Philippe Pichon

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Philippe Pichon est un lanceur d'alerte, ancien commandant de police et écrivain français, né 17 septembre 1969 à Nogent-sur-Marne, connu principalement pour avoir dénoncé le fonctionnement illégal et les irrégularités du Système de traitement des infractions constatées (STIC) qui lui a valu une mise à la retraite d'office à 42 ans par mesure disciplinaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière policière et écrivain[modifier | modifier le code]

Ayant passé et réussi le concours d'officier de paix, il est affecté en 1991 à Rosny-sous-Bois. En 1997, il devient chef de l'Unité mobile de sécurité de la Seine-Saint-Denis, service départemental en uniforme chargé de la lutte anticriminalité. Il intègre l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) en janvier 2000, comme chargé de recherches, et dirige une étude de sciences sociales sur les Tsiganes et gens du voyage. Il quitte ensuite la région parisienne et est affecté comme chef de groupe à l'Unité d'investigations et de Recherches au commissariat de Saint-Tropez où ses démêlés avec son commissaire, qu'il suspecte de "complaisance" avec le code de l'urbanisme, s'étalent à la Une des magazines. Il obtient un DESS de droit pénal (2004). En janvier 2003, il est affecté à l'Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) comme officier de liaison, poste qu'il quitte en septembre 2005 pour devenir adjoint au chef de la circonscription de sécurité publique de Coulommiers.

Il est l'auteur d'un essai, Voyage en Tsiganie. Enquête chez les nomades en France (Editions de Paris, 2002), de trois romans dont Un Pays vers le ciel (Dualpha, 2006), d'une biographie de Saint-John Perse (Plein Chant, 2004) et d'un recueil de poèmes, Ombre close (Les Presses Littéraires, 1999) Prix Antoine de Saint-Exupéry 1999 de l'Académie française. Son livre, L'Enfance violée (Flammarion, 2008) où il raconte le drame de sa vie, a connu un certain succès littéraire.

Il s'est fait connaître du grand public en mars 2007 avec la publication du livre Journal d'un flic chez Flammarion, ouvrage vendu à près de 40 000 exemplaires. Ce livre lui a valu une lettre de mise en garde de la part de sa hiérarchie pour manquement à l'obligation de réserve. Il a reçu le soutien de personnalités politiques de gauche, comme l'ancien Garde des Sceaux Robert Badinter ou le sénateur de Seine-Saint-Denis et maire de Neuilly-sur-Marne, Jacques Mahéas.

Lanceur d'alerte[modifier | modifier le code]

En 2008 il dénonce le fonctionnement illégal et les irrégularités du Système de traitement des infractions constatées en fournissant au site d'information Bakchich les fiches de Johnny Hallyday et Jamel Debbouze[1]. Une décision de mise à la retraite d'office en 2009 a été pris à son encontre[2] mais, le 5 mai de la même année, le tribunal administratif, siégeant en référé, a suspendu cette décision[3].

Par décision du 8 décembre 2011, le tribunal administratif de Melun a partiellement fait droit aux conclusions du commandant Pichon, notamment en annulant sa mutation-arbitraire de Coulommiers à Meaux et en condamnant le ministère de l'intérieur à 1 500 euros de dommages-intérêts, mais a rejeté son recours pour excès de pouvoir : au 9 décembre 2011, le commandant de police Philippe Pichon a été mis à la retraite d'office, à 42 ans, des cadres de la police nationale, par mesure disciplinaire, pour manquements graves à la discrétion professionnelle et au devoir de réserve, conséquemment à ses dénonciations publiques de la non mise à jour du fichier d'antécédents policiers, le STIC (Système de Traitement des Infractions constatées). Cette décision a été confirmée par la Cour administrative d'appel de Paris le 16 juin 2013 alors même que dans ses rapports annuels 2009 et 2011, la CNIL parvient aux mêmes observations critiques que cet ex-officier de police. Philippe Pichon s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État. L'affaire est, à ce jour, toujours pendante.

Également poursuivi devant le tribunal correctionnel pour violation de secret professionnel, Philippe Pichon a été condamné le 22 octobre 2013 a une peine symbolique de 1 500 euros avec sursis, le tribunal constatant que les faits qui lui sont reprochés sont partiellement motivés par les convictions d’intérêt public et ne prononçant aucune peine complémentaire d'interdiction professionnelle[4].

Philippe Pichon à la suite de ces événements a été qualifié par la presse de lanceur d'alerte, comparable à Irène Frachon ou Edward Snowden[5],[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Ombre close, poèmes, préface Yves Duteil, Les Presses Littéraires, 1999 ;
  • Voyage en Tsiganie. Enquête chez les nomades de France, essai, Éditions de Paris, 2002 ;
  • À contre-silence, roman, Noir & Blanc (Toulouse), 2003 ;
  • Saint-John Perse, biographie, Plein Chant, 2004 ;
  • Un Pays vers le ciel, roman, Dualpha, 2006 ;
  • Le Pain d'ortie, roman, Dualpha, 2006 ;
  • Journal d'un flic, essai, Flammarion, 2007 ;
  • Le Cas Céline, essai, Dualpha, 2007 ;
  • L'Enfance violée, essai, Flammarion, 2008 ;
  • Une mémoire policière sale, avec Frédéric Ocqueteau, essai, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2010
  • La Tentation anarchique, essai, Jean-Paul Rocher Éditeur, 2010
  • La face cachée de Saint-Tropez, essai, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un policier Balance, Florence Aubenas, Le Nouvel Observateur, N°2312, 26/2/2009
  2. http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/2009-03/un-policier-puni-pour-avoir-detourne-un-fichier-4864912.html
  3. ordonnance du juge des référés, M. Brenet, no 0902814/2, Tribunal administratif de Melun, 5 mai 2009; confirmation par ordonnance du juge des référés, M. Brenet, n°0902814/2, Tribunal administraif de Melun, 22 juin 2009
  4. La clémence du tribunal de Paris envers l'ex-flic Pichon qui avait dénoncé les fichiers de police
  5. Les lanceurs d'alerte : héros des temps modernes ?, Le Nouvel Observateur, 13/7/2013
  6. Philippe Pichon, ex-flic « trop légaliste », Médiapart, 21/8/2013