To Be or Not to Be (film, 1942)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film d'Ernst Lubitsch. Pour le film d'Alan Johnson, voir To Be or Not to Be.
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To Be or Not to Be
Jeux dangereux

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Carole Lombard au premier plan.

Titre original To Be or Not to Be
Réalisation Ernst Lubitsch
Scénario Melchior Lengyel
Edwin Justus Mayer
Acteurs principaux
Sortie 1942
Durée 99 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

To Be or Not to Be (titre français lors de sa distribution Jeux dangereux[1]) est un film américain réalisé par Ernst Lubitsch et sorti en 1942.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se passe durant la Seconde Guerre mondiale et est traitée sur le ton de la comédie. Une troupe de théâtre polonaise répète laborieusement une pièce mettant en scène Hitler, alors que dans la réalité les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le théâtre et ses acteurs se retrouvent au chômage. Mais un jeune pilote de bombardier réfugié à Londres est amoureux de l'actrice principale, Maria Tura. En essayant de la contacter depuis Londres, il découvre une opération d'espionnage visant le démantèlement de la résistance polonaise. Il est parachuté à Varsovie pour tenter de court-circuiter l'opération. Il retrouve Maria et la troupe, qui vont devoir mettre à profit leur talent pour sauver la Résistance, et profitant des costumes de SS et d'un sosie d'Hitler, essayer d'abuser la Gestapo et sauver leur peau.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

To Be or Not to Be est une comédie sur un sujet grave tournée alors qu'Hitler mettait l'Europe à feu et à sang et que l'issue de la guerre était encore incertaine. Le but du film était, d'une certaine façon, de ridiculiser le Führer et les nazis, et Lubitsch emploie à cet effet une manière d'une dérision comique époustouflante pour l'époque, multipliant les scènes à double sens. Lubitsch lui-même a tenu à dire, dans le New York Times du 29 mars 1942, que « ses » nazis n’étaient plus les tortionnaires sadiques que l’on montre communément, mais qu’ils avaient franchi ce cap : « Pour eux, les coups et la torture relèvent depuis longtemps de la routine. Ils en parlent comme des commerçants parlent de la vente d’un sac à main. Leur humour porte sur les camps de concentration et les souffrances de leurs victimes[2] ». On pense ici à la célèbre formule de la banalité du mal, forgée par Hannah Arendt en 1963 dans Eichmann à Jérusalem. Les nazis sont des êtres « normaux », à la différence près que leur travail consiste à répandre la mort. Tura, déguisé en Siletsky, le traître pronazi, interroge « Concentration-Camp-Ehrhardt » sur le « grand » acteur Tura et se voit répondre : « Ce qu’il faisait à Shakespeare, nous le faisons à la Pologne. » La comédie de Lubitsch joue sur une opposition que l’on trouve déjà dans Le Dictateur de Charlie Chaplin  : l’univers uniformément mécanique et militarisé du monde « esclave » contraste avec la diversité et la normalité, parfois un peu médiocre, du monde « libre[3] ».

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Carole Lombard trouva la mort peu après la fin du tournage dans un accident aérien. Une des dernières scènes qu'elle a tournées se situe dans ce film, dans une carlingue d'avion. La phrase qu'elle prononce à ce moment (« Que peut-il arriver en avion ? ») fut supprimée juste avant que le film ne sorte.
  • Le film sortit en France et dans la plupart des pays européens dans les années suivant la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais il fallut attendre 1960 pour le voir projeté en République fédérale d'Allemagne.
  • Un remake très fidèle, To Be or Not to Be, a été réalisé en 1983 par Alan Johnson, avec Mel Brooks et Anne Bancroft dans les rôles principaux. Le titre original a été conservé lors de sa sortie dans les pays francophones européens, incitant les distributeurs à faire de même lors de la ressortie de la version originale de Lubitsch.
  • Wax Tailor, dans son sample Ungodly Fruit sur l'album Tales Of The Forgotten Melodies (mars 2005), utilise une partie de la piste sonore du film. Il s'agit de ce que le professeur Siletzky dit à Carole Lombard : « We are just like other people, we love to sing, we love to dance, we admire beautiful women, we are human, and sometimes, very human[4]. ». Il sample également plusieurs répliques du film (notamment du narrateur dans la scène d'ouverture) dans son morceau Que sera.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ou Jeu dangereux. Depuis la sortie du remake de 1983, les distributeurs utilisent principalement le titre original To Be or Not to Be, comme pour un autre film de Lubitsch : Rendez-vous (The Shop Around the Corner).
  2. Cité par Nicholas Jones, « Hamlet in Warsaw: The Antic Disposition of Ernst Lubitsch », Enter Text: An Interactive Interdisciplinary E-Journal for Cultural & Historical Studies & Creative Work, Brunel University, West London, 2001, p. 275 .
  3. François Genton, « En rire ou pas : Chaplin, Lubitsch et Capra contre Hitler », Ligeia nos 61-64, juillet-décembre 2005, p. 66-80.
  4. « Nous sommes comme tout le monde, nous aimons chanter, nous aimons danser, nous admirons les belles femmes ; nous sommes humains, et parfois, très humains »

Liens externes[modifier | modifier le code]