Société japonaise

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Il est parfois difficile de distinguer la réalité de la sociologie du Japon des nombreux stéréotypes sur la culture japonaise véhiculés en Occident.

Influences[modifier | modifier le code]

Article connexe : Religion au Japon.

Au Japon, les relations humaines sont le fruit de l'héritage cumulé des croyances shintoïste et bouddhiste, de sept siècles d'un régime militaire (shogunat) très strict et du système éducatif mis en place après la restauration Meiji de 1868. Après 1868 et surtout après la Seconde Guerre mondiale, le Japon a aussi subi de nombreuses influences occidentales.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Uchi/Soto[modifier | modifier le code]

Article détaillé : uchi-soto.

Traditionnellement, qu'on soit chez soi (uchi), à l'école ou avec son entourage, ou avec des personnes extérieures (soto), le niveau d'interaction entre les individus est lié à leur niveau de proximité hiérarchique (minimal, moyen ou maximal). Ce système de groupe et de famille très hiérarchisé fonctionne sur le modèle uchi-soto. La notion de giri est également à prendre en compte.

Associations et manifestations[modifier | modifier le code]

Association volontaire d'habitants d'un même quartier ou d'un même village, le chōnaikai constitue un acteur essentiel, voire incontournable, de la vie quotidienne dans la société japonaise.

Depuis plusieurs décennies, il y a peu de manifestations et de grèves au Japon : 38 grèves en 2010, avec 2 480 participants, contre 5 200 en 1974, suivies par 3,6 millions de personnes[1]. En 2013, on ne comptait que 18 % de salariés syndiqués (notamment au Rengō), contre 50 % en 1946[1].

La famille japonaise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : famille japonaise.

Le culte des ancêtres lié au bouddhisme, le respect du père inspiré de la morale confucianiste et la dépendance affective (amae) sont les bases du modèle familial. Le système patriarcal (remplacé légalement en 1945 par une famille égalitaire) reste encore souvent appliqué dans la pratique. Dans ce modèle, les relations parents-enfants priment sur les relations conjugales puisque c'est l'enfant qui perpétue l'honneur du ie. Ainsi, au début du XXIe siècle, plus de 10 % des jeunes couples occupent encore une chambre de la maison des parents au lieu de s'installer dans leur propre foyer. L'individu perd ainsi de son importance au profit du clan familial et la société tend vers une sorte de collectivisme.

En 2009, 15,5 % des couples de quinquagénaires seraient issus de « mariages arrangés » (お見合い, o-miai?), contre seulement 1,35 chez les trentenaires, qui rencontrent plus souvent leur futur conjoint dans leur entreprise (24 à 29 % selon les sexes et âges), par des amis et relations (15 à 25 %), à l'école/université (11 à 15 %) ou sur Internet (7,2 %)[2]. Dans les années 1980, on a vu apparaitre le phénomène dit du célibataire parasite, terme employé pour la première fois par Masahiro Yamada en 1997 : phénomène où les jeunes gens restent jusqu'à un âge avancé chez leurs parents, principalement pour des questions matérielles[3].

Le recensement d'octobre 2010 fait apparaitre que le nombre de personnes par foyer est en moyenne de 2,46 personnes, le plus bas jamais enregistré[4]. 31 % des foyers comprennent une seule personne, catégorie supérieure pour la première fois aux foyers de trois personnes (un couple et leur enfant) : 29 %[4].

Traditionnellement, ce sont les femmes qui gèrent les revenus du foyer[5]. Ainsi en 2012, les pères de famille ont reçu en moyenne 38 457 yens (près de 300 euros) de leur compagne pour effectuer leurs achats personnels, en baisse de 3,2 % en un an, et deux fois moins que le record de 1990[5].

Le système éducatif[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système éducatif au Japon.

Si la société japonaise est aujourd'hui une des plus sûres du monde, elle le doit d'une part à son système familial et d'autre part à son système éducatif. Malgré un système d'écriture très complexe, le Japon a le plus haut taux d'alphabétisation du monde.

La morale individuelle et collective est importante au Japon. Elle est enseignée dans les écoles une heure par semaine, puis dans la formation imposée par toute société ou administration ; elle fonde la vie de la famille comme celle de la société moderne.

