Montblanc (entreprise)

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Montblanc

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Logo de Montblanc

Création 1906
Forme juridique SARL
Slogan La plume des Stylos
Siège social Drapeau d'Allemagne Hambourg (Allemagne)
Activité Luxe
Produits Instruments d'écritures, maroquinerie, montres, lunettes, parfums, bijoux
Société mère Richemont
Filiales 449 Boutiques (2012)
Site web www.montblanc.com
Chiffre d’affaires 44 566 289 € (2013)

Montblanc International GmbH est une entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de stylos de luxe (appelés Fine Writing), montres, maroquinerie, bijouterie/joaillerie et parfumerie. En 2009, elle détient 60 % du marché mondial des stylos haut de gamme[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Siège social à Hambourg.

L’entreprise Montblanc est née de l’association de trois hommes, le papetier Claus Johannes Voss, le banquier Alfred Nehemias, tous deux hambourgeois, et l’ingénieur berlinois August Eberstein. Eberstein et Nehemias découvrent aux États-Unis et en Angleterre le premier stylo à plume fonctionnant avec son propre réservoir, et qui ne fuit pas[2]. De retour à Hambourg, les trois hommes conçoivent en 1906 un stylo-plume similaire doté d'un encrier « intégré », avec une exigence de qualité supérieure. Eberstein crée à cet effet la société Simplizissimus-Füllhalter à Berlin, firme rebaptisée la « Simplo[n 1] Filler Pen Company » en 1907 lorsque les trois hommes mettent en commun leurs compétences et leurs ressources financières. Un an plus tard, les trois associés établissent leur manufacture dans le quartier Schanzen de Hambourg[3].

En 1909, après trois ans de recherche et développement, les trois hommes lancent leur première collection de stylos plume « Rouge et Noir »[n 2] faits d’ébonite noire et d’un capuchon à tête rouge, ce qui leur vaut le surnom de « Petit Chaperon Rouge »[3],[2].

C’est en 1910 qu’est commercialisé le premier stylo-plume Montblanc, une révolution au niveau du design (stylo plume noir avec sa plume blanche) et de la technique (il ne fuit plus du tout quand il est fermé). Le nom de la marque devient une marque commerciale déposée, suite au succès de l’entreprise, et s’affiche désormais sur tous les stylos fabriqués par la société.

En 1913, l’étoile Montblanc (étoile blanche sur le capuchon, symbolisant le sommet enneigé et les six vallées glaciaires du mont Blanc) devient le logo de la marque et le nouveau nom de l'entreprise (« Montblanc Simplo GmbH »), et tous les stylos fabriqués portent cette « étoile » constituée non pas de 6 pointes mais de 6 contours arrondis[3].

Boutons de manchette Montblanc.

En 1924, suite à une réorganisation de sa production qui a été divisée en différentes gammes de qualité, Montblanc a commencé à utiliser le nom de Meisterstück (en) (littéralement « pièce de maître ») pour désigner ses stylos haut de gamme. La qualification « chef-d'œuvre » a également été adopté au même titre sur le marché étranger, et les plumes ont été marquées Masterpiece en Grande-Bretagne et Chef d’œuvre en France. La gamme des « 140 » au design fuselé sera surtout marquée par le légendaire stylo plume Meisterstück 149 (en résine précieuse noire, cerclé de petits anneaux plaqués or, équipé d'une plume en or) commercialisé en 1952 et emblématique de la signature des traités et contrats (c'est le power pen). En 1929, le nombre 4810 – hauteur du Montblanc mesurée à l’époque – est gravé sur chaque plume Meisterstück[3].

Dès la fin des années 1920, « Montblanc » est présente dans plus de 60 pays.

En 1935, Montblanc propose des « garanties à vie » (engagement de réparer tous les stylos, la réparation n'étant pas gratuite) sur ses stylos-plumes, et rachète un fabricant d’articles en cuir, ce qui permet à la marque de se diversifier dans la maroquinerie et de produire des accessoires de bureau à son nom (étuis pour stylos, carnets de note).

En 1977, Alfred Dunhill Ltd de Londres devient l'actionnaire majoritaire de Montblanc puis, en 1985 l'actionnaire unique. La marque devient alors membre du groupe Richemont, troisième groupe mondial du luxe qui revoit la distribution de Montblanc (création de boutiques exclusives « Flagship ») et entame une politique de diversification (petite puis grande maroquinerie, horlogerie, bijouterie et parfumerie)[4]. Entre temps, dans les années 1980, le stylo Montblanc associé à l'agenda Filofax est l'archétype du courant de mode Power dressing[5].

