Lionel Logue

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Lionel Logue

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Portrait de Lionel Logue vers 1930

Naissance 26 février 1880
Adelaide, Australie-Méridionale (Drapeau de l'Australie Australie)
Décès 12 avril 1953 (73 ans)
Londres (Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni)
Champs Orthophonie (de 1902 à 1953)
Institutions British Society of Speech Therapists
College of Speech Therapists
Diplôme aucun (autodidacte)
Renommé pour traitement du bégaiement du roi britannique George VI

Lionel George Logue, CVO (26 février 1880 à Adélaïde, Australie-Méridionale - 12 avril 1953 à Londres) est un orthophoniste australien spécialiste en élocution.

Il acquit surtout une grande notoriété, en 2010 (2011 en France), lors de la sortie du film Le Discours d'un roi écrit par David Seidler et réalisé par Tom Hooper, dont le scenario avait pour thème son traitement du bégaiement du roi George VI, qu'il soigna avec succès grâce aux méthodes peu orthodoxes qu'il utilisait.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lionel Logue, aîné d'une famille de quatre enfants, est né à Adélaïde. Ses parents sont George Edward Logue, commis puis brasseur, et son épouse, née Lavinia Rankin. Il suit une formation scolaire au Prince Alfred College de 1889 à 1896. C'est à cette école qu'il suit la formation en élocution d'Edward Reeves, perdant ainsi en grande partie son accent australien. À partir de 1902, il travaille pour Reeves comme secrétaire et comme aide enseignant, tout comme il étudie la musique au Elder Conservatorium de l'Université d'Adélaïde. Plus tard, il travaille dans une mine d'or à Kalgoorlie, Australie-Occidentale[1].

Il commence sa carrière en tant que spécialiste en élocution à Perth, en Australie-Occidentale. En plus d'enseigner l'élocution, l'art de jouer et le parler en public, il organise des événements tels que des pièces de théâtre et des récitations. Il fonde également un club de parleurs publics.

Logue en compagnie de Myrtle Gruenert au moment de leur mariage à Perth en 1906.

Logue épouse Myrtle Gruenert, une commise de 21 ans, à la St George's Anglican Cathedral à Perth le 20 mars 1907. Ils auront trois enfants.

En 1911, Logue fait le tour du monde. Réformé pour une blessure au genou, il entre en contact avec des soldats de la Première Guerre mondiale en Europe et met au point des traitements pour soigner les anciens combattants souffrant d'obusite à cause des explosions des bombes et obus sur les champs de bataille[2]. En plus des exercices physiques, qui facilitent la respiration des patients, Logue met l'accent sur l'humour, la patience et la « compassion surhumaine[trad 1] ».

En 1924, il s'installe à Londres, accompagné de son épouse et de ses trois fils, pour y faire fortune. Il offre ses services à des écoles d'enfants bègues mais ses revenus restent modestes. Il décide alors d'ouvrir un cabinet de thérapeute, au 146, Harley Street, à Londres. Il utilise les honoraires de ses clients fortunés pour donner des soins aux clients peu nantis. En 1935, Logue est cofondateur de la British Society of Speech Therapists. Lorsque sa clientèle se réduit pendant la Seconde Guerre mondiale, il surveille, trois nuits par semaine, le ciel de Londres pour alerter des attaques aériennes. C'est l'un des fellows fondateurs du College of Speech Therapists, en 1944.

Logue fut adepte[3] de la Science chrétienne pendant la plus grande partie de sa carrière professionnelle et au moins jusqu'à la mort de sa femme en 1945, date à laquelle il s'intéressa au spiritisme. Il est mort le 12 avril 1953 à Londres, et ses restes ont été incinérés.

Traitement de George VI[modifier | modifier le code]

Avant d'accéder au trône, le duc d'York, futur Georges VI, craignait d'apparaître en public, en raison d'un bégaiement sévère depuis l'âge de huit ans, bégaiement qui s'était aggravé vers 1920[4]. Son discours de clôture de la British Empire Exhibition à Wembley le 31 octobre 1925 est un supplice tant pour l'orateur que pour le public. Cette expérience lui donne le courage de surmonter son bégaiement, et il engage alors Logue[5].

