Thaksin Shinawatra

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Thaksin Shinawatra
ทักษิณ ชินวัตร
Image illustrative de l'article Thaksin Shinawatra
Fonctions
Conseiller économique spécial
auprès du Cambodge
4 novembre 200923 août 2010
(10 mois et 19  jours)
Monarque Norodom Sihamoni
Premier ministre Hun Sen
31e Premier ministre thaïlandais
9 février 200119 septembre 2006
(5  an s, 7 mois et 10  jours)
Monarque Rama IX
Prédécesseur Chuan Leekpai
Successeur Surayud Chulanont
Biographie
Date de naissance 26 juillet 1949 (65 ans)
Lieu de naissance San Kamphaeng, Chiang Mai, Thaïlande
Nationalité Thaïlandais
Parti politique Thai rak Thai
Conjoint Potjaman Na Pombejra
Profession Homme d'affaires, entrepreneur
Religion Bouddhisme

Signature

Thaksin Shinawatra
Premiers ministres thaïlandais
Thaksin Shinawatra, le 15 septembre 2005.

Thaksin Shinawatra est un homme d'affaires et homme politique thaïlandais né le 26 juillet 1949 à Chiang Mai.

Il a été nommé Premier ministre par le roi Rama IX le 9 février 2001 pour cinq ans. Après les élections du 6 février 2005, il a été reconduit pour un second mandat. Suite à la contestation qui a agité le pays en mars 2006 et des élections anticipées boycottées par l'opposition, il démissionne le 5 avril. Il est remplacé provisoirement par son vice-Premier ministre Chitchai Wannasathit. Il est finalement renversé par un coup d'État, le 19 septembre 2006 alors qu'il se trouve à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies.

Il disposerait également de la nationalité monténégrine[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Thaksin Shinawatra, ancien lieutenant-colonel de police, docteur en criminologie, diplômé de l'Université du Kentucky (États-Unis) est issu d'une famille aisée sino-thaï de la province de Chiang Mai. En 1987, il crée le Shinawatra Computer and Communication Group. Il obtient par ses anciens collègues un contrat pour équiper toute la police thaï en ordinateurs[2]. Puis, profitant de l'essor spectaculaire de la téléphonie mobile, des liaisons satellite et du boom boursier, il fait rapidement fortune et est devenu aujourd'hui, avec sa famille, la première fortune du pays.

Il entame une carrière politique et gravit rapidement les échelons, député du parti Palang Dharma, puis ministre des Affaires étrangères en 1994. Il devient vice-Premier ministre en 1997. Mais son parti explose suite à la crise de 1997. En 1998, il crée un nouveau parti le Thai Rak Thai (ไทยรักไทย, « les Thaï aiment les Thaï ») afin d'appuyer son ambition de devenir Premier ministre. Il finance le parti avec sa fortune personnelle, utilise des techniques électorales modernes, cible les paysans pauvres[2] et remporte les élections législatives du 6 janvier 2001. Le roi le nomme effectivement Premier ministre.

Thaksin Premier ministre[modifier | modifier le code]

Thaksin (les Thaïlandais utilisent le prénom de préférence au nom de famille) est relativement jeune, dynamique et sait séduire la population. Son programme est assez populiste en façade[réf. nécessaire], mais les milieux d'affaires ne sont pas oubliés. Comme toujours, les problèmes de corruption et de détournement de l'argent public sont d'actualité en Thaïlande, mais Thaksin arrive à se dépêtrer de diverses accusations. Sa famille prend le contrôle financier de la seule chaîne de télévision indépendante et 21 journalistes sont renvoyés après avoir critiqué le contrôle de la famille sur la ligne éditoriale[2].

Il montre une volonté d'action radicale et même ses adversaires doivent reconnaître ses succès, bien que ceux-ci soient parfois obtenus avec des méthodes qui lui vaudront le surnom de Thaksinator. Il s'attaque au problème de la drogue, promettant de le régler en six mois, son action se solde par plus de deux mille morts dans des opérations de police litigieuses et des critiques contre les exactions d'escadrons de la mort[2]. La crise du poulet est traitée dans une transparence toute militaire[3]. Dans le sud du pays, il traite le problème des revendications des populations musulmanes d'une main de fer ce qui entraîne une insurrection et plus de 2 000 morts[2]. Mais le bilan économique de son mandat paraît positif et sur le terrain social son gouvernement a travaillé à un système de salaire minimal et de sécurité sociale qui lui ont valu une popularité à travers le pays. Cependant, l'échec inattendu du candidat qu'il soutenait pour le poste de gouverneur de Bangkok en septembre 2004 a démontré que les critiques de l'opposition commençaient à être entendues.

