Ryū Murakami

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Murakami.

Ryū Murakami

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Ryū Murakami en 2005

Nom de naissance Ryūnosuke Murakami (村上 龍之助, Murakami Ryūnosuke?)
Activités Écrivain, scénariste, réalisateur
Naissance 19 février 1952
Sasebo (Préfecture de Nagasaki), Drapeau du Japon Japon
Langue d'écriture Japonais
Genres Roman
Distinctions Prix Akutagawa (1976)
Prix Gunzō (1976)
Prix Yomiuri (1998)
Prix Tanizaki (2000)

Œuvres principales

Ryū Murakami (村上 龍, Murakami Ryū?), de son vrai nom Ryūnosuke Murakami (村上 龍之助, Murakami Ryūnosuke?), né le 19 février 1952 à Sasebo (Préfecture de Nagasaki) est un écrivain, scénariste et réalisateur japonais (sans lien de parenté avec son contemporain Haruki Murakami).

Auteur très prolifique, il a publié une trentaine de livres dont les plus célèbres sont ses deux premiers romans, Bleu presque transparent (prix Akutagawa en 1976, vendu au Japon à un million d'exemplaires en six mois), qui retrace quelques jours de la vie d'un groupe d'adolescents, entre sexe, drogue et rock, et Les Bébés de la consigne automatique (1980). Il a également reçu le prix Yomiuri en 1998 pour Miso Soup.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ryū Murakami passe son enfance dans une ville portuaire abritant une base navale des forces armées des États-Unis où il subit très tôt l'influence de la culture occidentale[1].

En 1968, alors qu'il est étudiant à l'école secondaire de la préfecture de Sasebo Kita, il assiste à la protestation des Zengakuren (Fédération japonaise des associations d'autogestion étudiantes) contre l'arrivée du porte-avions nucléaire américain Enterprise[1]. L'année suivante, il est suspendu de son école après avoir installé une barricade sur le toit de l'établissement en guise de protestation contre la présence de l'armée américaine[1]. Ce climat de tension d'après-guerre, ces années de jeunesse « corromp[ues] par l'Amérique »[1] imprégneront profondément l'imaginaire de l'écrivain.

Entre 1970 et 1972, Murakami s'installe à Tokyo dans la ville de Fussa où se situe la Yokota Air Base. Il étudie ensuite le design à l'université d'art de Musashino (武蔵野美術大学, Musashino bijutsu daigaku?, préfecture de Tōkyō)[2]. En 1976, il publie son premier roman, Bleu presque transparent, qui obtient la même année le prestigieux Prix Akutagawa (équivalent du Prix Goncourt au Japon)[2] et le Prix Gunzō du nouveau talent[1]. Ce premier roman donne le ton à son œuvre à venir: une jeunesse décadente immergée dans une culture du sexe, de la violence et du rock. Succès immédiat au Japon, ce roman s'est vendu à près d'un million d'exemplaires en six mois[2].

Le cinéaste Takashi Miike a adapté l'un de ses romans sous le titre Audition, film sorti en France en mars 2002 (Mention spéciale de l'International Fantasy Film - prix au Festival International de Rotterdam).

En 2003, il compte parmi les membres du jury qui attribue le prix Akutagawa à Hitomi Kanehara pour Serpents et Piercings. Alors âgée de 21 ans, elle la plus jeune lauréate à recevoir ce prix.

Œuvre[modifier | modifier le code]

À l'exception de son roman autobiographique, 1969, où il décrit avec humour le déroulement du Mai 68 japonais dans une ville moyenne flanquée d'une base américaine (Sasebo), l'œuvre de Murakami est extrêmement sombre et pessimiste. 1969, roman musical et souvent jouissif, est le livre des dix-sept ans de l'auteur. C'est le temps des premiers pas dans le monde adulte, un univers non moins difficile à décoder au Japon qu'ailleurs quand on refuse l'autorité et que l'on cherche la liberté du côté du rock et du cinéma, américains cela s'entend. Un American Graffiti nippon, tout aussi excentrique et douceâtre, avec un sentiment d'interdit plus fort.

