Massacre de Biscari

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Massacre de Biscari

Date 14 juillet 1943
Lieu Biscari, Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d’Italie
Victimes Drapeau de l'Italie Prisonniers de guerre italiens
Drapeau de l'Allemagne Prisonniers de guerre allemands
Morts 76
(dont 74 Italiens et 2 Allemands)
Auteurs Drapeau des États-Unis États-Unis
Guerre Seconde Guerre mondiale
Coordonnées 37° 01′ 00″ N 14° 30′ 00″ E / 37.016666666667, 14.537° 01′ 00″ Nord 14° 30′ 00″ Est / 37.016666666667, 14.5  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Massacre de Biscari

Le massacre de Biscari décrit deux incidents de la Seconde Guerre mondiale dans lesquels des troupes américaines ont été impliquées dans le meurtre de prisonniers de guerre désarmés allemands et italiens à Biscari, dans la province de Raguse, au sud de la Sicile en 1943.

Massacre[modifier | modifier le code]

Après la prise de l'aérodrome de Biscari le 14 juillet 1943 pendant l'invasion alliée de la Sicile (Opération Husky), les troupes américaines du 180e régiment de combat de la 45e division (180th Regimental Combat Team, 45th (Thunderbird) Division) assassinent 74 Italiens et deux prisonniers de guerre allemands. Les massacres ont eu lieu dans deux incidents distincts entre juillet et août 1943. Le premier incident concerne le meurtre de 34 Italiens et deux Allemands, tandis que la seconde porte sur 40 Italiens[1],[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Mis au courant du massacre, le général Omar Bradley, à son tour, informe le général George S. Patton que des éléments des troupes américaines avaient tué environ 50 à 70 prisonniers de sang-froid. Patton a noté sa réponse dans son journal:

« I told Bradley that it was probably an exaggeration, but in any case to tell the officer to certify that the dead men were snipers or had attempted to escape or something, as it would make a stink in the press and also would make the civilians mad. Anyhow, they are dead, so nothing can be done about it[3].
Traduction : J'ai dit à Bradley que c'était probablement une exagération, mais en tout cas il faut demander à l'officier de certifier que les morts étaient des franc-tireurs ou avaient tenté de s'évader ou quelque chose de ce genre, que cela ferait mauvaise presse dans les médias et rendrait les civils furieux. Quoi qu'il en soit, ils sont morts, alors rien ne peut être fait à ce sujet »

Bradley a refusé les instructions de Patton.
Bien que ces crimes de guerre ont été passés sous silence par la hiérarchie militaire, il y eut une procédure en cour martiale contre deux soldats américains impliqués.
Pour le premier incident, l'armée a chargé le sergent Horace T. West. West a admis qu'il avait participé à la fusillade, et a donc été reconnu coupable. Il est dégradé et condamné à la prison à vie. Plus tard, il sera libéré à titre privé.

Pour le deuxième incident, la cour martiale implique le capitaine John T. Compton pour le meurtre de 40 prisonniers de guerre. Celui-ci a affirmé avoir suivi les ordres. Bien que l'officier-enquêteur et le juge-avocat ont déclaré que les actions de Compton étaient illégales, la cour martiale l'acquitte. Compton est transféré dans un autre régiment où il meurt un an plus tard au combat en Italie. À l'époque, beaucoup ont vu la différence dans le traitement des officiers et sous-officiers comme un cas évident d'injustice.

En outre, l'armée n'a tenu ni Patton, ni le commandant d'unité, le colonel E. Cookson, responsable de ce massacre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rick Atkinson, The Day of Battle: The War in Sicily and Italy, 1943-1944 (The Liberation Trilogy), New York, Henry Holt and Co.,‎ 2007, 1e éd. (ISBN 978-0-8050-6289-2, LCCN 2007007653), p. 119
  • (it) Giovanni Bartolone, Le altre stragi. Le stragi alleate e tedesche nella Sicilia del 1943-1944, Bagheria, Tipografia Aiello & Provenzano,‎ 2005
  • (en) Douglas Botting, Ian Sayer, Hitler's Last General: The Case Against Wilhelm Mohnke, London, Bantam Books,‎ 1989 (ISBN 978-0-593-01709-8), p. 354–359
  • (en) Christopher Robbins, Test of Courage: The Michel Thomas Story, New York, Simon & Schuster,‎ 2000, 1e éd. (ISBN 978-0-7432-0263-3, LCCN 00037634)
  • (en) James Weingartner, « Massacre at Biscari: Patton and An American War Crime », The Historian, vol. LII, no 1,‎ novembre 1989, p. 24–39

Source de traduction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Weingartner 1989, p. 24-39
  2. Robbins 2000, p. 274-276
  3. Atkinson 2007, p. 119.