Ophiocordyceps sinensis

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Ophiocordyceps sinensis[1], aussi appelé « champignon chenille » ou yarsagumbu (littéralement, ver d'hiver, plante d'été) en tibétain, est un champignon ascomycète de la famille des cordycipitacées originaire du plateau tibétain (Tibet, Chine (Qinghai, ouest du Sichuan, sud-ouest du Gansu et nord-ouest du Yunnan), Himalaya, Népal et Bhoutan).

Description[modifier | modifier le code]

C'est un parasite de la larve d'un lépidoptère du genre Thitarodes. Il tue l'insecte, le momifie, puis le cordyceps pousse à partir du corps de l'insecte. Il produit des stromas jaune-orangé.

À l'extrémité se trouve la partie fertile qui libère des ascospores qui sont susceptibles d'être absorbées par de nouvelles chenilles au cours de leur alimentation. Si cette contamination a lieu, un mycélium se développe en endoparasite dans le corps de la chenille, l'envahissant totalement et finissant par la tuer. C'est à partir de cette masse mycélienne que le stroma s'organise alors, traversant le corps de la chenille du coté de la tête, et apparaissant enfin à la surface du sol, permettant la poursuite de ce cycle parasitaire. L'ensemble - corps de la chenille momifiée et sa tige - fait moins de dix centimètres. Il se rencontre essentiellement à des altitudes de plus de 4 000 mètres.

Propriété[modifier | modifier le code]

Il est connu comme champignon médicinal aphrodisiaque et son utilisation a une longue histoire dans la médecine traditionnelle chinoise ainsi que la médecine traditionnelle tibétaine[2],[3]. Au Tibet, il est utilisé depuis plus de 500 ans comme tonifiant, il est utilisé en médecine tibétaine pour traiter des personnes présentant certaines affections cardiaques et rénales, ainsi que pour accroitre la virilité masculine. On rencontre son utilisation en Chine depuis les années 1730[4].

On en extrait la cordycépine qui a une action anticancéreuse.

Économie[modifier | modifier le code]

Au Tibet, le yartsa gunbou s'est développé pour devenir la source la plus importante de revenus en espèces dans les régions rurales contribuant pour 40 % au revenu annuel des ménages locaux et de 8,5 % du PIB en 2004. Les prix n'ont cessé d'augmenter, surtout depuis la fin des années 1990. En 2008, un kilogramme se négociait entre 3000 $ (moins bonne qualité) et 18 000 dollars (meilleure qualité, les plus grosses larves). La production annuelle sur le plateau tibétain est estimé à une centaine de tonnes.

Sa valeur lui a donné un rôle dans la guerre civile népalaise, les maoïstes népalais et les forces gouvernementales se sont battus pour le contrôle de ce commerce d'exportation lucratif. La collecte du yarchagumba au Népal a seulement été légalisée en 2001. La demande est la plus élevée dans les pays comme la Chine, la Thaïlande, la Corée et le Japon.

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  1. (en) Sung, G.H., Hywel-Jones, N.L., Sung, J.M., Luangsa-Ard, J.J., Shrestha, B. & Spatafora, J.W., 2007. Stud Mycol. Phylogenetic classification of Cordyceps and the clavicipitaceous fungi. Studies in Mycology, 57 (1), 5-59. DOI:Résumé
  2. Die Pilzzeitung 2007 en ligne (de)
  3. [http://www.danielwinkler.com/caterpillar_fungus_in_tibet.htm Daniel Winkler Yartsa Gunbu Ophiocordyceps sinensis (en)
  4. David Winston, Steven MaimesAdaptogens: Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief, p 151-152

Lien externe[modifier | modifier le code]