Tout le reste de sa production, du moins celle accessible en français, renvoie le reflet d'une société japonaise fidèle à certaines caricatures qui peuvent sembler outrancières. Individus isolés, perdus dans le monde d'Internet (Parasites), enfants marginaux et abandonnés dans l'immensité inhumaine des métropoles (Les Bébés de la consigne automatique), exclus des mondes parallèles de la prostitution et des bars glauques (Miso Soup, Les Bébés...), cauchemars sectaires et terroristes (Les Bébés, Parasites, Chansons populaires de l'ère Showa).

Murakami analyse froidement son temps et revisite l'histoire, interdite, d'un Japon brutal et guerrier. Son Japon est celui du délire technologique, de la surconsommation, de la violence gratuite, de l'abandon lent et progressif des traditions, de la destruction des liens familiaux et collectifs développés par la société nippone autour d'un principe d'assujettissement absolu aux lois de la communauté. Dans l'univers du romancier, l'adolescent pseudo-révolutionnaire est devenu un adulte qui jette un regard sans concession sur ses congénères.

Mais c'est peut-être Parasites qui résume à lui seul toute l'œuvre de Murakami. Un jeune homme, un de ceux qui sont en complète rupture avec école et famille et qui ne communiquent plus qu'à travers Internet, est persuadé qu'un ver est entré dans son corps. Il prend contact avec une organisation qui va le pousser à commettre des meurtres. Internet isole mais entraîne aussi vers l'autre, y compris pour le détruire. Le ver parasite est en chacun de nous, comme une présence d'étrangeté et d'horreur qui saurait tous nous pénétrer, menant à la recherche (inquiétante et malsaine) de soi dans la mort de l'autre à travers la technologie, la théorie du complot, etc.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Bleu presque transparent (限りなく透明に近いブルー, Kagirinaku Tōmei ni Chikai Burū?), trad. Guy Morel et Georges Belmont, Paris, Robertt Laffont, 1978. (ISBN 2-221-00165-6) ; Arles, Éditions Philippe Picquier, « Picquier poche », 1997. (ISBN 2-87730-296-2)
  • 1977 : La Guerre commence au-delà de la mer (海の向こうで戦争が始まる, Umi no Mukō de Sensō ga Hajimaru?), trad. Claude Okamato, Paris, Robert Laffont, « Pavillons », 1981. (ISBN 2-221-00642-9) ; Arles, Éditions Philippe Picquier, « Picquier poche », 1997. (ISBN 2-87730-359-4)
  • 1980 : Les Bébés de la consigne automatique (コインロッカー・ベイビーズ, Koinrokkā Beibīzu?), trad. Corinne Atlan, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1996. (ISBN 2-87730-384-5) ; « Picquier poche », 1998. (ISBN 2-87730-384-5) ; Paris, J'ai lu, 1999. (ISBN 2-290-05024-5)
  • 1986 : « Cours! Takahashi » (走れ!タカハシ, Hashire! Takahashi?), non traduit en français.
  • 1987 : 1969 (シクスティナイン, Shikusuti Nain?), trad. Jean-Christian Bouvier, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1995. (ISBN 2-87730-709-3) ; « Picquier poche », 2004. (ISBN 2-87730-709-3)
  • 1988 (trad.) : Topaze et autres nouvelles (トパーズ, Topazu?), trad. Sylvain Cardonnel, Paris, Inventaire/Invention, « Jet stream », 2005. (ISBN 2-914412-49-5)
  • 1989 : Raffles Hotel (ラッフルズホテル, Raffuruzu Hoteru?), trad. Corinne Atlan, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1998. (ISBN 2-87730-583-X) ; « Picquier poche », 2002. (ISBN 2-87730-583-X)
