Rickettsia

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Les rickettsies (Rickettsia) forment un genre de bactéries de la famille de Rickettsiaceae. Les rickettsies sont, comme les chlamydies, des bactéries parasites intracellulaires obligatoires et de petite taille (300 nm). Elles vivent dans le cytoplasme même des cellules eucaryotes. Elles sont principalement rencontrées chez les arthropodes qui en sont les vecteurs (en particulier les hématophages : tiques, poux et acariens) provoquant diverses maladies chez l'humain et l'animal (Rickettsioses).

Caractères bactériologiques[modifier | modifier le code]

Ce sont des bactéries incapables de prendre la coloration de Gram, elles sont cependant colorées par le colorant de Giemsa et ont des similitudes avec les bactéries à Gram négatif. Elles se multiplient par scissiparité (temps de génération de 8 à 10 heures). La température optimale de croissance varie de 32 à 35 °C.

Ce sont des bactéries intracellulaires. Les Rickettsia du groupe boutonneux sont présentes dans le noyau, les autres au niveau du cytoplasme de la cellule infectée. Bien que capable de synthétiser de l'ATP, elles peuvent utiliser celui de la cellule parasitée.

Pouvoir pathogène[modifier | modifier le code]

Les Rickettsia pénètrent à l’intérieur des cellules endothéliales des vaisseaux sanguins. Ils se multiplient dans ces cellules, qu’ils finissent par détruire.

L’infection est multifocale. L’essaimage se fait par l’intermédiaire de cellules endothéliales parasitées, qui se détachent et circulent dans le sang. L’infection se répand dans de nombreux foyers, disséminés dans le corps. Les vaisseaux sanguins ne sont infectés que sur quelques segments, et pas sur toute leur longueur.

La souffrance de l’endothélium vasculaire provoque la coagulation du sang dans la lumière du vaisseau, et des petites hémorragies autour du vaisseau.

Chaque foyer de multiplication bactérienne est entouré d’une réaction inflammatoire de type chronique, avec un infiltrat monocytaire et lymphocytaire.

Ces bactéries sont phagocytées et, grâce à des facteurs de virulence elles lysent le phagosome pour se retrouver libres dans le cytoplasme (réserve de nutriments, pas de fusion avec lysosome sans membrane cellulaire, ...).

Pour se propager de cellules à cellules, la polymérisation d'actine permet de former des comètes qui les rendent mobiles dans la cellule. Elles sont littéralement propulsées à la cellule adjacente. La double membrane alors crée (evagination-invagination) subira le même sort que le phagosome et les bactéries seront à nouveau libre dans le cytoplasme.

Un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase prédispose à l'apparition d'une rickettsiose sévère.

Principales infections[modifier | modifier le code]

L’infection par des Rickettsia est toujours une infection généralisée. Il y a une forte fièvre, et des signes de souffrance de presque tous les organes : cerveau, reins, cœur, muscles, foie...

Il y a toujours une atteinte des petits vaisseaux de la peau, ce qui se manifeste par une éruption, faite de petites taches hémorragiques dans la peau.

La rickettsiose la plus sévère est le typhus exanthématique, provoqué par Rickettsia prowazekii. Les signes cérébraux sont majeurs (évolution vers le coma). L’éruption est sévère. La mortalité est élevée.

À côté du typhus exanthématique, il existe plusieurs autres rickettsioses. Chacune est cantonnée dans une région géographique propre, et chacune possède quelques particularités cliniques. Dans notre pays [Où ?], nous voyons surtout des cas de « fièvre de Marseille », provoquée par Rickettsia conorii, chez des gens qui reviennent des vacances dans les régions méditerranéennes ou en Afrique. Bien que la clinique soit très spectaculaire, c’est en réalité la moins sévère des rickettsioses.

Epidémiologie[modifier | modifier le code]

L'épidémiologie diffère selon les espèces de rickettsia. Le point commun est toujours l'inoculation à l'homme par voie cutanée ou conjonctivale par un insecte ou un acarien.

Ecoépidémiologie[modifier | modifier le code]

Elle est incomplètement comprise, mais les tiques semblent être un vecteur important, et le chevreuil, cerf et sangliers pourraient être des réservoirs importants également[1]..

Diagnostic bactériologique[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est surtout clinique.

Les rickettsies ne peuvent pas être cultivées sur milieu synthétique. Elles sont cultivées sur des cellules eucaryotes embryonnaires ou sur des animaux.

Le diagnostic peut être confirmé par la recherche d’anticorps dans le sérum des patients. Mais ces anticorps n’apparaissent qu’avec retard sur les symptômes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D. H. Walker and D. B. Fishbein Epidemiology of rickettsial diseases European Journal of Epidemiology ; Volume 7, Number 3, 237-245, DOI: 10.1007/BF00145672 (Résumé))

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wodecka, B., Rymaszewska, A., & Skotarczak, B. (2013), Host and pathogen DNA identification in blood meals of nymphal Ixodes ricinus ticks from forest parks and rural forests of Poland. Experimental and Applied Acarology, 1-13 (résumé).