier le code]

Le mardi 23 août, soit deux semaines après son entrée en fonction, elle présente dans un discours devant l'Assemblée nationale thaïlandaise ses priorités en matière de politique générale. Lors de son discours elle s'engage à relancer l'économie, réconcilier le peuple thaïlandais (divisé au sujet de l'ex-Premier ministre et frère d'Yingluck, Thaksin), lutter contre la drogue et la traite des êtres humains. Elle s'était également engagée à adopter les réformes qu'elle avait mis en avant durant la campagne électorale (par exemple un salaire minimum à 7 euros par jour et un salaire mensuel garanti 375 euros pour tous les titulaires d'un diplôme universitaire).

Le nouveau ministre de la Défense, Yuthasak Sasiprapha a décidé de garder le général Prayut Chanocha à la tête de l'armée, ce dernier étant pourtant réputé pour son royalisme (il appartient aux « Chemises jaunes ») et son scepticisme à l'égard du Pheu Thai. Yingluck Shinawatra a ainsi voulu maintenir de bonnes relations avec l'armée. Cependant l'opposition, menée par l'ex-Premier ministre Abhisit Vejjajiva n'a pas hésité à la mettre en garde si jamais elle profitait de son poste pour faire revenir son frère en exil. Le Parti démocrate dépose également une plainte contre le ministre des affaires étrangères Surapong Tovichakchaikul, l'accusant d'avoir illégalement aidé l'ancien premier ministre Thaksin à obtenir un visa pour se rendre au Japon. En effet, Tokyo avait accepté d'accorder un visa spécial à Thaksin, lui permettant de se rendre au Japon. Le Parti démocrate a également déclaré par le biais de Wirat Kalayasiri, responsable de l'équipe juridique du Parti, qu'il allait tenter d'obtenir le soutien de 125 députés pour déposer une pétition réclamant la démission du ministre.

Le mercredi 21 septembre, Thaksin Shinawatra, le frère d'Yingluck participe à une visioconférence avec les ministres thaïlandais organisée au siège du parti au pouvoir, le Pheu Thai. Cette visioconférence provoque la colère de l'opposition : « On voit maintenant clairement qui est le véritable Premier ministre », a raillé le président du groupe parlementaire de l'opposition, Jurin Laksanawisit, en traitant Yingluck de « marionnette ». « La Première ministre devrait comprendre que c'est au chef du gouvernement de diriger le pays, pas au chef de famille ». Le 26 septembre, le ministre des Affaires étrangères, Surapong Tovichakchaikul, annonce que le gouvernement a l'intention de rendre son passeport à Thaksin Shinwatra, ajoutant que celui-ci a été condamné pour des raisons politiques. Il déclare également que Thaksin ne tire pas les ficelles du nouveau gouvernement, mais qu'il se contente de donner des conseils utiles sur la façon de réaliser les promesses qui ont mené le Pheu Thai à la victoire.

Politique économique[modifier | modifier le code]

Yingluck Shinawatra au Forum économique mondial, en janvier 2012.

Peu de temps après son entrée en fonction, Yingluck confirme l'achat de la récolte de riz par le gouvernement des producteurs thaïlandais à un prix nettement supérieur à celui du cours du moment[16]. Plus précisément à partir du 7 octobre, le riz paddy blanc sera payé 15 000 bahts (360 euros) par le gouvernement alors qu'il valait environ 9 000 bahts (216 euros) sur le marché. Cette mesure vise à soutenir les producteurs de riz mais pourrait avoir pour conséquence d'augmentation du prix de vente du riz thaïlandais, qui risquerait alors de perdre sa compétitivité sur le marché mondial. La Thaïlande est le premier producteur de riz de la planète[réf. souhaitée] et pourrait perdre sa place à cause de cette mesure. Pour les spécialistes, le gouvernement thaïlandais devrait plutôt se concentrer sur les secteurs en difficulté qui manquent de fond plutôt que de dépenser des milliards d'euros pour soutenir un secteur ou la Thaïlande est le leader mondial[réf. nécessaire].