  • 1989 : Paris 1989, préface de Wim Wenders, photos de Kōichi Inakoshi, essai de Ryu Murakami, Tokyo, Mag graphic, 1989. (ISBN 4-8387-0127-6)
  • 1993 : Ecstasy (エクスタシー, Ekusutashī?), trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2003. (ISBN 2-87730-846-4)
  • 1994 : Chansons populaires de l'ère Showa (昭和歌謡大全集, Shōwa Kayō Daizenshū?), trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2011. (ISBN 978-2-8097-0281-1)
  • 1994 : « Le monde dans cinq minutes d'ici » (五分後の世界, Gofungo no Sekai?), non traduit en français.
  • 1994 : Piercing (ピアッシング, Piasshingu?)
  • 1995 : Kyoko. Trad. Corinne Atlan, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1997 et Philippe Picquier Poche 2000. (ISBN 2-87730-287-3)
  • 1997 : Miso Soup (イン ザ・ミソスープ, In za Misosūpu?), trad. Corinne Atlan, Arles, Éditions Philippe Picquier, 1999. (ISBN 2-87730-638-0) ; « Picquier poche », 2003. (ISBN 2-87730-638-0)
  • 1997 : « Jours étranges » (ストレンジ・デイズ , Sutorenji Deizu?), non traduit en français.
  • 1998 : Lignes (ライン?), trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2000. (ISBN 2-87730-672-0) ; « Picquier poche », 2003. (ISBN 2-87730-672-0)
  • 2000 : Parasites (共生虫, Kyōseichū?), trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2002. (ISBN 2-87730-763-8)
  • 2000 : Melancholia (メランコリア, Merankoria?), trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2003. (ISBN 2-87730-933-9) ; « Picquier poche », 2011. 2007. (ISBN 978-2-87730-933-2)
  • 2005 : Thanatos (タナトス), trad. Patrick Honoré, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2005. (ISBN 2-87730-767-0) ; « Picquier poche », 2009. (ISBN 978-2-8097-0082-4)
  • 2005 : « Laisser la péninsule derrière » (半島を出よ, Hanto o Deyo?), non traduit en français.
  • 2005 : « Dialogue: Ryu Murakami X Joichi Ito » (ダイアローグ 村上壟X伊藤穣一, Daiarōgu Murakami Ryū X Itō Jōichi?), non traduit en français.
  • 2009 : Love & Pop, trad. Sylvain Cardonnel, Arles, Éditions Philippe Picquier, 2009. (ISBN 2-8097-0078-8) ; « Picquier poche », 2011. (ISBN 978-2-8097-0284-2)

Filmographie partielle[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Bleu presque transparent (Kagirinaku toumei ni chikai blue)
  • 1983 : All Right, My Friend (Daijōbu, mai furendo)
  • 1989 : Raffles Hotel
  • 1992 : Tokyo decadence (Topâzu, aka Topaz, aka Sex Dreams of Topaz, titre de la version hong-kongaise, classée X)
  • 2000 : Because of You (Kyoko)

Scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Bleu presque transparent (Kagirinaku toumei ni chikai blue)
  • 1983 : All Right, My Friend (Daijōbu, mai furendo)
  • 1989 : Raffles Hotel
  • 1992 : Tokyo décadence (Topâzu, alias Topaz, alias Sex Dreams of Topaz, titre de la version hong-kongaise, classée X )
  • 1999 : Audition (Ōdishon)
  • 2000 : Because of You (Kyoko)
  • 2001 : Hashire! Ishiro
  • 2003 : Shōwa kayō daizenshū
  • 2004 : 69
  • 2008 : Coin Locker Babies

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « Ryu Murakami: Enfant terrible of literature », entretien avec Sayuri Saito, The Daily Yomiuri on line, 23 février 1999.
  2. a, b et c « Notice biographique », site des Éditions Philippe Picquier, consulté en mars 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]