Cependant, la pression qui pèse dans le système éducatif entraîne un taux de suicide élevé parmi les adolescents[réf. nécessaire], notamment ceux pris comme boucs émissaires par certains de leurs camarades (ijime). En 2009, 60 913 actes de violence et 72 778 cas de harcèlement ont été recensés par le Ministère japonais de l'éducation[6]. Le gouvernement lutte activement contre ce phénomène, ce qui a permis d'abaisser le taux de suicide parmi les adolescents[réf. nécessaire].

La sécurité[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Yakuza et Peine de mort au Japon.

En 1992, 49,4 % des Japonais interrogés classaient la sécurité en tête des « motifs de fierté nationale »[réf. nécessaire] : en 1991, 96 % des affaires de meurtre ont été élucidées[réf. nécessaire]. Il y avait 30 % de vols de moins qu’en France et près de deux fois moins de policiers : 1 pour 556 personnes au Japon, contre 1 pour 268 en France. En 1993, pour 100 000 habitants, il y eut 1,1 meurtre, 1,3 vol à main armée et 1,3 viol, alors qu’aux États-Unis, les chiffres étaient respectivement de 8,7, 233 et 38,1. En 2012, l'Agence nationale de la police a enregistré 1,4 million de délits (- 6,7 % en un an), 440 000 crimes violents (+ 8,9 %) et 1 030 meurtres ou tentatives de meurtres, le plus bas enregistré depuis 1945[7].

En 2009, la police a dénombré 28 158 cas de violence domestique, soit une augmentation annuelle de 11,7 %[8]. La moitié de ces cas concerne des harcèlements[8].

La sécurité concerne également la préparation aux catastrophes naturelles et aux accidents ; ainsi les chōnaikai (町内会?), associations volontaires d'habitants, jouent un rôle important dans la prévention de ces risques (aussi bien les catastrophes naturelles que la lutte contre le crime et la délinquance). Dans ces domaines, les mesures prises sont très nombreuses. En dehors des normes antisismiques de constructions des immeubles, on peut par exemple mentionner l'existence de trappes munies d'escaliers rétractables pour sortir d'un immeuble par le balcon pour le cas où l'escalier serait détruit ou inaccessible, des vitres souvent grillagées pour éviter leur explosion, ou encore un éclairage permanent des cages d'escaliers, au cas où il faudrait évacuer. Ces mesures, et bien d'autres, permettent au Japon de compter très peu de victimes de catastrophes, malgré de nombreux séismes et cyclones.

L'angoisse de la catastrophe naturelle[modifier | modifier le code]

Les Japonais devraient savoir que, compte tenu de leur position géographique, ils auront à faire face dans leur vie aux conséquences de tremblements de terre importants. Pourtant, en novembre 1991, un sondage gouvernemental révélait que 40 % des Japonais n’avaient pris aucune disposition en prévision d’un grand tremblement de terre et que 22,9 % d’entre eux seulement croyaient à sa possibilité contre 33,7 % en 1987. Quelques années plus tard, le séisme catastrophique de Kōbe a rappelé à tous les Japonais que la menace était sérieuse. La majorité d'entre eux gardent cependant une attitude nonchalante lors d'un séisme, alors que les consignes de sécurité sont de se protéger (lors du séisme du 25 mars 2007, une télévision d'information japonaise a ainsi diffusé les images d'une caméra de surveillance montrant une cliente continuant à payer pendant que des marchandises tombaient des rayons).

L'emploi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Emploi au Japon.

Jusqu'au milieu des années 1990, durant le miracle économique japonais, la plupart des salariés se vouaient corps et âme à leur entreprise, parfois jusqu'au karōshi. Si leur entreprise était de grande taille, elle leur garantissait en échange un emploi à vie ; les salariés des entreprises de taille moyenne connaissaient une certaine sécurité de l'emploi, ce qui n'était pas le cas de la majorité des salariés, employés dans de petites entreprises. Après l'éclatement de la bulle japonaise en 1989, la crise de l'économie japonaise a fortement perturbé ce système et a vu émerger le phénomène des freeter et des NEET.

En 2009, les directeurs généraux des entreprises japonaises avaient en moyenne 59 ans, contre 52 en 1980, selon une étude de Teikoku Databank[9]. Ces directeurs sont des hommes dans 94 % des cas[9].

L'habitat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Habitat japonais.