En 1992, la société crée le « Prix Montblanc de la Culture » récompensant des mécènes dans 10 pays du monde. En 1994, le stylo « Solitaire Royal » (versions en argent massif, en or massif ou en vermeil) recouvert de 4 810 diamants entre dans le « Guinness Book of Records » comme étant le stylo le plus cher au monde, 125 000 dollars[4].

En 1997 est fondée la manufacture Montblanc Montres S.A. au Locle, dans le Jura suisse, pour gagner une légitimité technique horlogère[4].

Dans les années 2010, la marque Montblanc poursuit sa diversification et développe des licences de parfums : lancement du parfum masculin « Legend » mai 2011, « Legend pour femme » en février 2013[6]. En 2013, Jérôme Lambert, directeur général de Jaeger-LeCoultre, prend la tête de Montblanc, confirmant la volonté de la société de se développer dans le secteur de l'horlogerie[7].

La marque[modifier | modifier le code]

Plume ornée de l'inscription « 4810 »

Bien qu'il s'agisse d'une entreprise allemande, Montblanc conserve dans sa marque dès ses origines la phonétique française pour exprimer le raffinement, le « luxe à la française ». Le symbole le plus fort de la marque est l'« étoile blanche » (étoile à six branches stylisée, dont chaque branche représente un glacier du massif du Mont-Blanc) arborée par tous les produits Montblanc, notamment les stylo-plumes (étoile surmontant le capuchon et ornant la plume). Le nombre « 4810 », hauteur métrique du mont, est également un élément récurrent[8]. La fabrication artisanale des plumes nécessite une quarantaine d'étapes, souvent manuelles[2].

Le logo est noir et blanc, symbole de mystère, de luxe, mais aussi des couleurs de l'encre noire sur le papier blanc. Dans les années 1980, il est modernisé : une typographie sobre et raffinée l'ancre davantage dans le monde du luxe. Les noms Mont et Blanc sont séparés et superposés pour induire une idée de domination de la marque, leader des stylos haut de gamme. L'étoile, placée telle une astérisque en haut et à droite, sert de guide à la marque[8].

Meisterstück[modifier | modifier le code]

Le Meisterstück, emblématique stylo de couleur noire parfois comparé à un concombre pour sa forme, apparait en 1924. Plusieurs décennies plus tard, ce stylo entre dans les collections permanentes du Musée d'art moderne de New York[2]. Mais au cours de toutes ces années, ses prestigieux utilisateurs se succèdent : Kennedy signe avec celui d'Adenauer dans les années 1960, James Bond qui tue son ennemi au pistolet d'or dans les années 1970, le dalaï-lama dans les années 1990[2]

Éditions spéciales[modifier | modifier le code]

Montblanc profite de la création d'éditions limitées pour s'éloigner quelque peu de sa production habituelle. Ces éditions incluent « Patron of the Art » (4810/888 pièces par an), la « Writers Edition » (Édition Écrivains), « Great Characters » (Édition Thématique), « Diva Line » (Diva Line), « Donation Pens » (Donation Pens), « Artisan Editions » (Édition Artisanales), ainsi que diverses éditions anniversaires à production limitée et pièces commémoratives.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Terme faisant référence à la simplicité d'utilisation de ce stylo.
  2. Couleur inspirée de la nouvelle Le Rouge et le Noir de Stendhal.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Montblanc reprend en main sa distribution pour soigner son image », sur capital.fr,‎ 23 avril 2009
  2. a, b, c, d et e Jacques Brunel, « Un sommet de l'écriture », L'Express Styles,‎ 11 juin 2014, p. 58 à 59
  3. a, b, c et d Histoire, site officiel de Montblanc
  4. a, b et c Histoire des stylos Montblanc
  5. Valerie Mendes et Amy de la Haye (trad. Laurence Delage, et al.), La mode depuis 1900 [« 20th Century Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. « L'univers de l'art »,‎ 2011, 2e éd. (1re éd. 2000), 312 p. (ISBN 978-2-87811-368-6), chap. 8 (« 1976-1988 Sédition et consumérisme »), p. 224
  6. Le Parisien, « Le parfum "Legend pour femme" de Montblanc en vente dès le 1er février »,‎ 9 janvier 2013
  7. « Richemont : du changement chez Montblanc et Jaeger-LeCoultre », sur lefigaro.fr,‎ 9 mai 2013
  8. a et b Frank Tapiro, « Montblanc », émission À vos marques sur BFM Business, 19 mai 2013

Lien externe[modifier | modifier le code]