Rocksteady

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Rocksteady

Origines stylistiques ska - soul nord-américaine - rythm'n'blues
Origines culturelles 1964 en Jamaïque

Genres dérivés

reggae

Le Rocksteady est un genre musical apparu en Jamaïque au milieu des années 1960 issu du ska et dont a dérivé le reggae.
Il est le résultat de la transformation du ska, rythme à quatre temps, en tempo binaire, plus lent, avec un peu moins de cuivres, mais plus de claviers et de chant. Successeur du ska et précurseur du reggae, le rocksteady fut joué par des groupes vocaux jamaïcains tels que The Gaylads, The Maytals et The Paragons. En tant que style de musique populaire, le rocksteady a connu une existence courte; son heure de gloire a duré environ deux années, de 1966 au printemps 1968[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

C'est une musique entre ska, soul nord-américaine et rythm'n'blues, diffusée par les radios des États-Unis. La contrebasse est souvent remplacée par la basse électrique et le temps fort est marqué sur le troisième temps. On trouve surtout des trios de rocksteady chantant des chansons d'amour (The Heptones). Nouveautés : le chanteur est bien mis en avant, le musicien est confiné dans les studios et le producteur supervise tout de A à Z.

Souvent perçue comme une période de transition du ska vers le reggae, le rocksteady supplante peu à peu le ska, jusqu'à ce que le rocksteady soit considéré à partir de 1966 comme la soul locale. Prince Buster multiplie les classiques, notamment un duo avec Lee Scratch Perry, Judge Dread (un musicien britannique, Alex Hughes, empruntera son nom, et chantera « Je t'aime moi non plus », de Gainsbourg). Au Royaume-Uni, Chris Blackwell fonde la maison de disques Trojan, spécialisée en musique jamaïcaine.

Origines[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs écoles en ce qui concerne l'apparition de rocksteady : s'il est sur que celle-ci a eu lieu en 1966, certains avancent qu'elle est due à une vague de chaleur qui amena les musiciens à ralentir le tempo, et d'autres affirment que ce sont les personnes âgées qui réclamaient un laps de temps avec du ska "plus lent" pour pouvoir danser lors des soirées dans les sound-systems (aux alentours de minuit, une période était réservée à la musique plus lente). Mais il représente surtout une transition entre le ska et le reggae auquel il ouvre la voie en 1968. L'enregistrement Take It Easy en 1966 de Hopeton Lewis (en) est traditionnellement considéré comme le premier rocksteady (Lewis demandant à l'orchestre de ralentir le rythme car il avait des difficultés à poser ses paroles et lorsque la prise fut terminée, le pianiste Gladstone Anderson fit une remarque quant à la nature « rocksteady » de ce rythme[2]) mais d'autres artistes revendiquent cette paternité, tels Roy Shirley (en) avec Hold Them, Derrick Morgan avec Tougher Than Tough, Alton Ellis avec Cry Tough et Girl I've Got A Date[3].

En raison des influences prononcées de la soul américaine, de nombreux titres rocksteady sont des chansons d’amour, comme par exemple "Sharing You" de Prince Buster, et "Queen Majesty" de The Techniques. Il existe des titres rocksteady sur le thème de la religion et du mouvement rastafari. Aux débuts du rocksteady, la classe défavorisée jamaïcaine luttait pour se nourrir, se loger et travailler. Cette souffrance déboucha sur l’émergence d’une « subculture » rebelle connue sous le terme ‘’rude boys’’. À cette époque, de jeunes Jamaïcains des environs ruraux de la capitale affluèrent dans les ghettos de Kingston - dans des banlieues telles que Riverton City, Greenwich Town et Trenchtown. Bien que la plupart du pays fût optimiste surfant sur l’immédiat climat post-indépendance, cette jeunesse ne partageait pas ce sentiment. Beaucoup d’entre eux devinrent délinquants qui prônaient une certaine attitude décontractée. Ces jeunes sans règles restèrent célèbres comme les ‘’rude boys’’. Certaines paroles rocksteady tantôt célèbrent ou, à l’inverse, critiquent le style de vie violent des rude boys, et pointent l’injustice politique.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le nom « rocksteady » n'a pas d'origine certaine et avérée. En effet, un certain nombre d'artistes et de chansons peuvent prétendre au titre d'inventeur du mot. Ainsi Alton Ellis enregistra en 1967 un single portant ce titre, qui apparait comme la première évocation de ce terme. Une autre histoire fait mention d'un caïd de Kingston du nom de Busby, qui, grand danseur de sound system, aurait lancé une danse qu'il appelait de ce nom. Ce terme aurait ensuite été entendu par un présentateur radio qui l'aurait ensuite utilisé pour présenter ces dernières nouveautés...
Quelle que soit son origine, il est clair que le terme a tout d'abord désigné une danse popularisée dans les sound systems vers la fin des années 1960, avant de désigner la production musicale qui lui fut associée.

Artistes de rocksteady[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Rocksteady : The Roots of Reggae, BBC
  2. Jérémie Kroubo Dagnini, Les origines du reggae, retour aux sources. Mento, ska, rocksteady, early reggae, L'Harmattan,‎ 2008, p. 174
  3. (en) Kevin O'Brien Chang, Wayne Chen, Reggae Routes. The Story of Jamaican Music, Temple University Press,‎ 1998, p. 38