Pine Gap

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23° 47′ 56″ S 133° 44′ 13″ E / -23.799, 133.737 ()

Pine Gap vue depuis le Mount Gillen
Panneau avertisseur sur la route vers Pine Gap

Pine Gap est le nom donné habituellement à la station de suivi de satellites (Joint Defence Facility Pine Gap) située au sud-ouest de la ville d'Alice Springs dans le Territoire du Nord en Australie. Située en plein centre du pays, la base est gérée conjointement par l'Australie et les États-Unis, suite à un accord signé en 1966.

La station[modifier | modifier le code]

Ce vaste ensemble très certainement souterrain dans sa plus grande partie, abrite huit radômes et emploie plus de 800 personnes. Le personnel américain de la base fait semble-t-il le plus souvent partie de la National Security Agency (NSA) ou d'une de ses filiales et de la Central Intelligence Agency (CIA).

Les satellites d'interception électromagnétique (Rhyolite/Aquacade et Magnum/Orion), développés par la CIA de 1967 à 1985, étaient dirigés à partir de Pine Gap. Ils ciblaient la télémétrie, les ondes radio VHF, les téléphones cellulaires, les messages des pagers ainsi que les liaisons de données[1].

Le renversement du Premier ministre travailliste Gough Whitlam, en 1975, qui envisageait la fermeture de la base, aurait pu être lié à cette décision[2]. Whitlam fut renversé un mois avant le renouvellement du bail[2], et une commission d'enquête australienne révéla que la Nugan Hand Bank (en), dans laquelle travaillait de nombreux agents de la CIA, avait participé à la campagne de déstabilisation contre Whitlam et financé ses opposants[2].

Alors que son rôle fondamental n'est pas connu avec certitude, on considère comme possible que la base soit chargée de suivre les opérations des nombreux satellites espions américains. Par suite, elle a été quelquefois la cible de protestations notamment très récemment pendant la guerre d'Afghanistan.

Les explications de Ball[modifier | modifier le code]

En 1999, lorsque le gouvernement australien refusa de donner des explications à une commission du Sénat australien, celle-ci demanda au professeur Desmond Ball de l'Australian National University, expert en renseignement, d'exposer les grandes lignes de la base.

Selon le professeur Ball, depuis le 9 décembre 1966, jour où les gouvernements australiens américains ont signé l'accord de Pine Gap, la base est passée de ses deux antennes d'origine à 18 antennes en 1999. Le personnel employé sur la base a lui aussi augmenté passant d'environ 400 au début des années 1970, à 600 au début des années 1990 pour approcher les 1000 au début du XXIe siècle. La plus grande expansion du site a eu lieu à la fin de la guerre froide.

Il expliqua que le principal rôle de la station était le recueil et le traitement des informations recueillies par les satellites de renseignements géostationnaires, indiquant que quatre types de signaux étaient exploités :

  • la télémesure des armes de technologie avancée, comme les missiles balistiques, utilisée pour vérifier le respect des traités de limitation des armements ;
  • les signaux des radars anti-missiles et anti-aériens ;
  • les transmissions envoyées aux satellites de communication. ;
  • les émissions par micro-ondes telles que celles des appels téléphoniques à longues distances.

Il expliqua que la zone est partagée en trois secteurs : un secteur de suivi des satellites, un secteur de recueil des signaux et un secteur d'analyse des signaux d'où les Australiens avaient été écartés jusqu'en 1980. À l'heure actuelle, les Australiens n'ont pas accès seulement à la « National Cryptographic Room » (de même que les Américains n'ont pas accès à « l'Australian Cryptographic Room »).

Chaque matin une commission, le Joint Reconnaissance Schedule Committee, se réunit pour déterminer quels satellites seront surveillés pendant les prochaines 24 heures.

Avec la fermeture de la base de Nurrungar en 1999, une zone voisine de Pine Gap a été aménagée pour un centre de contrôle de l'armée américaine pour ses satellites Defense Support Program qui surveillent la chaleur dégagée par des missiles et doivent donner la première alerte en cas de lancement de missile balistique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Duncan Campbell (2001, rééd. 2005). Surveillance électronique planétaire, Éditions Allia, Paris, 2005, p.49. (Publication et traduction du rapport Interception Capabilities 2000, publié pour le Parlement européen par le Bureau d'Evaluation des Options Techniques et Scientifiques (STOA). Publication originale en anglais, 2000.
  2. a, b et c Fabrizio Calvi et Olivier Schmidt, Intelligences secrètes. Annales de l'espionnage, Hachette, 1988, p. 17-29

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]