Morton Feldman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Feldman.

Morton Feldman

Description de cette image, également commentée ci-après

Morton Feldman, Amsterdam 1976

Naissance 12 janvier 1926
Manhattan (New York), États-Unis
Décès 3 septembre 1987 (à 61 ans)
Buffalo, États-Unis
Activité principale Compositeur
Style Musique contemporaine
Collaborations John Cage
Maîtres Wallingford Riegger et Stefan Wolpe
Enseignement Université de Buffalo

Morton Feldman (né le 12 janvier 1926 à Manhattan[1] – mort le 3 septembre 1987 à Buffalo) est un compositeur américain. Il est particulièrement connu pour ses pièces instrumentales qui furent souvent composées pour des groupes inhabituels d'instruments.

Biographie[modifier | modifier le code]

Morton Feldman étudie le piano avec Vera Maurina-Press, une élève de Ferruccio Busoni, et plus tard la composition avec Wallingford Riegger et Stefan Wolpe. Il est souvent en désaccord avec certains points de vue de ses professeurs de composition et se querelle avec eux. Feldman compose déjà à cette époque, mais dans un style très différent de celui avec lequel il sera plus tard associé.

En 1950, il assiste à un concert du New York Philharmonic où l'on donne une représentation de la Symphonie op. 21 d'Anton Webern. Lors du concert, il rencontre John Cage. Les deux musiciens deviennent amis et Feldman emménage au rez-de-chaussée de l'immeuble où vit alors Cage. Sous son influence, Feldman commence à écrire des pièces n'ayant plus de relation avec les systèmes compositionnels contraignants du passé, comme l'harmonie ou le sérialisme. Il expérimente des systèmes de notation inédits, utilisant des grilles dans ses partitions, et spécifiant comment les notes doivent être jouées à un certain moment, sans indiquer lesquelles. Ses expériences utilisant le hasard dans la musique s'inspiraient du travail de Cage dans le domaine de la musique aléatoire tel que dans Music of Changes, où les notes qui devaient être jouées étaient choisies en consultant le Yì Jīng. Par l'intermédiaire de Cage, Feldman rencontre plusieurs figures importantes de la scène artistique new-yorkaise, parmi lesquelles Jackson Pollock, Philip Guston, Frank O'Hara et Yoko Ono. Il trouve l'inspiration dans les peintures de l'expressionnisme abstrait durant les années 1970 et écrit de longues pièces de vingt minutes, dont Rothko Chapel (1971, écrite selon la construction du même nom qui fut décorée par Mark Rothko) et For Frank O'Hara (1973). En 1977, il compose l'opéra Neither sur un livret de Samuel Beckett.

En 1973, à l'âge de 47 ans, Feldman devient professeur titulaire de la chaire Edgard Varèse de l'université de Buffalo.

Il commence à composer de très longues œuvres, souvent en un seul mouvement, d'une durée minimale d'une demi-heure mais souvent bien plus longues encore. Parmi ces œuvres, on trouve Violin and String Quartet (1985, 2 heures), For Philip Guston (1984, environ 4 heures) et, la plus longue, String Quartet II (1983), qui dure près de cinq heures sans interruption. La première interprétation complète en fut donnée au Cooper Union, à New York en 1999 par le Quatuor Flux (en), qui l'enregistra en 2003 (durée 6 heures 7 minutes). Dans leur continuité, ces pièces ne changent pas de mode et se caractérisent par des superpositions imperceptibles de sons, le tout dans un climat de quiétude sonore. À la fin de sa vie ces sonorités calmes devinrent son seul centre d'intérêt musical.

Peu avant sa mort d'un cancer du pancréas, en 1987, dans sa maison de Buffalo, Morton Feldman a épousé la compositrice Barbara Monk.

Œuvres (sélection)[2][modifier | modifier le code]

  • Piece for Violin and Piano (1950) pour piano et violon
  • Projection II (1951) pour flûte, trompette, piano, violon, violoncelle
  • Structures (1951) pour quatuor à cordes
  • Extensions II (1952) pour piano
  • Intersection IV (1953) pour violoncelle
  • Composition (1959) pour 15 instruments
  • Vertical Thoughts I (1963) pour deux pianos
  • De Kooning (1963) pour cor, piano, percussion, violon et violoncelle
  • Four Instruments (1964) pour jeu de cloches, piano, violon et violoncelle
  • The Viola in my Life I (1970) pour alto solo, flûte, percussion, piano, violon et violoncelle
  • The Viola in my Life II (1970) pour alto solo, flûte, clarinette, percussion, piano, violon et violoncelle
  • The Viola in my Life III (1970) pour alto et piano
  • The Viola in my Life IV (1971) pour alto solo et orchestre
  • Three Clarinets, Cello and Piano (1971) pour trois clarinettes, violoncelle et piano
  • The Rothko Chapel (1971) pour deux voix, chœur, percussion, célesta, alto
  • Cello and Orchestra (1972) pour violoncelle solo et orchestre
  • For Franck O'Hara (1973) pour flûte, clarinette, percussion, piano, violon et violoncelle
  • Neither (1977) opéra en un acte sur un texte de Samuel Beckett pour soprano et orchestre
  • Why Patterns ? (1978) pour glockenspiel, piano et violon
  • String Quartet (1979) pour quatuor à cordes
  • Triadic Memories (1981) pour piano
  • For John Cage (1982) pour piano et violon
  • Three voices (1982) pour trois voix nues
  • String Quartet II (1983) pour quatuor à cordes
  • Piano and String Quartet (1985) pour piano et quatuor à cordes
  • Coptic Light (1986) pour orchestre
  • For Samuel Beckett (1987) pour orchestre de chambre
  • Piano, Violin, Viola, Cello (1987) pour piano, violon, alto et violoncelle

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Morton Feldman sur le site de l'Ircam
  2. Morton Feldman, Écrits et paroles, L'Harmattan, 1998 (ISBN 2-7384-7157-9) ; réédition Dijon, Les presses du réel, 2008 (ISBN 978-2-84066-250-1) p.435 à 442

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Écouter[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Morton Feldman, Écrits et paroles, L'Harmattan, 1998 (ISBN 2-7384-7157-9) ; réédition Dijon, Les presses du réel, 2008 (ISBN 978-2-84066-250-1)
  • Catherine Costello Hirata, « The Sounds of the Sounds Themselves: Analyzing the Early Music of Morton Feldman », Perspectives of New Music 34, n°1, hiver 1996, p. 6-27
  • Philip Gareau, La musique de Morton Feldman ou le temps en liberté, Paris, L'Harmattan, 2006.
  • Guillaume Belhomme, For Bunita Marcus / Morton Feldman, Marseille, Le mot et le reste, 2008.