Multiplication asexuée

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La multiplication asexuée est un mode de reproduction, qui — par opposition à la reproduction — correspond à la capacité des organismes vivants de se multiplier seuls, sans partenaire, sans faire intervenir la fusion de deux gamètes de sexes opposés[1]. On observe la multiplication asexuée chez les pluricellulaires (animaux et végétaux) et chez les organismes unicellulaires. En botanique, le terme souvent employé pour la multiplication asexuée des végétaux est multiplication végétative.

Différents modes de multiplication asexuée[modifier | modifier le code]

La multiplication asexuée s'effectue par différents processus. Dans certains cas la multiplication asexuée sera obligatoire (seul moyen de multiplication pour l'individu) ou sera facultative, en alternance avec la reproduction.

La mitose simple[modifier | modifier le code]

La mitose est une division cellulaire d'une cellule mère qui aboutit à deux cellules filles identiques. Ce processus est composé de quatre phases : la prophase, la chromatine se condense, puis la métaphase, les chromosomes se rassemblent, ensuite l'anaphase, les chromosomes homologues se séparent, et enfin la télophase, la cellule se divise en deux, c'est la cytodiérèse. C'est un mode de reproduction des unicellulaires. Exemple d'espèce qui pratique cette reproduction, la paramécie.

mitose simple chez une bactérie

Deux types de termes semblent être en lien avec ce mode de reproduction :

  • La fission binaire est un mode de multiplication notamment employé par les bactéries. C'est une division cellulaire avec apparition d'un sillon de séparation. Cette multiplication fait qu'une cellule mère devient deux cellules filles (transposition métaphorique ici). On peut calculer au bout de n générations le nombre d'individus créés par la règle de 2n.
  • Le clonage est un mode de multiplication asexuée qui consiste à copier le bagage génétique d'un individu pour en créer une copie conforme en un autre individu. Le mode s'applique facilement au monde bactérien ou végétal où il est naturel, mais beaucoup moins bien au monde animal.

La mitose multiple ou schizogonie[modifier | modifier le code]

C'est une mitose particulière, car il n'y a pas de cytodiérèse. À partir d'une cellule mère, elle aboutit à une grosse cellule comportant plusieurs noyaux appelée un syncytium. Il y a ensuite ouverture de la cellule mère qui relâchera alors de nombreuses cellules filles identiques donnant de nouveaux individus. C'est un mode de reproduction des unicellulaires.

Le bourgeonnement[modifier | modifier le code]

Le bourgeonnement est une différenciation de cellules totipotentes appelées néoblastes ou histoblastes. Ces cellules forment un amas cellulaire, le bourgeon, dans une zone de bourgeonnement. Cet amas donnera le futur individu appelé blastozoïte qui sera soit libre, on parlera alors de bourgeon de dissémination (Hydre), soit associé à l'animal parent, on parlera alors de bourgeon d'accroissement ou colonial (corail).

Reproduction par bourgeonnement d'une Hydre.

La scissiparité[modifier | modifier le code]

La scissiparité est la division d'un individu simple en deux individus strictement identiques, complets et stables.

La strobilation[modifier | modifier le code]

La strobilation est une segmentation spontanée et transversale du corps chez certains cnidaires et les helminthes.

Cas particulier de la polyembryonie[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la fragmentation d'un embryon unique obtenu par reproduction, une sorte de clonage embryonnaire qui se rapproche de la scissiparité. Un œuf sexué (zygote) donne ainsi par scissiparité plusieurs individus identiques.

C'est le cas chez des insectes ou chez quelques mammifères comme le tatou.

La polyembryonie peut être accidentelle. C'est un cas rare chez les humains, qui donne naissance aux jumeaux monozygotes (dits « vrais » jumeaux).

La multiplication asexuée par rapport à la reproduction[modifier | modifier le code]

Comparaison des deux types de reproduction[modifier | modifier le code]

Pour la multiplication asexuée, il n'y a pas besoin de fécondation, et donc pas besoin de partenaire. De ce fait, il n'y a pas de brassage génétique, alors que dans le cas de la reproduction, il y a combinaison du matériel génétique entre deux individus (sauf pour la parthénogenèse et cas particulier de l’auto-fécondation) et donc diversité génétique. D'autre part, la multiplication asexuée est rapide et faiblement coûteuse en énergie, l'espèce peut donc se reproduire dans des conditions extrêmes (température ou pH extrêmes, isolement d'un individu etc) et coloniser rapidement un milieu. Alors que la reproduction nécessite deux partenaires et demande beaucoup d'énergie.

Alternance de ces deux modes de reproduction[modifier | modifier le code]

Au cours du cycle de leur vie, certains êtres vivants pratiquent la multiplication asexuée ainsi que la reproduction en fonction de la période de l'année ou des conditions de vie. Par exemple, Obelia sp. (une méduse) alterne une phase benthique asexuée (quand elle est sous forme polype), qui se fait par bourgeonnement puis une phase pélagique sexuée quand elle est adulte (la forme méduse).

Différents modes de reproduction



Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jack Cohen, Reproduction, Butterworths

Voir aussi[modifier | modifier le code]