Sidi Ifni

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Sidi Ifni
سيدي إفني
ⵙⵉⴷⵉ ⵉⴼⵏⵉ
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Souss-Massa-Draâ
Province Sidi Ifni
Démographie
Population 20 051 hab. (2004)
Géographie
Coordonnées 29° 23′ N 10° 10′ O / 29.383, -10.17 ()29° 23′ Nord 10° 10′ Ouest / 29.383, -10.17 ()  
Localisation

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Sidi Ifni ( en tamazight ⵙⵉⴷⵉ ⵉⴼⵏⵉ, en arabe : سيدي إفني) est une ville marocaine de la région de Souss-Massa-Draâ, située au bord de l'océan Atlantique. Après avoir fait partie de la province de Tiznit[1], elle est devenue le chef-lieu de la province de Sidi Ifni en 2009[2], lorsque celle-ci a été créée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sidi Ifni se trouve sur la côte atlantique sud du Maroc, entre les villes de Tiznit et de Guelmim, à 160 km au sud d'Agadir. De par sa situation, Sidi Ifni peut être considérée comme « la porte atlantique du Sahara ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Tirant son nom du marabout de la région, Sidi Ifni est la capitale de la tribu des Ait Baâmrane.

Un traité hispano-marocain de 1767, confirmé par celui de 1860, concède à l'Espagne « un territoire suffisant pour la fondation d'un établissement de pêcheries » dans la région d'Ifni. Le territoire fut effectivement occupé en 1934. Franco avait décidé de faire de cette enclave, Ifni, une base militaire et le centre politique de l'Afrique occidentale espagnole.

Avec le soutien financier de Madrid, la ville se développe alors rapidement suivant un plan colonial avec un quadrillage de rues et d'avenues et une place centrale de forme ovale autour de laquelle se dressent les principaux bâtiments : le consulat d'Espagne, le palais du gouverneur, la cathédrale et l'hôtel de ville. La ville dispose aussi d'un aéroport, de cinq cinémas, d'un casino, d'hôtels, d'un zoo et d'une piscine. Jusqu'à 15 000 militaires espagnols sont alors tationnés à Sidi Ifni.

La colonie espagnole fait l'objet d'une résistance tenace de la part des tribus locales des Ait Baâmrane, reconnues pour leur courage dans l'ensemble du Maroc. Le territoire occupé réduira ainsi considérablement en surface pour se réduire, dans les années 1960, à la ville d'Ifni une couronne de quelques kilomètres. Ces avancées sur le terrain, conjuguées à une relative détente des relations entre Franco et Hassan II et la pression internationale conduisent à des négociations qui aboutissent au traité de Fès du 4 janvier 1969 qui prévoit la fin de la souveraineté espagnole. La quasi-totalité des Espagnols sont alors rentrés en Espagne. Maria Gomez, la dernière personne d'origine espagnole à ne pas être rentrée, est morte en 2001.


Le 6 mars 2010, Sidi Ifni n'est plus dépendante de Tiznit. Elle fait partie de sa propre province.

Économie[modifier | modifier le code]

L’activité principale d’Ifni est celle de son port est la pêche, capturant notamment sardines, soles, dorades, courbines, thons.

L'arrière pays est parsemé d'arganiers et de figuiers de barbarie dont les habitants tirent leurs ressources, à l'image de la coopérative Tafyucht pour l'huile d'argan, située dans le proche village de Mesti, et la coopérative Aknari, pour les produits à base de figue de barbarie, située dans le proche village de Sbouya.

Le tourisme connaît un essor limité notamment en raison de l’éloignement de l’aéroport d’Agadir, le plus proche à être desservi par des vols internationaux. L'aéroport de Sidi Ifni (code international : SII) n'est plus en service depuis 1972. Pourtant Sidi Ifni dispose d'atouts importants. Elle est située à proximité de nombreuses plages aux rivages séduisants, tels Legzira, Mirleft, Sidi Ouarzig ou encore la Plage blanche qui attirent les surfeurs en été et les amateurs de douceur en hiver.

Sidi Ifni, avec sa population jeune, connaît un taux de chômage élevé qui l’expose à des tensions sociales. En juin 2008, la délocalisation vers Agadir de l’usine de conserve de sardines, a engendré des protestations qui ont dégénéré dans un chassé-croisé avec les forces de l’ordre. Ces dernières ont été critiquées par une commission d’enquête parlementaire pour un usage excessif de la force.