Le nombre de sans domicile fixe a fortement augmenté au Japon depuis les années 1990 et la décennie perdue ayant suivi l'éclatement de la bulle spéculative japonaise.

En 2003, lors de la première étude le Japon avait officiellement 25 296 sans-abris, le nombre est en diminution depuis. En janvier 2009, le Japon n'avait officiellement plus que 15 759 sans-abris. La préfecture d'Osaka a le plus de sans-abris : 4 302, suivi par Tokyo avec 3 428, Kanagawa avec 1 804 et Fukuoka avec 1 237[10].

Démographie du Japon[modifier | modifier le code]

Article connexe : Démographie du Japon.

Après avoir atteint 127 millions d'habitants en 2005, la population du Japon s'est stabilisée, et le Japon cherche actuellement à trouver des solutions pour enrayer un effondrement démographique qui s'annonce aussi brutal que celui de la Russie. Pour cela, le gouvernement japonais étudie comment d'autres pays développés parviennent à maintenir un taux de fécondité suffisant ou presque pour maintenir la population. Le niveau requis est de 2,1 enfants par femme, il est exactement de 2,07 en France (en 2006, chiffre de l'INSEE) mais inférieur à 1,3 au Japon. Si rien n'est fait pour y remédier, le Japon n'aura plus que 60 millions d'habitants à la fin du XXIe siècle.

Le statut de la femme[modifier | modifier le code]

En 2010, selon un sondage de Kyodo News auprès de 110 grandes entreprises japonaises, 5,4 % des chefs de petits départements sont des femmes, contre 2,5 % pour les grands départements et 1,4 % pour les postes de direction ; 27,7 % des candidats à des postes de management seraient des femmes[11]. 72 % des entreprises interrogées ont avancé comme explication le fait que les femmes ne pouvaient pas garder leur poste longtemps, démissionnant pour s'occuper de leurs enfants[11]. En effet, il manquerait au Japon de 400 à 850 000 places en crèche[12]. Dans le même temps, 70 % des emplois au noir seraient occupés par des femmes[11]. En 2014, une enquête du gouvernement sur 3 552 entreprises cotées confirme cette sous représentation des femmes dans les entreprises japonaises : 10 % des salariés chez Toyota (1 % de cadres), 18 % chez Sony (4 % de cadres), 31 % chez ÆON (10 % de cadres) et 51 % chez Shiseido (26 % de cadres) sont des femmes[13].

Il est extrêmement difficile pour les femmes japonaises de concilier vie professionnelle et vie familiale : elles sont presque obligées de démissionner lorsqu'elles ont un enfant, ce qui n'améliore pas le taux de natalité au Japon. Selon Mizuho Fukushima, ministre d'État aux Affaires sociales et à l'Égalité des sexes du Gouvernement Yukio Hatoyama, « 70 % des jeunes mères quittent leur emploi »[14]. Les Japonais considèrent encore très souvent que le rôle d'une femme est de faire des enfants et de s'en occuper : seuls 43 % des Japonais jugeaient souhaitable qu'une mère travaille en 2007, contre 23 % en 1992[14]. En 2009, un sondage gouvernemental indiquait que 55 % des Japonais (hommes ou femmes) souhaitaient qu'une femme mariée travaille, contre 41 % contre ; le sondage s'inversant de nouveau en 2012 : 45 % pour, 52 % contre[15]. Cette situation semble être admise par une majorité de femmes japonaises, qui cherchent un mari qui gagne bien sa vie, or ceux-là sont rares chez les jeunes, ce qui serait une des raisons de l'augmentation du célibat[3]. Une étude syndicale effectuée en mai 2013 indique que 63 % des femmes qui ont travaillé en étant enceintes disent avoir ressenti une certaine insécurité professionnelle, appelée au Japon mata-hara (マタハラ?), diminutif de l'anglais maternity harassment (マタニティ・ハラスメント, mataniti-harasumento?)[16]. Le 23 octobre 2014, la Cour suprême du Japon estime qu'une femme enceinte ne peut faire l'objet de discrimination par son employeur[17].

À l'inverse, le congé de paternité créé il y a quelques années n'était pris que par 2,6 % des pères en 2011, contre 1,2 % en 2008[14],[18]. En 2007, les propos du Ministre de la Santé, du Travail et des Affaires sociales Hakuo Yanagisawa (en), qualifiant les femmes de « machines à faire des enfants » avaient cependant provoqué l'indignation[19].