Le 15 septembre, le gouvernement adopte un plan d'aide à l'achat d'une première voiture consistant en un remboursement de taxes à hauteur de 100 000 bahts (environ 2 400 euros). Une somme assez conséquente en Thaïlande ou le salaire moyen tourne souvent aux alentours de 10 000 à 12 000 bahts par mois. Par ailleurs, cette aide profitera à tout le monde sans distinction de revenu, mais uniquement pour les primo-acquéreurs qui devront conserver leur véhicule pendant au moins cinq ans sans le revendre. Le versement de la prime est prévue au bout de 12 mois de possession du véhicule. Contrairement au plan initial, qui ne concernait que les voitures écologiques et les utilitaires, le plan retenu concerne les voitures de tourisme avec un moteur de moins de 1 500 cm3 et les utilitaires. Par ailleurs, les remboursements ne seront accordés qu’aux véhicules dont la valeur d’achat est inférieure à 1 million de bahts. Enfin, seuls les véhicules assemblés localement seront éligibles à l’aide. Le plan commencera le 16 septembre 2011 et prendra fin le 31 décembre 2012. Le gouvernement espère générer la vente de 500 000 voitures supplémentaires grâce à ce plan, dont le coût est quant à lui estimé à 150 millions de bahts[réf. nécessaire].

L'opposition critique ce plan d'aide en disant par le biais de Korn Chatikavanij, chef adjoint du parti démocrate et ancien ministre des finances : « Qui en bénéficie ? L’argent dépensé dans ce programme suffirait à construire une nouvelle route de transit. Est-il vraiment nécessaire d’utiliser l’argent du contribuable pour aider une industrie automobile qui est déjà florissante? »[réf. nécessaire] Une semaine plus tard, Yingluck Shinawatra annonce la mise en place d'une déduction fiscale pour aider l'achat d'un premier bien immobilier. Ce plan estimé à 56 millions de dollars débutera le 22 septembre 2011 pour prendre fin le 31 décembre 2012. Ce plan, qui ne vise que les biens dont la valeur est inférieure à 5 millions de bahts (122 000 €), consiste en une possibilité de déduction fiscale pouvant aller jusqu’à 10 % du prix du bien et s’étalant sur cinq années. Autrement dit, l’acheteur d’une maison de 5 millions de bahts pourra bénéficier d’une déduction de 500 000 bahts sur cinq ans, soit 100 000 bahts (2 400 euros) par an. Les contribuables thaïlandais les plus aisés seront les principaux bénéficiaires de cette mesure qui est loin de faire l’unanimité, d’autant plus qu’elle ne s’applique pas aux acquéreurs de logement ancien. En effet 95 % des Thaïlandais ne payent pas d’impôts et seulement 2,3 millions de personnes (sur une population active estimée à 36 millions) à l’échelle nationale payent l’impôt sur ​​le revenu[réf. nécessaire].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

À peine élue, l'État voisin du Cambodge avec qui la Thaïlande a un conflit frontalier contacte le nouveau ministre des Affaires étrangères thaïlandais Surapong Tovichakchaikul et l'invite à rencontrer son homologue cambodgien afin d'apaiser les tensions entre les deux pays. En effet, depuis que le temple de Preah Vihear a été reconnu patrimoine culturel du monde en juillet 2008, les soldats cambodgiens et thaïlandais ont procédé à plusieurs échanges de tirs dans cette zone litigieuse. Ce conflit a coûté la vie à des dizaines de soldats et civils des deux pays et des dizaines de milliers d'habitants ont dû être évacués. Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck, était par ailleurs un ami du Premier ministre cambodgien Hun Sen. Avec le retour d'un membre de la famille Shinawatra au pouvoir, les négociations entre les deux États peuvent ainsi reprendre. En outre, le 23 septembre, les deux pays se mettent d'accord pour retirer leurs troupes de la zone litigieuse conformément à la décision de la Cour internationale de justice. Les deux pays reprennent également les négociations, suspendues depuis 2001, concernant un projet d'exploitation de pétrole et de gaz dans une zone maritime située dans le golfe de Thaïlande qui fait l'objet de revendications concurrentes de la part des deux pays.