En janvier 2009, il a été décidé de transformer Sidi Ifni en province afin d’optimiser l’utilisation des ressources et ainsi favoriser le développement économique et social. Divers projets ont été entrepris depuis: modernisation de la voirie, installation d'un établissement d'enseignement technique supérieur et d'une usine de transformation et de valorisation de la figue de barbarie, modernisation des infrastructures portuaires

Le film Un ange à la mer (2009) de Frédéric Dumont a été tourné à Sidi Ifni. Il a remporté le Globe de Cristal du meilleur film lors de la 44e édition du Festival international du film de Karlovy Vary (République tchèque) ainsi que le prix d'interprétation masculine pour Olivier Gourmet. Une première édition d'un Festival international du cinéma du Sud a eu lieu a Sidi Ifni en novembre 2013. Une sélection de films marocains, d'Afrique sub-saharienne et d'Europe y a été présentée

Architecture Art déco[modifier | modifier le code]

La ville de Sidi Ifni, construite en quelques années seulement, est un beau fleuron de l’Art déco dont il reste de nombreux vestiges, plus ou moins bien préservés : l’ancienne amirauté, témoin du Style « paquebot » aujourd'hui maison d'hôtes), la cathédrale (aujourd’hui utilisée comme tribunal) et le presbytère attenant (aujourd’hui bibliothèque), le phare, le palais du gouverneur, le « Twist Club », et nombreuses maisons d’habitation. La rue Sidi Mohammed, une large avenue bordée de palmiers avec ses villas aux jardins arborés et fleuris n’est pas sans évoquer les constructions cubaines des années 1930.

Ethnologie[modifier | modifier le code]

Sidi Ifni est située sur le territoire de la confédération des Ait Bamrane, célèbre dans tout le Maroc, et particulièrement dans le Sud, pour sa résistance contre à la fois les Français et les Espagnols ; elle fut la dernière région du Maroc à tomber après une longue et valeureuse résistance jusqu'en 1934.

Peu de temps après, en 1957, la guerre d'Ifni vient rappeler que cette valeureuse tribu n'avait toujours pas accepté la colonisation, aidée de tribus sahariennes installés dans la région et de l'Armée de libération du sud marocain, les Ait Baâmrane ont réussi à libérer progressivement tout l'arrière-pays de Sidi Ifni, ne laissant aux Espagnols que la ville et ses environs dans un rayon de 5 km. De violents combats furent menés par toutes les tribus de la confédération, notamment la tribu de Sbouya qui compta le plus de morts en son sein et en causa le plus à l'occupant. L'indépendance de la ville est effective le 30 juin 1969, date qui est célébrée tous les ans dans la ville. Les tribus sahraouies liés aux Ait Bâamrane sont également installées à Sidi Ifni ainsi que quelques tribus venues du Nord du Maroc (ancien protectorat espagnol) pendant la colonisation.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution du nombre d'habitants

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Annarose Pandey, « Nostalgic lives: memories of Maria in Sidi Ifni, Morocco », The Journal of North African Studies, Volume 8, Issue 2, Summer 2003, p. 92-114 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise de la Serre et Octave Marais, « Les présides au Maroc et Ifni », Revue française de science politique, 1968, vol. 18, no 2, p. 346-345 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre de Cénival/Frédéric de La Chapelle, « Possessions espagnoles sur la côte occidentale d'Afrique : Santa Cruz de Mar Pequeña et Ifni », in Hespéris XXI, Paris 1935, p. 19-77 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre de Oliva, « Notes sur Ifni », in Revue de Géographie du Maroc 19, Rabat 1971, p. 85-96 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Pelissier, « Territoires espagnols d'Afrique: I. Ifni ou les larmes de l'Infante », in Le Monde 24 oct. 1967, p. 7 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • J. Riser, « Ifni », Encyclopédie berbère, vol.24 (Edisud 2001), p. 3645-3649
  • Exposition permanente du Musée de la résistance Sidi Ifni

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] « Recensement général de la population et de l'habitat de 2004 », sur www.lavieeco.com, haut-commissariat au Plan (consulté le 13 novembre 2011)
  2. [PDF] « Liste des cercles, des caïdats et des communes urbaines et rurales ainsi que le nombre de conseillers à élire dans chaque commune », Bulletin officiel du Royaume du Maroc, no 5744,‎ 18 juin 2009, p. 1020 (ISSN 0851-1217, lire en ligne)