Subdivisions du Cambodge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Depuis décembre 2008[1], le Cambodge est constitué de 24 provinces (khmer ខេត្ត, khet[2]) et de la capitale Phnom Penh. Les provinces sont divisées en districts (ស្រុក, srŏk) et en municipalités (ក្រុង, krong).

Les districts sont divisés en communes (ឃុំ, khum) et en quartiers (សង្កាត់, sangkat), eux-mêmes divisés en villages (ភូមិ, phum[3]).

Les municipalités sont divisées en quartiers (សង្កាត់, sangkat), eux-mêmes divisés en villages (ភូមិ, phum), eux-mêmes divisés en groupes (krom).

La capitale est divisée en sections (ខ័ណ្ឌ, khan[4]), elles-mêmes divisées en quartiers (សង្កាត់, sangkat), eux-mêmes divisés en villages (ភូមិ, phum).

Divisions de premier niveau : provinces et capitale[modifier | modifier le code]

Localisation des provinces.
  1. Province de Banteay Mean Chey
  2. Province de Battambang
  3. Province de Kampong Cham
  4. Province de Kampong Chhnang
  5. Province de Kampong Spoe
  6. Province de Kampong Thum
  7. Province de Kampot
  8. Province de Kandal
  9. Province de Kaoh Kong
  10. Province de Kratie
  11. Kep (depuis décembre 2008)
  12. Province de Mondol Kiri
  13. Province d'Otdar Mean Cheay
  14. Pailin (depuis décembre 2008)
  15. Province de Pouthisat
  16. Province de Preah Vihear
  17. Province de Prey Veng
  18. Province de Rotanah Kiri
  19. Province de Siem Reap
  20. Sihanoukville (depuis décembre 2008)
  21. Province de Stoeng Treng
  22. Province de Svay Rieng
  23. Province de Takeo
Capitale
  1. Phnom Penh

Classements[modifier | modifier le code]

Subdivision Type Capitale Superficie (km²) Population (2008) Densité (hab./km²)
Banteay Mean Chey Province Sisophon +06 679, +0678 033, +0101,5
Battambang Province Battambang +11 702, +1 024 663, +0087,6
Kampong Cham Province Kampong Cham +09 799, +1 680 694, +0171,5
Kampong Chhnang Province Kampong Chhnang +05 521, +0471 616, +0085,4
Kampong Spoe Province Kampong Spoe +07 017, +0716 517, +0102,1
Kampong Thum Province Kampong Thum +13 814, +0630 803, +0045,7
Kampot Province Kampot +04 873, +0585 110, +0120,1
Kandal Province Ta Khmau +03 568, +1 265 085, +0354,6
Kaoh Kong Province Krong Kaoh Kong +11 160, +0139 722, +0012,5
Kep Province +00336, +0035 753, +0106,4
Kratie Province Kratie +11 094, +0318 523, +0028,7
Mondol Kiri Province Senmonorom +14 288, +0060 811, +0004,3
Otdar Mean Cheay Province Phumi Samraong +06 158, +0185 443, +0030,1
Pailin Province +00803, +0070 482, +0087,8
Phnom Penh Capitale +00290, +2 000 064, +6 896,8
Pouthisat Province Pouthisat +12 692, +0397 107, +0031,3
Preah Vihear Province Phnom Tbeng Meanchey +13 788, +0170 852, +0012,4
Prey Veng Province Prey Veng +04 883, +0947 357, +0194,
Rotanah Kiri Province Banlung +10 782, +0149 997, +0013,9
Siem Reap Province Siem Reap +10 299, +0896 309, +0087,
Sihanoukville (Preah Sihanuk) Province +00868, +0199 902, +0230,3
Stoeng Treng Province Stoeng Treng +11 092, +0111 734, +0010,1
Svay Rieng Province Svay Rieng +02 966, +0482 785, +0162,8
Takeo Province Takeo +03 563, +0843 931, +0236,9

Divisions de second niveau : districts, municipalités et sections[modifier | modifier le code]

La hiérarchie des différentes entités administratives cambodgiennes

Les districts (srŏk) sont des subdivisions des provinces ; ils sont formés de plusieurs communes (khum) et quartiers (sangkat). Les municipalités (krong) sont des subdivisions des provinces formées de plusieurs quartiers (sangkat).

Les sections (khan) sont des subdivisions de la capital formées de plusieurs quartiers (sangkat).

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le pays est composé de terres (ដី, Dey) qui s’apparente aux apanages de l’Europe médiévale. Elles comprennent un nombre de provinces qui dépend de l’importance de leur propriétaire. Ces derniers nomment et démettent à leur guise les gouverneurs de leurs fiefs. Ces prérogatives sont par la suite transférées au roi par Ang Duong, désireux de mieux asseoir son autorité et d’en simplifier l’administration[5].

