Prison de Sugamo

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Prison de Sugamo.
La prison le 22 décembre 1948.

La prison de Sugamo (巢鴨拘置所, Sugamo Kōchi-sho?) est un ancien établissement pénitentiaire japonais autrefois situé dans le quartier d'Ikebukuro, aujourd'hui dans l'arrondissement de Toshima à Tokyo.

Histoire[modifier | modifier le code]

La prison de Sugamo est construite dans les années 1920 pour accueillir des prisonniers politiques, sur le modèle des prisons européennes. Beaucoup de communistes et autres dissidents y sont incarcérés suite au vote des lois de Préservation de la Paix dans les années 1930 et 1940. Plusieurs espions alliés y sont aussi incarcérés, comme Richard Sorge qui y est pendu le 7 novembre 1944.

La prison n'est pas endommagée par les bombardements de Tokyo et les forces alliées l'utilisent pour enfermer des criminels de guerre durant l'occupation du Japon en attente de leur procès au tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient. Après la fin des jugements, la prison de Sugamo est utilisée pour enfermer quelques détenus et sept exécutions par pendaison y ont lieu le 23 décembre 1948.

La superficie originale était de 2,43 hectares mais la construction de la clôture doubla celle-ci. L'établissement fut dirigé par la 8e armée américaine bien que le personnel était japonais. Environ 2 500 militaires américains furent affectés à la prison, mais jamais plus de 500 à la fois. L'établissement fut sous contrôle américain de décembre 1945 à mai 1952. Durant cette période, plus de 2 000 criminels de guerre japonais y furent incarcérés.

Les prisonniers mangeaient de la nourriture japonaise préparée par des employés japonais et servie par les prisonniers eux-mêmes. À plusieurs occasion, l'ancien premier ministre du Japon Hideki Tōjō servit les repas de prisonniers de classe « A ». Les légumes utilisés étaient cultivés directement sur le terrain de la prison.

À la fin de l'occupation américaine, la prison de Sugamo passa sous le contrôle du gouvernement civil japonais qui amnistia ou libéra sur parole la plupart des criminels de guerre restants. La prison est fermée en 1971 en raison de l'âge des installations.

En 1978, l'immeuble Sunshine 60, à son achèvement le plus haut gratte-ciel du Japon, est construit à l'emplacement de la prison. Tout ce qui reste de la prison est une plaque où est gravé en japonais « Prions pour la paix éternelle ».

Prisonniers célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sugamo Prison » (voir la liste des auteurs)
  • John L. Ginn: Sugamo Prison, Tokyo. An Account of the Trial and Sentencing of Japanese War Criminals in 1948. By a U.S. Participant. McFarland & Company, Jefferson NC u. a. 1992, ISBN 0-89950-739-5.
  • Manfred Kittel: Sugamo war nicht Spandau. Anmerkungen zur justiziellen „Vergangenheitsbewältigung“ in Japan und Deutschland nach 1945. In: Michael Bienert (Hrsg.): Die vier Mächte in Berlin. Beiträge zur Politik der Alliierten in der besetzten Stadt. Landesarchiv, Berlin 2007, ISBN 978-3-9803303-1-2, (Schriftenreihe des Landesarchivs Berlin 9), S. 147–158.