Transit astronomique

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Transit de Phobos devant le Soleil depuis Mars, observé par le robot Opportunity le 10 mars 2004.

Le transit astronomique est un phénomène astronomique qui se produit lorsqu'un objet céleste s'intercale entre l'observateur et un autre objet. Le premier objet paraît alors se déplacer devant le deuxième.

Si la situation de l'observateur n'est pas précisée, ce dernier se trouve implicitement sur la Terre.

Définition[modifier | modifier le code]

Astronomical Transit.gif

Le terme « transit » est utilisé dans les cas où l'objet le plus proche possède un diamètre apparent nettement plus petit que l'objet le plus lointain. Lorsque l'objet s'intercalant possède un diamètre angulaire plus grand que le deuxième, le phénomène est une occultation. Si l'observateur est plongé dans l'ombre de l'objet transitant, il s'agit d'une éclipse. Lorsque le diamètre angulaire du plus proche objet est plus petit mais néanmoins voisin du deuxième objet, on parle d'éclipse annulaire. Chacun de ces phénomènes sont les effets visibles d'une syzygie.

Un exemple de transit implique le déplacement d'une planète entre la Terre et le Soleil, ce qui ne peut se produire qu'avec Mercure ou Vénus. Cependant, depuis les planètes plus lointaines, comme Mars, la Terre peut transiter devant le Soleil.

Le terme peut désigner également le mouvement d'un satellite naturel devant la planète autour de laquelle il tourne, par exemple les satellites galiléens de Jupiter.

Un transit nécessite que trois objets célestes soient alignés. Il arrive plus rarement que quatre objets célestes le soient. Un tel cas s'est produit le 21 mars 1894 vers 23:00 UTC, lorsque Mercure transita devant le Soleil depuis Vénus et que Mercure et Vénus transitèrent devant le Soleil depuis Saturne.

Contacts[modifier | modifier le code]

Pendant un transit se produisent quatre « contacts », lorsque la circonférence de l'objet le plus petit touche celle de l'objet le plus grand en un point. Les contacts se produisent dans l'ordre suivant :

  • Premier contact : l'objet le plus petit est en dehors de l'objet le plus grand et se déplace vers l'intérieur de ce dernier.
  • Deuxième contact : l'objet le plus petit est totalement à l'intérieur de l'objet le plus grand et se déplace vers l'intérieur de ce dernier.
  • Troisième contact : l'objet le plus petit est totalement à l'intérieur de l'objet le plus grand, mais se déplace vers l'extérieur de ce dernier.
  • Quatrième contact : l'objet le plus petit est à l'extérieur de l'objet le plus grand et continue son déplacement vers l'extérieur de ce dernier.

Observations[modifier | modifier le code]

Système solaire (Mercure et Vénus)[modifier | modifier le code]

Depuis la Terre, il n'est possible de visualiser un transit d'un objet du système solaire devant le Soleil que si celui-ci est situé en deçà de l'orbite terrestre. Du point de vue des planètes, seules Mercure et Vénus sont dans ce cas.

C'est néanmoins un phénomène rare, qui dans le cas de Vénus ne se produit jamais plus de deux fois par siècle, deux observations séparées d'environ 8 ans. Les derniers transits de Vénus devant le Soleil eurent lieu en 1874, 1882, le 8 juin 2004 et le 6 juin 2012. Le prochain aura lieu le 11 décembre 2117.

Mercure, plus proche du Soleil que Vénus, transite plus fréquemment entre la Terre et le Soleil : environ 13 fois par siècle. Les derniers transits eurent lieu le 15 novembre 1999, le 7 mai 2003 et le 8 novembre 2006 ; les prochains auront lieu les 9 mai 2016 et 11 novembre 2019.

