Stylo-plume

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Un stylo-plume.

Un stylo-plume ou stylo à plume (stylo en Belgique ; plume en Suisse) est un outil qui permet de tracer des traits à l'encre fluide, celle-ci étant contenue dans un réservoir ou une cartouche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Inventé en 1827 par Petrache Poenaru, un ingénieur roumain, le stylo-plume a longtemps été sujet à des problèmes d'écoulement d'encre. À la fin du XIXe siècle (brevet déposé le ), Lewis Edson Waterman (1837-1901), alors agent d'assurance, trouva enfin la solution qui permettait le dépôt d'une goutte d'encre sur la pointe de la plume sans un écoulement trop intense. Utilisant la capillarité, il remplaça l'unique canal d'alimentation en encre utilisé jusqu'alors par une série de canaux parallèles rendant ainsi le débit plus régulier. Ainsi, le premier stylo-plume de Waterman fut baptisé The Regular.

Après une éclipse à partir du milieu des années 1950, en raison de l'avènement du stylo à bille, on assiste depuis quelques années à une certaine renaissance de l'utilisation du stylo-plume — maintenant fabriqué en bois — dans les pays anglo-saxons ou en Italie, notamment par le fait des milieux de collectionneurs d'objets d'écriture, ainsi qu'en Extrême-Orient, région de forte tradition calligraphique.

Dynamique graphologique[modifier | modifier le code]

Couramment employé, il a pour qualité de forger l'écriture. Contrairement à certains autres outils qui permettent une écriture molle (tel le stylo-bille), le stylo plume limite la direction et l'angle d'attaque de la pointe avec la feuille.

Caractéristiques de rechargeabilité de l'encre[modifier | modifier le code]

Ce système d'écriture présente l'avantage, par rapport à la plupart des outils d'écriture actuellement commercialisés, d'être aisément rechargeable :

  • soit grâce à un réservoir associé à un système de remplissage ;
  • soit grâce à de petites cartouches d'encre (inventées elles-aussi par Waterman) ;
  • soit grâce à un « convertisseur », cartouche spéciale associée à un système de remplissage ;
  • … soit, pour les bricoleurs, grâce à une seringue avec laquelle on remplira la cartouche lorsqu'elle sera vide.

Pour une grande partie, ces encres (surtout l'encre bleue) sont maintenant effaçables.

Utilisation de cartouches d'encre[modifier | modifier le code]

La plupart des marques européennes (par exemple : Caran d'Ache, Schneider, Faber-Castell, Michel Perchin, DuPont, Montegrappa, Stipula, Pelikan, Waterman, Montblanc, Monteverde, Sigma, Delta ou bien Rotring) et quelques-unes d'outre-mer (par exemple : Bexley, Retro51, Tombow, ou bien Acura) utilisent des cartouches internationales (aussi appelées cartouches européennes ou cartouches standard ou cartouches universelles), de taille courte (38 mm de long, de capacité 0,75 ml), ou de taille longue(72 mm de long, de capacité 1,45 ml), ou des deux à la fois.

Par ailleurs, la plupart des stylo-plume à cartouche acceptent un convertisseur. Si le stylo accepte les cartouches standard, on utilisera un convertisseur standard. Si le stylo n'accepte que les cartouches de la marque, il faudra un convertisseur de la marque également. Quelques stylo-plume de taille courte (Waterman Ici et là ou bien Monteverde Diva) acceptent seulement les cartouches standard courtes.

Les fabricants dont l'embout d'injection est spécifique proposent leurs propres cartouches. D'autres se sont adaptés à celui d'autres fabricants : Aurora, Hero, Duke, Uranus. Cependant, les nouveaux modèles de stylo-plume des fabricants Hero, Duke et Uranus sont adaptées aux cartouches standard.

Les cartouches d'encre des stylo-plume sont hermétiquement fermées par une bille en plastique, maintenue contre l'orifice soit à l'aide de colle soit d'une couche fine de plastique. Ainsi, lorsque la cartouche est enfoncée dans l'embout d'injection, la bille est chassée à l'intérieur de la cartouche en plastique.

Utilisation d'un réservoir et autres méthodes[modifier | modifier le code]

Même si la recharge d'encre à la cartouche est très répandue (particulièrement en milieu scolaire), l'utilisation d'encre en bouteille associée aux stylos à réservoir ou équipés de convertisseurs a de nombreux adeptes. En particulier dans les pays anglo-saxons. En effet, l'usage d'encriers présente plusieurs avantages :

  • un choix d'encres beaucoup plus étendu, et même la possibilité de composer ses propres teintes ;
  • un meilleur entretien du stylo-plume (remplir le stylo par la plume permet de dissoudre l'encre précédente) ;
  • plus économique que l'achat de cartouches ;
  • un moindre impact sur l'environnement (moins d'énergie utilisée et moins de déchets par rapport aux cartouches).

Les stylos haut de gamme sont, par définition, proposé avec un réservoir. Lorsque ces stylos sont proposés avec cartouches, l'embout d'injection étant spécifique, le fabricant propose son ou ses convertisseurs spécifiques. Remarquons qu'il n'est pas toujours possible d'utiliser un convertisseur : c'est le cas de certains stylo-plumes dont le corps est trop petit pour contenir le dispositif (exemple : Sheaffer Agio Compact ou bien Sheaffer Prelude Compact). Dans ce cas, comme on l'a signalé plus haut, il reste la solution de la seringue. Cependant, le fabricant Monteverde a conçu un convertisseur pour ce type de stylo : il est muni d'un embout standard et le système de pompe se retire une fois le réservoir rempli.

Composantes de la fluidité du stylo-plume standard[modifier | modifier le code]

Un stylo-plume est composé de plusieurs parties : le corps, le capuchon, la section dans laquelle vient s'encastrer une cartouche, le conduit et la plume. Le rôle du couple conduit/plume est essentiel car de sa performance dépend le bon écoulement de l'encre sur le papier. Lewis Edson Waterman l'avait bien compris et l'invention du conduit à rainures permit enfin un échange air/encre cohérent, limitant les risques de fuites.

Sur la plume, le trou (œil) permet non seulement de limiter la fragilité de la plume, mais également de favoriser l'échange air/encre avec le conduit et le réservoir du stylo.

La plume est en général faite d'acier ou d'or. Pour assurer une résistance maximale à l’érosion due aux frottements contre le papier, l'extrémité de la plume est habituellement faite d’iridium, métal reconnu pour sa dureté.

Les meilleures plumes adopteront l'or pour sa souplesse, une extrémité en iridium pour sa robustesse, et une forme plutôt allongée pour amplifier le mouvement et ainsi favoriser toujours plus la souplesse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Grandes marques de stylo-plumes

Lien externe[modifier | modifier le code]