Des élections législatives se déroulent le 6 février 2005 afin de renouveler la Chambre des représentants. La popularité de Thaksin avait légèrement baissé fin 2004 et ces élections pouvaient sembler indécises. Mais, d'une façon imprévisible, le tsunami du 26 décembre qui a durement frappé la région de Phuket a été l'occasion pour le Premier ministre de raffermir ses positions. Il a très bien géré la crise, en étant très présent sur le terrain et en montrant l'image d'un gouvernement efficace et actif. Les résultats obtenus par le parti de Thaksin ont dépassé ses espérances et en gagnant 399 sièges sur les 500 de la Chambre, il peut se permettre de gouverner sans coalition. Le Parti Démocrate ne recueille que 80 sièges.

Déclin politique[modifier | modifier le code]

En janvier 2006, la famille Shinawatra vend Shin Corp, la maison-mère, pour plus d'un milliard de livres sterling. Les comptes, alors rendus publics, montrent que la valeur de l'entreprise a quadruplé depuis que Thaksin est au pouvoir et que l'entreprise n'a jamais payé d'impôts[2]. À partir de février 2006, la situation se dégrade pour Thaksin. Accusé une nouvelle fois d'avoir profité de sa position pour favoriser des opérations financières bénéficiant à ses proches alors que la Constitution du pays impose formellement que les dirigeants politiques abandonnent toutes fonctions dans le domaine privé, il se retrouve mis en cause et fragilisé. Il pense cependant redresser la situation en décrétant des élections législatives anticipées le 2 avril 2006.

Les partis d'opposition thaïlandais annoncent alors leur intention de boycotter ces élections nationales du 2 avril pour protester contre le rejet de leurs propositions de réforme politique par le Premier ministre. Thaksin entame des négociations avec eux, mais refuse leurs propositions. Le boycott est donc décrété par le Parti démocrate, le Chart Thai (CTP) et Mahachon. Le bras de fer a accentué la crise déclenchée par un mouvement d'opinion croissant (dizaines de milliers de manifestants à Bangkok) en faveur d'une démission de Thaksin, soupçonné de corruption et d'abus de pouvoir. Il est finalement renversé par un coup d'État militaire, mené par le général Sonthi Boonyaratglin, le 19 septembre 2006 alors qu'il se trouve à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies. Le 21 septembre, il se rend au Royaume-Uni en visite privée. Suite à ces événements, l'ex-premier ministre reste en exil à Londres, où il possède une résidence.

Mandat d'arrêt lancé contre Thaksin Shinawatra en août 2008

En octobre 2008, Thaksin est reconnu coupable de conflit d’intérêts dans le cadre d’une transaction immobilière liée à son épouse et condamné par contumace à deux ans d'emprisonnement par la Cour suprême criminelle des délits politiques alors qu'il est en fuite à Hong Kong. Les autorités thaïlandaises essayent d'obtenir son extradition[4].

Début avril 2009, des manifestations monstres, menées par les Chemises rouges, demandant le retour de Thaksin au pouvoir se sont déroulées à Bangkok. La répression violente du Gouvernement d'Abhisit Vejjajiva a fait trois morts et 113 blessés Depuis son exil, Shinawatra aurait promis que si les autorités s'en prenaient aux manifestants, il reviendrait.[réf. nécessaire]

Il a ensuite vécu à Dubaï[5] avant de s'installer dans un pays voisin de la Thaïlande, le Cambodge, où il est arrivé le 10 novembre 2009, à l'invitation du Premier ministre Hun Sen. Thaksin Shinawatra a été nommé conseiller économique du gouvernement cambodgien[5]. La Thaïlande a aussitôt réclamé l'extradition de Thaksin Shinawatra, refusée par le Cambodge. Les relations, déjà tendues, entre les deux pays, se sont donc un peu plus dégradées[6].

Le 26 février 2010, la cour suprême rend son jugement sur les avoirs de Thaksin gelés dans les banques locales depuis 2007, soit environ 1,7 milliard d'euros. Considérant qu'il avait illégalement conservé des parts dans le conglomérat de communication Shin Corp alors qu'il dirigeait le pays mais qu'une partie de cette somme était en sa possession avant ses mandats, elle ordonne la confiscation d'un milliard d'euros[7]. Les Chemises rouges du Front national uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD), qui comptent nombre de ses partisans, ont organisé une grande manifestation à partir du 14 mars à Bangkok pour obliger le gouvernement à organiser des élections anticipées.

