Louis Vauxcelles

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Louis Vauxcelles, 1909 (Jules Chéret)

Louis Vauxcelles, né Louis Mayer en 1870, mort en 1945, est un des critiques d'art français les plus influents du début du XXe siècle. Il donnera son nom au fauvisme et plus tard au cubisme. Il a utilisé les pseudonymes : Pinturricho, Vasari, Coriolès, Critias[1].

D'un esprit très conservateur, il ne comprit jamais les démarches avant-gardistes, et tenta avec acharnement de discréditer la cause cubiste.

Il contribue à divers journaux dont L'Art et la Vie, avant de tenir, à partir de 1904, la rubrique artistique du Gil Blas, où il publie des articles sur les expositions parisiennes. C'est de ses assertions dans ce quotidien que naît l'appellation du fauvisme (« C'est Donatello dans la cage aux fauves », octobre 1905), puis du cubisme (« M. Braque [...] réduit tout, sites figures maisons, à des schémas géométriques, à des cubes », novembre 1908).

Son rejet de toute innovation le conduit à émettre des critiques acerbes qui font souvent passer l'analyse au second plan. Qualifiant Fernand Léger de « Tubiste » suite au Salon des indépendants de 1911, il n'est pas moins décontenancé par l'exposition de la Section d'or et Le Roi et la Reine entourés de nus vite par Marcel Duchamp qui lui font dire : « le cubiste traversé ou non par des nus en vitesse, c'est Chocarne-Moreau un peu "bu" »[2].

Picasso fut sans doute le moins épargné, bien que Vauxcelles ne connaisse pas ses œuvres : « J'ai crainte que le mystère dont s'entoure Picasso ne serve sa légende. Qu'il fasse une exposition [...] nous le jugerons. André Salmon le compare à Goethe. C'est bien grave... »[3]. Et suite aux expositions du Salon des indépendants et d'automne de 1911, il traite celui-ci de « Ubu-Kub », insinuant que sa peinture est « une entreprise dirigée par les Allemands, contre la peinture française »[4]. Ce à quoi Picasso répond par le Bouillon Kub en 1912. Vauxcelles fut à l'origine d'une rumeur qui laissait entendre que le cubisme n'est que l'application des idées de vulgarisation sur la géométrie non euclidienne et les théories de Riemann émises par Maurice Princet : « M Picasso expliqua ses intentions à M Apollinaire, lequel s'empressa de de les rédiger en formulaires et de les codifier. La chose s’ébruita, se propagea. Le cubisme, enfant de M. Princet, était né. »[5].

Ses archives sont déposées à l'Institut national d'histoire de l'art[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas W. Gaehtgens (de), Mathilde Arnoux, Friederike Kitschen, Perspectives croisées : la critique d'art franco-allemande 1870-1945, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2009, p. 578
  2. Pierre Cabanne, L'Épopée du cubisme, La Table Ronde, 1963, p. 203
  3. Les Arts, 1912, cité par Pierre Daix, Pour une histoire culturelle de l'art moderne : de David à Cézanne, volume 2, Odile Jacob, 2000, p. 118
  4. Pierre Daix, Pour une histoire culturelle de l'art moderne : de David à Cézanne, volume 2, Odile Jacob, 2000, p. 140
  5. Pinturricho, « Le carnet des ateliers : le père du cubisme », Le Carnet de la semaine, 29 décembre 1918, p. 11
  6. INHA, archives Louis Vauxcelles (archives 80)