Cependant en 2009, à la suite de la crise économique de 2008-2010 ayant particulièrement touché le secteur industriel, essentiellement masculin, parmi les célibataires de moins de 30 ans, les femmes voient leur salaire dépasser celui des hommes[20]. En 2010, l'emploi des femmes atteint un record avec un total de 23,29 millions de femmes actives (plus 0,8 %), avec 50 % des femmes mariées entre 25 et 29 ans et 52 % des femmes mariées entre 30 et 34 ans actives[21].

La tradition des geishas, femmes entraînées à divers arts dès l'adolescence pour divertir les hommes, reste vivante à Kyoto.

La pilule du lendemain n'est autorisée à la vente au Japon que depuis février 2011, dans le but de limiter le nombre d'avortements[22]. En 2010, 15 % des femmes japonaises auraient subi dans leur vie au moins un avortement, et 4 % au moins deux ; sur l'année 2008, on comptabilisait près de neuf avortements pour mille femmes[22].

Sexualité et mariage[modifier | modifier le code]

En 1992, seuls 25 % des jeunes âgés de 18 ans déclarent avoir des relations sexuelles mais dans le même temps des pratiques telles que l’enjo kōsai semblent assez bien acceptées[réf. nécessaire].

En 2010, parmi les 30-34 ans, 47,3 % des hommes étaient célibataires et 34,5 % des femmes[3]. La même année, le taux de cohabitation chez les jeunes hommes et les jeunes femmes — non mariées — était de seulement 1,6 % : absence de mariage veut souvent dire absence de relations de couple[3]. Le mariage mais aussi la formation des couples sont ainsi en recul au Japon, alors que le nombre de célibataires augmentent depuis les années 1980[3].

En 2010 encore, une enquête du Ministère de la Santé menée sur 1 540 personnes fait ressortir que 41 % des personnes mariées n'auraient pas fait l'amour le mois précédent l'enquête (50 % pour les plus de 40 ans), et que respectivement 36 % des garçons et 59 % des filles de 16 à 19 ans ne sont pas intéressées par le sexe (+ 17 et 12 % en deux ans)[23]. Les jeunes célibataires ont également une vie sexuelle peu active et ont rarement un partenaire régulier : 25 % pour les hommes et 35 % pour les femmes en 2010[3]. Nombre de jeunes Japonais seraient convaincus que l’amour doit conduire au mariage et à la fondation d’une famille, ce qui serait une des raisons de cette activité sexuelle réduite : avant d'avoir une relation sexuelle, ils se demandent si le partenaire potentiel est quelqu’un avec qui ils souhaitent se marier[3].

De fait, peu d'enfants naissent hors mariage au Japon : seulement 2 à 3 % des bébés japonais en 2008, contre plus de 50 % en France et près de 40 % aux États-Unis[3],[14]. Ce serait une des causes de la baisse des naissances, les Japonais se mariant de plus en plus tard, voire pas du tout[14]. Outre le fait qu'il y ait peu de couples de « célibataires », ce faible taux de naissances hors mariage serait aussi dû à la discrimination dont souffrent ces enfants : ils ne reçoivent ainsi que la moitié de l'héritage attribué à leurs frères et sœurs légitimes[14].

Le statut de l'enfant[modifier | modifier le code]

Le Japon ne reconnaît pas le droit de visite : chaque année, 166 000 enfants sont coupés d'un de leurs parents, le père dans 80 % des cas[24].

Le Japon ne signe la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants que le 24 janvier 2014[25], il était jusque là l'un des rares pays développés, et le seul pays du G8 à ne pas l'avoir signé (80 signataires en 2009, 89 en 2013)[24],[26]. De plus, en cas de divorce, la résidence alternée n'existe pas, et le droit de visite est rarement accordé[27]. En 2009, les États-Unis avaient été saisis au total de 82 cas d'enlèvement impliquant 123 enfants par le parent japonais, la France, le Canada et la Grande-Bretagne de 35 cas chacun[24]. Des cas d'enlèvement par le parent étranger existent également[28]. En juin et novembre 2010, deux pères français ainsi séparés de leur enfant se sont donnés la mort[27]. Cependant, le 22 mai 2013, le Parlement japonais approuve l'adhésion à la Convention de La Haye, la ratification par le gouvernement devant intervenir avant mars 2014[29].