Le 16 septembre 2011, Yingluck Shinawatra effectue une visite officielle au Laos en vue de resserrer les relations d'amitié et de coopération entre les deux pays. Elle rencontre le président laotien Choummaly Sayasone, la présidente de l'Assemblée nationale, Pany Yathotou et le Premier ministre Thongsing Thammavong. Les deux parties discutent des questions relatives à la coopération entre elles, notamment dans la communication, l'énergie, le commerce, l'investissement et l'emploi. Yingluck Shinawatra s'engage à renforcer les relations avec le Laos en matière de commerce, d'investissement et de tourisme. Les deux parties conviennent de la poursuite de leur étroite collaboration afin de faire entrer les relations bilatérales dans une nouvelle étape, et de régler les problèmes en suspens, notamment le bornage de la frontière commune.

Du 13 au 15 mai 2012, le Bahreïn est la première destination officielle de Yingluck Shinawatra au Moyen-Orient. L'occasion pour elle de célébrer le 35e anniversaire des relations diplomatiques qui unissent son pays et cette influente monarchie du Golfe persique. Elle est reçue en audience par le roi Hamed ben Issa al-Khalifa et le Cheikh Salman bin Hamad bin Isa al-Khalifa avant d'assister à une réunion avec le prince Salman bin Khalifa al-Khalifa pour s’entretenir et signer un protocole d’accord concernant le tourisme. L’occasion également pour Yingluck de remercier le Bahreïn pour son soutien à la Thaïlande au sujet des violences dans le sud du pays où terroristes islamiques et forces armées thaïlandaises se battent sans relâche depuis plusieurs années. Elle se rend ensuite au Qatar ou elle rencontre en audience l’émir Hamad bin Khalifa al-Thani avant de participer à une réunion avec le Premier ministre Cheikh Hamad bin Jassem al-Thani. Sa visite au Qatar est également pour elle l'occasion de donner une interview à la chaine de télévision Al Jazeera. Au cours de ce premier voyage au Moyen-Orient, Yingluck Shinawatra est accompagnée par une cinquantaine d’hommes d’affaires représentant 40 entreprises et 15 associations thaïlandaises opérant dans divers domaines, particulièrement le tourisme, les services médicaux et le commerce.

Contestations de 2013[modifier | modifier le code]

En novembre 2013, accusée d'être la marionnette politique de son frère, toujours en exil, elle est la cible de manifestations de l'opposition (urbaine et royaliste, alors que Yingluck est soutenue par les paysans ruraux) qui demandent sa démission, alors qu'est envisagé un projet d'amnistie pouvant faciliter le retour de Thaksin en Thaïlande[17]. Même si des milliers de manifestants réussissent à envahir le siège du gouvernement, cette action n'est pas considérée comme une victoire politique, alors qu'une trêve a lieu pour célébrer les 86 ans du roi Bhumitbol et que l'armée refuse de prendre position[18]. Elle décide finalement de dissoudre le Parlement et d'organiser des élections législatives anticipées, qui se tiennent le 2 février 2014[19].

Affaire de corruption[modifier | modifier le code]

Après son témoignage recueilli le 6 mai 2014 devant la Cour Constitutionnelle[20] dans une affaire de corruption et d'abus de pouvoir l'accusant, le verdict est rendu le 7 mai : la cour prononce sa destitution[21]. Le ministre du Commerce, également vice-Premier ministre, Niwattumrong Boonsongpaisan, a été nommé Premier ministre par intérim.

