Warren Hastings

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hastings.
Gravure représentant Warren Hastings d'après un tableau de Joshua Reynolds

Warren Hastings PC (Churchill, Oxfordshire, 6 décembre 1732 - 22 août 1818), homme politique britannique, est le premier gouverneur général de l'Inde britannique, nommé après Robert Clive, un mandat qu'il occupe de 1774 à 1785.

Sa relation privilégiée avec Philadelphia Hancock, sœur de George Austen, explique les liens étroits qu'il entretient avec la famille de la romancière Jane Austen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières armes en Inde[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à la Westminster School avant de rejoindre la Compagnie anglaise des Indes orientales en 1750 comme commis. En 1757, il devient résident britannique - c'est-à-dire responsable administratif - de Murshîdâbâd au Bengale. Il est nommé au conseil de Calcutta en 1761 puis retourne en Grande-Bretagne en 1764. Il revient en Inde en 1769 comme membre du conseil de Madras, et aussitôt met en chantier une réforme judiciaire et financière, une codification des lois locales [réf. nécessaire], et un lutte contre les dacoïts qui pose les bases de l'Inde britannique. Il est nommé gouverneur du Bengale en 1772, et prescrit alors aux juges britanniques de statuer selon « la justice, l'équité et sa conscience ».

Gouverneur général des Indes[modifier | modifier le code]

En 1773, il devient le premier gouverneur Général des Indes. Tandis que Clive a entretenu la fiction commode d'un Bengale indépendant dirigé par son Nawab et vassal seulement du gouvernement moghol de Delhi, Hastings ne cache plus la mainmise de la CAIO sur la région. Le Nawab est dépouillé de ses prérogatives restantes et le tribut annuel payé à l'empereur moghol est supprimé. Hastings aide le royaume d'Awadh contre les raids des Rohillas, chefs de clan de d'origine afghane, et prend des mesures pour contenir la menace marathe, sans toutefois empêcher la prise des villes d'Âgrâ, de Mathura, et même de Delhi, la capitale moghole. Hastings conclut cependant plusieurs traités avec des dirigeants indiens et cherche à former des alliances contre les forces de Haidar Alî dans le Sud de l'Inde. Cependant, ses interventions, et notamment des envois de troupes, pour aider les présides de Bombay, dans son conflit avec les Marathes, et de Madras, dans sa guerre contre Haidar Alî, sont considérées comme des ingérences dans les gouvernements provinciaux.

Dans le même temps, il est dirigeant de la East India Company, et obtient de Londres le monopole sur le commerce de l'opium à Calcutta[1],[N 1].

Accusation de corruption et procès[modifier | modifier le code]

Afin de mener ces guerres, Hastings « emprunte » de fortes sommes au Bégums d'Oudh et au râja Chait Singh de Bénarès. Ces façons de faire ainsi que d'autres choix discutables en manière de politique indienne formeront la base de la procédure d'impeachment lancée par le Parlement à son encontre après sa démission en 1784 et son retour en Grande-Bretagne. L'accusation de corruption soutenue par Edmund Burke et Sir Philip Francis - qu'il avait blessé en duel en Inde - entraîne un procès qui dure de 1788 à 1795 à l'issue duquel il est reconnu innocent grâce à son avocat Edward Law, malgré les attaques de Burke, Francis, Richard B. Sheridan et Charles James Fox, mais qui le laisse ruiné.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Warren Hastings épouse Mary Buchanan, après la mort du premier mari de celle-ci, lors de l'incident du « trou noir de Calcutta ». Il a d'elle deux enfants, George, né en décembre 1757, et Elizabeth, née dix mois plus tard, mais qui ne survivra que quelques semaines. Le petit George sera confié aux Austen de Steventon, parents de la romancière Jane Austen. Il mourra plus tard d'une infection de la gorge.

Mary Hastings meurt elle-même subitement lors de l'été 1759. Philadelphia Hancock, sœur de George Austen, et grande amie de Mary, dont il semble qu'elle l'ait connue avant même son arrivée en Inde, se rapproche alors encore davantage de Warren Hastings, au point que des commérages initiés par Mrs Strachey, sans doute poussée par la jalousie, circulent alors dans la colonie anglaise[2], et que Robert Clive écrit à son épouse pour lui interdire toute relation avec Mrs Hancock[3],[N 2].

Il est bien peu probable cependant[4] que la fille qui nait alors à Philadelphia Hancock et à son mari, en décembre 1761, après neuf années de mariage, soit en réalité la fille naturelle de Warren Hastings, en dépit de ce que certains biographes de Jane Austen ont pu écrire[5]. Toujours est-il que cette enfant, Eliza Hancock, cousine de Jane Austen, reçoit ce prénom en souvenir de la fille de Warren Hastings[6], morte prématurément, et qu'il en est le parrain.

Outre le soutien sans faille qu'il accorde à Eliza Hancock[7], Warren Hastings semble aussi avoir appuyé la carrière de Francis Austen, l'un des frères de Jane Austen, qui s'élèvera jusqu'au grade d'« amiral de la Flotte[N 3] ».

Postérité[modifier | modifier le code]

Warren Hastings occupe une position peu commune dans les annales de l'Inde britannique, hormis son rôle de premier gouverneur général. Il favorise l'étude du monde indien et démontre un vif intérêt pour la littérature et la philosophie du sous-continent. C'est grâce à son soutien et son encouragement, par exemple, que Charles Wilkins produit la première traduction de la Bhagavad-Gîtâ en anglais, et sa préface à cette édition montre qu'il était un homme de culture.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon les archives de la East India Company, ce monopole remonte à 19773
  2. Robert Clive écrit en effet à sa femme : « In no circumstances whatever keep company with Mrs Hancock, for it is beyond a doubt that she has abandoned herself to Mr Hastings. » (« Ne fréquentez en aucun cas Mrs Hancock, car il ne fait pas l'ombre d'un doute qu'elle s'est abandonnée à Mr Hastings. »)
  3. Admiral of the Fleet correspond au titre d'« amiral » (cinq étoiles).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Repères chronologiques : de la pharmacopée des Emprereurs de Chine à l'ectasy des raves parties Sénat français
  2. Deirdre Le Faye, William Austen-Leigh, Jane Austen, a family record, 2004, p. 30
  3. David Nokes, Jane Austen: a life, 1998, p. 31
  4. Deirdre Le Faye 2002, p. 20
  5. Paul Poplawski, A Jane Austen encyclopedia, 1998, p. 156
  6. David Nokes, Jane Austen: a life, 1998, p. 29
  7. Paul Poplawski, A Jane Austen encyclopedia, 1998, p. 155

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]