Il existe plusieurs versions sur la rencontre entre le duc et le thérapeute, la plus étonnante est qu'ils aient été présentés par l'actrice Evelyn Laye (en), ancienne patiente de Logue. Quatre-vingt-deux séances ont eu lieu entre la première consultation le 10 octobre 1926 et celle du 22 décembre 1927, ce qui coûta au duc 172 livres, soit l'équivalent d'environ 11 000 euros actuels[6]. Ayant diagnostiqué une mauvaise coordination entre le larynx et le diaphragme thoracique, Logue prescrivit des exercices vocaux d'une heure par jour. Les traitements de Logue facilitèrent la détente musculaire du duc d'York[7] et réduisirent les spasmes provoqués par certains muscles. Le duc parvint ainsi à réduire le nombre de ses hésitations pendant ses discours. En 1927, il parla avec une relative aisance et prononça sans bégaiement son discours d'ouverture du parlement australien à Canberra[8],[9].

Logue a continué de travailler avec le duc d'York tout au long des années 1930 et 1940. Il a recours à des virelangues[10] pour aider le roi à se préparer à ses discours lors de moments importants, dont son couronnement et les discours radiophoniques à l'Empire britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les deux hommes sont demeurés amis jusqu'à la mort du roi, Logue passant notamment le réveillon avec la famille royale avant d'affronter avec Georges VI le discours radiodiffusé de fin d'année. Le roi a reconnu leur amitié en lui remettant l’Ordre royal de Victoria, lui donnant le rang de Membre (MVO) le 11 mai 1937. Logue a été élevé au rang de Commander (CVO) en 1944.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Logue est incarné par Geoffrey Rush dans le film Le Discours d'un roi sorti en 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  1. (en) « superhuman sympathy »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Suzanne Edgar, « Logue, Lionel George (1880 - 1953) », Australian Dictionary of Biography (publié par l’Australian National University (consulté le 2010-12-17)
  2. (en) « Stuttering and The King's Speech », The Stuttering Foundation (consulté le 2010-12-17)
  3. (en) « Lionel Logue and the Christian Science question »
  4. (en) Margaret Drabble, « Public Speech and Public Silence », The British Stammering Association (consulté le 2010-12-17)
  5. (en) Arthur Bousfield et Garry Toffoli, Queen Elizabeth the Queen Mother, 1900-2002: The Queen Mother and Her Century, Dundurn Group (Californie),‎ 2002 (ISBN 1550023918, lire en ligne), p. 50
  6. Peter Conradi (en), « La vraie histoire de l'homme qui sauva la voix du roi », sur Lefigaro.fr,‎ 26 février 2011
  7. (en) Carolly Erickson, Lilibet: An Intimate Portrait of Elizabeth II, St. Martin's Press,‎ 2005 (ISBN 0312339380, lire en ligne), p. 15
  8. (en) National Film and Sound Archive: Official Opening of Canberra by His Royal Highness the Duke of York 1927
  9. (en) William Shawcross, The Queen Mother: The Official Biography, Knopf Doubleday Publishing Group,‎ 2009 (ISBN 1400043042, lire en ligne), p. 460
  10. Selon Sreedharan (2007), p. 100, deux des virelangues étaient « Let's go gathering healthy heather with the gay brigade of grand dragons » et « She sifted seven thick-stalked thistles through a strong, thick sieve ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark Logue et Peter Conradi, The King's Speech: How One Man Saved the British Monarchy, Londres, Quercus,‎ novembre 2010 (ISBN 0 857 38110 5) (Mark Logue est le petit-fils de Lionel).
  • Mark Logue, Peter Conradi (trad. Suzy Borello, Raymond Clarinard, Caroline Lee), Le Discours d'un roi, l'histoire de l'homme qui sauva la monarchie britannique, Plon,‎ 2011 (ISBN 978-2-288-08072-3[à vérifier : isbn invalide])
  • (en) « Logue, Lionel George », sur Australian Dictionary of Biography
  • (en) Rhodes James Robert, A Spirit Undaunted: The Political Role of George VI, Londres, Little, Brown and Co,‎ 1998 (ISBN 0 316 64765 9)
  • (en) M. St Claire, An Australian Cures Defect in King's Speech, The Australian Women's Weekly, 2 janvier 1937, p. 12.
  • Chance Meeting Led to Cure of King's Stutter, The Sydney Morning Herald, 11 février 1952, p. 3.
  • (en) E. Moses et E. M. Foley, The King's Speech, The Sydney Morning Herald, 24 décembre 1936, p. 5.
  • (en) T. Darbyshire, The Duke of York: an intimate and authoritative life story of the second son of Their Majesties the King and Queen by one who has had special facilities, and published with the approval of His Royal Highness, Hutchinson, Londres, 1929.
  • (en) N. Sreedharan, Thought-Provoking Quotations, Sura Books, Chennai, 2007.

Liens externes[modifier | modifier le code]