Dans de rares cas, une planète peut transiter devant une autre, vue depuis la Terre. Le prochain phénomène de ce type se produira le 22 novembre 2065 vers 12:43 UTC, lorsque Vénus (proche de sa conjonction supérieure, avec un diamètre angulaire de 10,6") transitera devant Jupiter (avec un diamètre angulaire de 30,9"). Le transit s'effectuera cependant à 8° du Soleil et ne sera donc pas observable sans protection. Juste auparavant, Vénus occultera Ganymède, satellite de Jupiter, vers 11:24 UTC.

Entre 1700 et 2200, il ne se produira que 18 transits de planètes, depuis la Terre. De plus, il ne s'en produira aucun entre 1818 et 2065 :

Date Corps transitant Corps transité Type
19 septembre 1702 Jupiter Neptune Occultation
20 juillet 1705 Mercure Jupiter Transit
14 juillet 1708 Mercure Uranus Occultation
4 octobre 1708 Mercure Jupiter Transit
28 mai 1737 Vénus Mercure Occultation
29 août 1771 Vénus Saturne Transit
21 juillet 1793 Mercure Uranus Occultation
9 décembre 1808 Mercure Saturne Transit
3 janvier 1818 Vénus Jupiter Transit
22 novembre 2065 Vénus Jupiter Transit
15 juillet 2067 Mercure Neptune Occultation
11 août 2079 Mercure Mars Occultation
27 octobre 2088 Mercure Jupiter Transit
7 avril 2094 Mercure Jupiter Transit
21 août 2104 Vénus Neptune Occultation
14 septembre 2123 Vénus Jupiter Transit
29 juillet 2126 Mercure Mars Occultation
3 décembre 2133 Vénus Mercure Occultation

De tels transits sont également possibles observés depuis d'autres planètes. Mars, par exemple, connait assez souvent des transits de ses deux satellites, Phobos et Déimos, devant le Soleil.

Hors du système solaire[modifier | modifier le code]

Certaines planètes extrasolaires transitent également entre la Terre et leur étoile. C'est le cas en particulier de la planète Osiris. Cette caractéristique permet d'effectuer des mesures sur les atmosphères de ces planètes lointaines. L'observation de transits permet également de découvrir certaines planètes extrasolaires. Planethunters est un projet de science citoyenne sur Zooniverse qui invite les internautes à détecter des transits sur les courbes de lumière observées par le télescope spatial Kepler.

Précautions[modifier | modifier le code]

Observer un transit ou une occultation d'un corps devant le Soleil, ou une éclipse partielle de Soleil à l'œil nu ou à l'aide d'un instrument d'observation peut être très dangereux et entraîner une cécité irréversible. Une vitre fumée ou des films photographiques ne suffisent pas à protéger les yeux contre toutes les radiations émises par le Soleil et la cécité peut survenir quelques heures après l'observation. Il convient de se munir des filtres adaptés, généralement fournis pour l'occasion par les revues d'astronomie. En France ces filtres doivent porter la marque NF.

Une observation en projetant l'image du Soleil est sans danger car elle est indirecte ; il suffit pour la réaliser d'une simple loupe et d'une feuille de papier. Il est nécessaire de s'assurer que la concentration des rayons lumineux ne conduira pas à provoquer un incendie.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occultation de Mercure par Vénus en 1737 fut observée par John Bevis à l'observatoire royal de Greenwich. Il s'agit de la seule occultation planétaire mutuelle à avoir jamais été décrite de façon détaillée. Un transit de Mars devant Jupiter le 12 septembre 1170 fut cependant observé par le moine Gervase à Canterbury et par des astronomes chinois.

Au XVIIIe siècle, le couple de transits de Vénus devant le Soleil en 1761 et 1769 permit de mesurer la valeur de l'unité astronomique. C'est d'ailleurs pour observer ce transit en 1769, (et rechercher le continent austral) que le capitaine James Cook de la Royal Navy effectua un voyage d'Angleterre vers Tahiti.

Plus récemment, l'exoplanète Kepler-22b aurait été découverte grâce à un transit via le télescope spatial Kepler situé en orbite héliocentrique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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