Vieillissement de la population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vieillissement du Japon.

En plus de la baisse de sa population (183 000 personnes en moins en 2009), le Japon vieillit[30]. Le nombre de Japonais de plus de soixante-cinq ans a augmenté de 789 000 en 2009, atteignant 22,7 % de la population, alors que le nombre de jeunes de moins de quatorze ans a baissé de 165 000[30]. En 2010, 23,1 % de la population a plus de soixante-cinq ans, contre 13,2 % moins de quinze ans[31].

Les personnages âgées sont également plus seules : en 2005, il y avait 3,9 millions de Japonais de plus de soixante-cinq ans vivant seuls, contre 2,2 millions en 1995[32]. Pire, elles se retrouvent de plus en plus seules face à la mort : 2 211 personnes âgées sont mortes sans aucun proche à leurs côtés en 2008 à Tokyo, contre 1 364 en 2002[32].

De fait, le nombre de voleurs âgés (retraités) augmente également : de 5 000 en 1985, il est passé à 10 000 en 1999 et 20 000 en 2004[33]. En 2010, il était de 27 000, soit un quart des voleurs[33]. On trouve ainsi de plus en plus de personnes âgées en prison : entre 2000 et 2006, le nombre de prisonniers âgés a augmenté de 160 %, et a doublé sur la décennie 2000 pour atteindre en 2010 10 000 personnes, soit 16 % de la population carcérale (contre par exemple 4,6 % aux États-Unis en 2005)[34]. Les prisons japonaises s'adaptent en aménageant des espaces de gériatrie avec du personnel spécialement formé[34].

Les étrangers au Japon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gaijin.

Le Japon fut fermé aux étrangers pendant deux siècles (sakoku), et ce jusqu'à la restauration Meiji. Aujourd'hui encore, les étrangers, appelés gaijin, sont très peu nombreux au Japon (entre 1,7 et 1,8 % de la population fin 2009[35]). Du fait de la dénatalité, l'appel à la main d'œuvre étrangère est devenu indispensable. Dans ce cadre, le Japon cherche notamment à faire venir les descendants de Japonais émigrés, notamment en Amérique du Sud. Certaines villes industrielles comptent ainsi actuellement des taux d'étrangers comparables à ce que l'on trouve en Europe. Par exemple Okazaki, près des usines Toyota, compte 3 % d'étrangers.

En 2008, 37 000 Japonais se sont mariés à des étrangers, huit fois plus que quarante ans auparavant ; la même année, 19 000 ont divorcé[28]. Il y aurait 10 000 naissances d'enfants binationaux par an au Japon[36].

En parallèle de l'ouverture aux frontières est né un nationalisme japonais.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture japonaise.

Après plusieurs vagues successives d'immigration provenant du continent asiatique et des îles voisines du Pacifique, suivi par un apport considérable des cultures chinoise et coréenne, les habitants du Japon connurent une longue période de relatif isolement par rapport au monde extérieur (sakoku) sous le shogunat Tokugawa jusqu’à l'arrivée des « bateaux noirs » et l'ère Meiji. Ceci aura pour résultat une culture très différenciée des autres cultures asiatiques et dont l'écho résonne encore dans le Japon contemporain.