Quand les Français s’installent au début des années 1860, les terres sont dans un premier temps maintenues, Norodom se contentant d’attendre la mort de leurs propriétaires pour les faire disparaître. Dans le même temps, en 1884, le nouveau pouvoir colonial impose au roi une réforme administrative qui transforme les 57 provinces alors existantes en 33 arrondissements chapeautés par 8 régions (Banon, Kampot, Kampong Chhnang, Kampong Thom, Kratie, Krouch Chhmar, Phnom Penh et Pouthisat) à la tête desquelles sont nommés des résidents français chargés notamment de la désignation des fonctionnaires locaux. Dès 1886, une nouvelle réforme réduit les régions à 5, faisant disparaître celles de Banon, Kampong Chhnang et Krouch Chhmar[6].

En 1975, le gouvernement Khmer rouge avait supprimé toutes les divisions administratives traditionnelles. Il avait remplacé les provinces par sept zones géographiques : Nord-Ouest, Nord, Nord-Est, Est Sud-Ouest, Ouest et Centre.

Ces zones étaient dérivées de divisions militaires établies par les Khmers rouges lors de leur lutte contre la République khmère du général Lon Nol[7].

En 1988, la province de Battambang se trouve amputée de 5 districts qui deviennent la nouvelle province de Banteay Mean Chey[8].

En 1996, suite aux accords liés à la reddition d'Ieng Sary, la ville de Pailin est à son tour détachée de la province de Battambang pour constituer un fief à l'ancien ministre des affaires étrangères khmer rouge[9]. Il faudra par contre attendre le 22 décembre 2008 pour que Pailin accède au statut de municipalité autonome en même temps que Kep et Sihanoukville[10].

Enfin, en décembre 2013 la province de Kampong Cham est scindée en deux et perd les territoires à l'est du Mékong qui deviennent la province de Tbong Khmum. Le gouvernement a justifié la scission par une volonté d’améliorer l’efficacité de l’appareil administratif dans une province qui était devenue la plus peuplée du Cambodge mais ses adversaires y ont vu une manœuvre politique destinée à dissocier les districts restés fidèles à la cause gouvernementale d’une circonscription qui est devenue le fief de l’opposition[11]. En fait, lors des élections du 28 juillet 2013, le Parti du sauvetage national du Cambodge (opposition) avait raflé 59,17 % des voix, contre 35,43 % au Parti du peuple cambodgien (gouvernement), dans les districts restant rattaché à Kampong Cham alors que la tendance s’inversait dans ceux de la nouvelle province où le parti au pouvoir obtenait 51,86 % contre 42,86 % à ses rivaux[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le 22 décembre 2008, le roi Norodom Sihamoni a signé un Décret royal transformant les municipalités de Kep, Pailin et Sihanoukville en provinces et modifiant certaines limites de provinces. (en) « Decree Creates Three New Provinces », khmerization.blogspot.com,‎
  2. sanskrit kṣetra, pâli khetta : "domaine"
  3. sanskrit bhūmi : "terrain"
  4. sanskrit khaṇḍa : "section"
  5. Alain Forest, Le Cambodge et la colonisation française : Histoire d'une colonisation sans heurts (1897 - 1920), vol. 1, Éditions L'Harmattan, coll. « Centre de documentation et de recherches sur l'Asie du Sud-Est et le monde insulindien »,‎ , 546 p. (ISBN 9782858021390), chap. II (« Les enjeux du pouvoir cambodgien avant 1857 »), p. 18-17
  6. Alain Forest, Le Cambodge et la colonisation française : Histoire d'une colonisation sans heurts (1897 - 1920), vol. 1, Éditions L'Harmattan, coll. « Centre de documentation et de recherches sur l'Asie du Sud-Est et le monde insulindien »,‎ , 546 p. (ISBN 9782858021390), chap. I (« Les années d'impuissance coloniale »), p. 11-13
  7. James A. Tyner, The Killing of Cambodia
  8. (en) « Background of Battambang In the past and the present », sur Welcome to Battambang District,‎ (consulté le 19 mars 2010)
  9. Patrick Forestier et Pierre Schoendoerffer, La guerre dans les yeux, Éditions Grasset & Fasquelle, coll. « Littérature Française »,‎ , 352 p. (ISBN 978-2246783060), p. 149-152
  10. K. T., « Kep, Sihanoukville et Païlin deviennent des provinces », Le petit Journal,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Mom Kunthear et Kevin Ponniah, « Kampong Cham’s great divide », Phnom Penh Post,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Phorn Bopha et Alex Willemyns, « Government Creates New CPP-Majority Province », The Cambodia Daily,‎ (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]