Cette manifestation aboutit à une occupation pacifique d'une partie du centre financier de Bangkok (Siam Square, Trade Center). Ces campements sont plus tard contraints de devenir camp retranché des chemises rouges, lorsque le gouvernement décide d'en finir. Les forces armées donnent l'assaut final le 19 mai, les manifestants finissent par se rendre mais la répression a été sanglante et a fait au moins 16 morts. Le gouvernement ne cède sur aucune des revendications, pas d'élections anticipées[8]. Un coup d'arrêt aux partisans de Thaksin est donné, mais la mobilisation reste active en province, moins médiatisée, tandis que la Cour criminelle de Bangkok a émis le 25 mai 2010, un mandat d’arrêt international pour «terrorisme» contre Thaksin Shinawatra[9].

En 2011, il pousse sa sœur, Yingluck Shinawatra, à briguer le poste de Premier ministre. Après les élections législatives du 3 juillet 2011 où son parti, le Pheu Thai, obtient 265 sièges sur les 500 de l'assemblée, elle accède à ce poste. La large victoire des pro Thaksin aux élections pose désormais le délicat problème de l'amnistie de l'ex-Premier ministre[10]. En 2014, après une crise politique, Yingluck Shinawatra est destituée de son poste par la Cour suprême et l'armée provoque un coup d'État.

Football[modifier | modifier le code]

En juillet 2007, Shinawatra achète, via sa société UK Sports Investments, le club anglais de football de Manchester City Football Club pour une somme évaluée à 122 millions d'euros[11],[12]. Shinawatra avait déjà essayé d'acheter le club de Liverpool en 2004[13]. Les associations de défense des droits de l'homme Amnesty International et Human Rights Watch ont critiqué la vente de parts de City à Shinawatra, le décrivant comme « une personne violant les droits de l'homme de la pire espèce. »[14] Dès son arrivée, Shinawatra convainc Sven-Göran Eriksson, ancien entraîneur de la sélection anglaise, de venir entraîner MCFC[15]. La prise de contrôle du club est acceptée par Shinawatra et la premier League le considère comme une personne adéquate et intègre pour diriger un club[16].

En septembre 2008, Shinawatra revend son club au Abu Dhabi United Group.

Lien(s) internes(s)[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://www.dhnet.be/infos/monde/article/304293/thaksin-shinawatra-est-montenegrin.html
  2. a, b, c, d, e et f (en) A fit and proper Premiership?, BBC News, 31 juillet 2007.
  3. « Le 23 janvier 2004, après avoir nié qu’il tentait d’étouffer l’affaire, et sous la pression des organisations de la société civile et des partis d’opposition, le gouvernement a admis l’existence de l’épidémie. De nombreuses sources confirment cependant que l’industrie et les autorités savaient que la grippe faisait rage depuis plusieurs mois. » En Thaïlande, les sacrifiés de la grippe aviaire sur le site Europe-Solidaire.org
  4. (en) Le journal Pattaya-News du 26-02-2009
  5. a et b A. C. et N. S., « Thaksin est arrivé au Cambodge », sur Cambodge soir hebdo,‎ 10 novembre 2009
  6. http://www.cambodgesoir.info/index.php?option=com_content&view=article&id=36261:thaksin--les-details-de-la-demande-dextradition&catid=15:politique&Itemid=32
  7. Article dans Libération le 27-02-10
  8. Tout revient à la normale en Thaïlande sur Le Figaro.fr 23 mai 2010
  9. Les partisans de Thaksin attendent leur heure sur RFI.fr le 26 mai 2010
  10. La menace Thaksin sur thailande-fr.com le 29 août 2011
  11. (en) Dr Shinawatra honoured to become City chairman, MCFC, 6 juillet 2007.
  12. Thaksin Shinawatra s'offre le club de football de Manchester City, La Tribune, 21 juin 2007.
  13. (en) Ex-Thai PM steps up Man City bid, BBC News, 1er mai 2007
  14. (en) A fit and proper Premiership?, BBC News, 1er août 2007.
  15. (en) Chairman aims to move forward, MCFC, 9 juillet 2007.
  16. (en) A fit and proper Premiership?, BBC News, 1er août 2007.