Quelques jours plus tard, un coup d'État militaire a lieu. Yingluck Shinawatra est alors placée en détention avec sa sœur et son beau-frère[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Daniel Ten Kate, « Sister of Fugitive Ex-Premier Thaksin Chosen as Leader of Opposition Party », Bloomberg L.P., Bangkok,‎ 16 mai 2011 (lire en ligne).
  2. (en) James Hookway, « New Thai Candidacy », The Wall Street Journal, Bangkok,‎ 17 mai 2011 (lire en ligne).
  3. (fr) « La nouvelle premier ministre thaïlandaise prend ses fonctions », sur Vietnamplus.vn (consulté en 9 août 2011).
  4. (en) Bhumibol Adulyadej, Proclamation on Appointment of the Prime Minister dated August 5, 2011, sur Wikisource.
  5. (en) « Pheu Thai picks Yingluck for PM » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 16 juin 2011, sur Bangkok Post. Consulté le 7 mai 2014.
  6. (en) Seth Mydans, « Candidate in Thailand Follows Path of Kin », sur New York Times,‎ 12 juin 2011 (consulté le 7 mai 2014).
  7. « เส้นทางชีวิตผู้หญิงแกร่ง ยิ่งลักษณ์ ชินวัตร »,‎ 4 juin 2011 (consulté le 7 mai 2014).
  8. (en) « Photo Release: Manulife Thailand is honored to receive the prestigious Prime Minister's Insurance Award for the third consecutive year »,‎ 8 septembre 2011 (consulté le 7 mai 2014).
  9. (en) « Profile Yingluck Shinawatra, Thailand's 1st female prime minister », sur CBC,‎ 4 juin 2011 (consulté le 7 mai 2014).
  10. (en) « Thai premier banned from politics, ruling party dissolved: court » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 1er décembre 2008. Consulté le 7 mai 2014.
  11. « ก๊ก"มิ่งขวัญ"ขวาง"ยิ่งลักษณ์"นั่งหัวหน้า พท. อ้าง"ผู้จัดการอำนาจ"ไม่ปลื้มนามสกุล"ชินวัตร" », Matichon Online, Bangkok,‎ 6 janvier 2011.
  12. (en) « Yingluck Shinawatra opposition leads Thai exit polls », sur BBC News,‎ 3 juillet 2011 (consulté le 5 juillet 2011).
  13. (en) « Yingluck elected prime minister » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 5 août 2011, sur Bangkok Post. Consulté le 2 août 2011.
  14. (en) « 296 favoured Yingluck's premiership, 197 abstained. », sur Nation Channel,‎ 5 août 2011 (consulté le 8 mai 2012).
  15. (en) « New cabinet set up. », sur Thairath,‎ 9 août 2011 (consulté en 9 août 2011).
  16. (en) « Thai PM Yingluck probed over 'corrupt rice subsidy scheme' », sur BBC,‎ 16 janvier 2014 (consulté le 7 mai 2014).
  17. (fr) Sébastien Falletti, « La Thaïlande s'enferme dans l'épreuve de force politique », in Le Figaro, samedi 30 novembre / dimanche 1er décembre 2013, page 9.
  18. (fr) Sébastien Falletti, « La Thaïlande dans l'impasse politique », in Le Figaro, mercredi 4 décembre 2013, page 9.
  19. (fr) « Du sang et des larmes à Bangkok », in Le Figaro Magazine, semaine du 13 décembre 2013, page 26.
  20. (fr) « La première ministre thaïlandaise devant la justice », sur Le Monde asie-pacifique,‎ 7 mai 2014 (consulté le 7 mai 2014).
  21. (fr) « Yingluck Shinawatra destituée pour abus de pouvoir », sur Libération,‎ 7 mai 2014 (consulté le 7 mai 2014).
  22. « Thaïlande : la junte détient l'ex-première ministre », Le Figaro, samedi 24 / dimanche 25 mai 2014, page 10.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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