Tour de Belém

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Monastère des Hiéronymites et tour de Belém à Lisbonne *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Tour de Belém
Tour de Belém
Coordonnées 38° 41′ 29″ N 9° 12′ 57″ O / 38.69139, -9.2158338° 41′ 29″ Nord 9° 12′ 57″ Ouest / 38.69139, -9.21583  
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Subdivision Santa Maria de Belém, Lisbonne
Type Culturel
Critères (iii) (vi)
Superficie 2,66 ha
Zone tampon 103 ha
Numéro
d’identification
263
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1983 (7e session)
Autre protection Monument national (1910)[1].
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La Tour de Belém a été construite sur les bords du Tage dans la freguesia de Santa Maria de Belém entre 1515 et 1521 par le roi Manuel Ier de Portugal pour garder l'entrée du port de Lisbonne. Elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, conjointement avec le monastère des Hiéronymites.

La tour de Belém évoque l'Afrique en plein Lisbonne. Sous ses terrasses, ses balcons et ses échauguettes mauresques, cette citadelle, édifiée au XVIe siècle par Arruda pour abriter les capitaines du port, a vu passer les caravelles en partance pour les côtes de Guinée.

Histoire[modifier | modifier le code]

La flotte française devant la tour de Belém pendant le combat du Tage, 11 juillet 1831

La tour de Belém fut construite afin de servir à la fois de porte d'entrée à la ville de Lisbonne mais aussi en tant que partie intégrante du système de défense protégeant l'embouchure du Tage et le monastère des Hiéronymites, lesquels constituaient des points stratégiques pour envahir la ville. Ce système de défense fut commencé par le roi Jean II de Portugal (1455-1495), qui fit construire les forteresses de Cascais et de São Sebastião da Caparica. Les rivages de Belém étaient protégés par un vaisseau, la Grande Nau, qui fut remplacée par la tour de Belém au cours des cinq dernières années du règne du roi Manuel Ier de Portugal[2].

La tour fut construite entre les années 1515 et 1521 par l'architecte militaire Francisco de Arruda, lequel était déjà le concepteur de plusieurs forteresses élevées au Maroc, sur les terres possédées par les Portugais. L'influence de l'art mauresque est manifeste dans les décorations délicates des fenêtres et balcons cintrés, ainsi que sur les coupoles cannelées des échauguettes. Il est probable que Diogo de Boitaca, premier architecte du monastère des Hiéronymites, ait également participé à la décoration du bâtiment. Les mâchicoulis et les créneaux sont décorés par de riches ornements sculpturaux, typiques du style manuélin.

En 1580, quand Lisbonne fut envahie par les troupes espagnoles au cours de la lutte pour le trône portugais, la tour combattit et se rendit au duc d'Albe, Ferdinand Alvare de Tolède. Pendant les siècles qui suivirent, la tour fut principalement utilisée comme une prison, dont les cellules souterraines étaient régulièrement inondées. Du fait de sa hauteur et de son manque de dissimulation dans le paysage, certains historiens pensent que la tour devaient servir principalement d'avant-poste.

Il est à noter que la tour qui se trouvait à l'origine au milieu du Tage[réf. incomplète], se retrouvera au bord, après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 et le détournement de ses eaux.

Dans les années 1840, sous l'impulsion de l'écrivain Almeida Garrett, la tour de Belém fut restaurée par le roi Ferdinand II de Portugal. À la même époque, quelques éléments décoratifs néo-manuelins furent ajoutés au bâtiment.

Le bâtiment fut déclaré monument national en 1910.

Art et architecture[modifier | modifier le code]

La tour de Belém est considérée comme étant l'une des œuvres majeures du style manuélin, notamment grâce à ses nombreux motifs typiquement manuélins comme la sphère armillaire (symbole de Manuel Ier), la croix de l'ordre du Christ (auquel Manuel Ier appartenait) ou les croisées d'ogives élaborées. Cependant, certains ornements de la tour datent de sa restauration, au milieu du XIXe siècle, tels que les boucliers arborant la croix de l'ordre militaire du Christ, décorant les créneaux ainsi que le petit cloître. Les décorations les plus travaillées font face au Tage.

D'un point de vue architectural, la tour de Belém peut être divisée en deux parties : le bastion, en forme d'hexagone irrégulier, et la tour de quatre étages, qui se dresse sur la face Nord du bastion. L'ensemble du bâtiment figurant la proue d'une caravelle.

Le bastion présente une pièce voûtée, la casemate, avec des ouvertures dans les murs de 3,5m d'épaisseur pour les 17 canons à culasse de gros calibre. Le toit ouvert au centre de la casemate facilitait la dispersion des fumées générées par l'utilisation de ces canons. La plate-forme du bastion pouvait également servir de position pour des armes de calibre plus petit. La tour de Belém était la première fortification portugaise avec deux étages de positions de tir, marquant une nouvelle évolution de l'architecture militaire. Les coins de cette plate-forme, ainsi que le haut de la tour, sont munis d'échauguettes surmontée de coupoles rappelant l'art mauresque. La base des échauguettes présente des images d'animaux sauvages, dont un rhinocéros qui est considéré comme la première sculpture de cet animal dans l'art d'Europe Occidentale. Ce rhinocéros était probablement l'un de ceux que Manuel Ier envoya au pape en 1515. La plate-forme comporte également, faisant face à la tour, une statue de la Madone à l'Enfant de Belém.

L'entrée de la tour se fait par un porche décoré avec plusieurs motifs manuélins, dont la sphère armillaire. La tour entière est décorée de cordes torsadées sculptées dans la pierre, lesquelles forment même un nœud sur la façade nord du bâtiment. La tour est surmontée de statues de saint Vincent et de saint Michel archange, et est pourvue de plusieurs fenêtres cintrées. La loggia couverte de style Renaissance cours sur toute la longueur de la face sud du premier étage de la tour, donne une touche vénitienne à l'architecture du bâtiment. Les nombreux écus décorant les merlons sont de style néo-manuélin.

La tour, haute de 35 mètres, présente trois étages et une terrasse offrant un point de vue sur le paysage environnant. La poudre à canon était conservée au niveau de la mer. L'accession aux étages supérieurs se fait par un escalier en colimaçon. Les appartements du commandant se trouvaient au premier étage et une chapelle, dont la décoration reprenait la croix de l'ordre du Christ et la sphère armillaire, occupait le quatrième étage.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)(pt) IGESPAR, « Notice no 323060 », sur Instituto de Gestão do Património Arquitectónico e Arqueológico.
  2. Dejanirah Couto, Histoire de Lisbonne, p. 145, Librairie Arthème Fayard, Paris, 2000 (ISBN 978-2-213-60585-2) ; p. 382