Mêlée de modernisme et de tradition, la culture japonaise contemporaine a su préserver son aspect unique. Aujourd'hui, elle s'exprime dans de nombreux domaines, dont la cuisine, l'art, la mode et les vêtements, les arts martiaux, et bien sûr la langue. Dans la société occidentale, le succès des mangas a joué un rôle notable dans la diffusion de cette culture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Lhuillery, « Le Japon, pays du "zéro grève", "zéro manif"... ou presque », AFP sur Google News, le 3 février 2014
  2. « Le web prend la place des entremetteurs pour former les couples japonais », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 5 septembre 2009 (consulté le 5 septembre 2009)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Masahiro Yamada, « Le modèle familial japonais en pleine mutation », Nippon.com, le 25 septembre 2012
  4. a et b (en) Single-member households top 30% in Japan, AP/Kyodo sur Breitbart, le 29 juin 2011
  5. a et b 295 euros : le deuxième salaire des hommes japonais, La Tribune, le 2 juillet 2013
  6. Le Japon confronté au suicide d'écoliers, victimes de harcèlement à l'école, Aujourd'hui le Japon, le 24 novembre 2010
  7. (en) Crime stats down across Japan in 2012, says NPA, Japan Today, 11 janvier 2013
  8. a et b Mathilde Bonnassieux, « Le nombre de cas de violence domestique explose au Japon », sur Aujourd'hui le Japon,‎ 19 mars 2010 (consulté le 21 mars 2010)
  9. a et b « Les chefs d'entreprises japonais sont des hommes, plutôt vieux », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 30 janvier 2010 (consulté le 30 janvier 2010)
  10. « Homeless population totals 15,759 », Kyodo News, 10 mars 2009, [lire en ligne]
  11. a, b et c Benjamin Gauducheau, « Au Japon, la discrimination à l'emploi des femmes est toujours de mise », Aujourd'hui le Japon, le 3 septembre 2010
  12. Kimie Iwata, « Comment faire de la participation accrue des femmes à la vie économique le moteur de la croissance », Nippon.com, le 2 août 2013
  13. Japon: une base de données en ligne révèle la (très maigre) place des femmes dans les entreprises, AFP sur Techniques de l'ingénieur, le 31 janvier 2014
  14. a, b, c, d, e et f Patrice Novotny, « Comment pousser les Japonais à faire des enfants ? », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 28 novembre 2009 (consulté le 29 novembre 2009)
  15. (en) 51% want wives to stay home: poll, Kyodo sur Japan Times, le 17 décembre 2012
  16. Karyn Poupée, « Japon: dure réalité pour les jeunes mères dans les entreprises », AFP sur Google News, le 3 juillet 2013
  17. « Japon:"harcèlement pour maternité" sanctionné », Le Figaro,‎ 23 octobre 2014 (lire en ligne)
  18. Percentage of Japanese fathers taking childcare leave doubles -- to 2.6%, Kyodo sur Mainichi Shinbun, le 27 avril 2012
  19. « Le Japon se prépare à vivre avec le déclin démographique », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 22 février 2007 (consulté le 29 novembre 2009)
  20. SALAIRES : PARITÉ - Les jeunes Japonaises gagnent plus que leurs collègues masculins, Reuters sur LePoint.fr, le 15 octobre 2010
  21. Record de femmes actives au Japon en 2010, CCIFJ, le 24 mai 2011
  22. a et b (en) Morning after pill approved, Bloomberg sur The Japan Times, le 24 février 2011
  23. (en) Young Japanese losing sex drive: govt, AFP sur Google News, le 14 janvier 2011
  24. a, b et c « Création d'un comité France-Japon sur les enlèvements d'enfants », sur Aujourd'hui le Japon, AFP,‎ 1er décembre 2009 (consulté le 1er décembre 2009)
  25. Convention du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants : état présent, HCCH, le 19 février 2014
  26. États contractants (« état présent »), HCCH, le 22 janvier 2013, consulté le 22 février 2013
  27. a et b Régis Arnaud, « Japon : le drame des enfants « confisqués » », Le Figaro, le 25 novembre 2010
  28. a et b (en) Mariko Sugiyama, Mitsusada Enyo, « Bumpy road to child custody pact », Asahi Shinbun, le 1er mars 2010
  29. Jacques Lhuillery, « Enlèvement d'enfant: le Japon approuve l'adhésion à la Convention de La Haye », AFP sur Google News, le 23 mai 2013
  30. a et b Harold Thibault « Le Japon subit un déclin record de sa population », Aujourd'hui le Japon, le 19 avril 2010
  31. (en) Census Shows Social Security At Breaking Point, Nikkei, le 30 juin 2011
  32. a et b Anthony Rivière, « Au Japon, les vieux meurent souvent seuls », Aujourd'hui le Japon, le 21 juillet 2010
  33. a et b Leo West, « Les voleurs japonais vieillissent aussi », Aujourd'hui le Japon, le 28 janvier 2011
  34. a et b Benjamin Gauducheau, « La prison, dernier refuge des personnes âgées en détresse au Japon », Aujourd'hui le Japon, le 3 décembre 2010
  35. Nombre d'étrangers en recul au Japon, Reuters sur LeFigaro.fr
  36. Paul Defosseux, « Émoi parlementaire en France face au drame des pères privés de leur enfant au Japon », AFP sur Google News, le 25 janvier 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]