Commandant suprême des forces alliées

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Quartier général du SCAP, dans la DN Tower 21 à Tokyo près du palais impérial vers 1950. L'immeuble fut construit en 1938 pour accueillir le siège de la compagnie d'assurance Dai-ichi Seimei qui l'a depuis récupérée.
Le conseil allié pour le Japon en 1946.

Le Commandant suprême des forces alliées en anglais : Supreme Commander of the Allied Powers, (SCAP) est le titre du général Douglas MacArthur pendant l’occupation du Japon après la Seconde Guerre mondiale. Bien qu’il y ait eu d’autres Commandant suprême des alliés, le titre de SCAP per se a été donné uniquement au général MacArthur.

Au Japon, le terme GHQ (General Headquarters) est plus utilisé, SCAP désignant aussi les administrations d’occupation, dont une équipe de quelques centaines de personnels civils et militaires de l’US Army. Quelques-uns rédigèrent une ébauche de la Constitution du Japon, que la Diète du Japon ratifia avec quelques amendements.

Forces armées[modifier | modifier le code]

Les forces terrestres américaines au Japon dépendaient de la Huitième Armée des États-Unis.

Les forces australiennes, britanniques, indiennes, canadiennes et néo-zélandaises placées sous le commandement du SCAP dépendaient d’un sous-commandement, les forces d'occupation du Commonwealth britannique.

Exonération de la famille impériale[modifier | modifier le code]

À titre de commandant suprême des forces alliées au Japon, MacArthur insista pour que l'empereur Showa demeure en poste pour éviter une déstabilisation du pays. Plusieurs historiens critiquent les efforts qu'il mena pour exonérer l'empereur et tous les membres de la famille impériale impliqués dans la conduite de la guerre comme les princes Yasuhito Chichibu, Tsuneyoshi Takeda, Yasuhiko Asaka, Naruhiko Higashikuni et Hiroyasu Fushimi, de poursuites criminelles lors du Procès de Tokyo.

Selon John Dower, «Cette campagne menée à bien pour absoudre l'Empereur de sa responsabilité à l'égard de la guerre ne connut aucune limite. Hirohito ne fut pas seulement présenté comme étant innocent de toute action formelle qui aurait pu le rendre susceptible d'une inculpation comme criminel de guerre. Il fut transformé en une icône sainte ne portant même aucune responsabilité morale à l'égard de la guerre.»[1] Selon Herbert Bix, «Les mesures réellement extraordinaires entreprises par MacArthur pour sauver Hirohito d'un jugement comme criminel de guerre eurent un impact persistant et profondément distordant dans la compréhension des japonais à l'égard de la guerre perdue.» et «plusieurs mois avant que ne débutent les travaux du Tribunal, les plus hauts subordonnés de Mac Arthur travaillaient à attribuer la responsabilité ultime de l'attaque de Pearl Harbor à Hideki Tojo[2] Ainsi, «immédiatement à son arrivée au Japon, (le brigadier-général) Bonner Fellers se mit au travail pour protéger Hirohito du rôle qu'il avait joué pendant et à la fin de la guerre» et «permit aux principaux criminels de guerre de coordonner leur version des faits afin que l'Empereur échappe à une inculpation.»[3].

Exonération des membres des unités de recherche bactériologiques[modifier | modifier le code]

En raison d'un pacte conclu en 1948 avec Mac Arthur, Shiro Ishii et tous les membres de l'unité 731 et des unités affiliées ont reçu l'immunité judiciaire et n'ont pas comparu devant le Tribunal de Tokyo. En contrepartie, les États-Unis ont reçu des informations sur les tests menés sur les cobayes humains. Les informations recueillies ont été tenue secrètes et l'existence même des travaux a été cachée aux juges du Tribunal et aux autres nations alliées. Des membres de l'unité ont toutefois été condamnés par les Soviétiques lors d'un procès tenu à Khabarovsk en 1949[4].

Le remplacement de Mac Arthur[modifier | modifier le code]

Matthew Ridgway succéda à MacArthur quand celui-ci fut relevé par le président Truman pour insubordination pendant la guerre de Corée en avril 1951. Avec le traité de paix de San Francisco, le poste de SCAP disparut.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Dower, Embracing Defeat, 1999, p.326
  2. Herbert Bix, Hirohito and the making of modern Japan, 2001, p.545, 583, 585
  3. Bix, ibid. p. 583
  4. Hal Gold, Unit 731 Testimony, 2003, p. 108-113