La Complainte du progrès

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La Complainte du progrès est une chanson de Boris Vian pour les paroles, et d'Alain Goraguer pour la musique, créée en 1956.

La chanson[modifier | modifier le code]

Le batteur à manivelle nommé « tourniquette » par Boris Vian

La Complainte du progrès est célèbre notamment pour ses énumérations de biens de consommation fantaisistes, avec des jeux de langage et des inventions comme : « Mon armoire à cuillères, mon cire-godasse, mon repasse-limace, mon tabouret à glace, la tourniquette à faire la vinaigrette, le ratatine-ordure, le coupe-friture, le chauffe-savates, l’éventre-tomate, le canon à patates, l’écorche-poulet, le chasse-filou, le lit-qu’est-toujours-fait ». La chanson est une critique satirique de la société de consommation qui commence alors à se développer en France. Une attitude chaudement saluée par l'équipe d'Arts[1] au moment du Salon des arts ménagers organisé du 23 février au 18 mars 1956

Elle portait à l'origine le titre Arts ménagers. Insérée dans le 33 tours 25 cm intitulé Chansons possibles et impossibles qui sort en 1956, elle est utilisée par le service de promotion de Philips qui envoie Boris assurer la publicité de son disque au Salon des arts ménagers[2].

Caricature très drôle, elle condamne l'importance des objets par rapport à celle des individus[3].

Boris Vian y déplore le matérialisme d'une compagne qui, en guise de témoignage d'affection, réclame des objets. Alors qu'« Autrefois pour faire sa cour, On parlait d'amour, Pour mieux prouver son ardeur, On offrait son coeur... Ah Gudule, viens m'embrasser, et je te donnerai... » (suit l'énumération d'objets fantaisistes)[4].

La composition[modifier | modifier le code]

Un orchestre de jazz accompagne la voix de Boris Vian. Cet orchestre de jazz est composé d’instruments acoustiques, et non électriques. Il est divisé en deux sections : la section rythmique (batterie, piano, contrebasse) et la section mélodique (voix, trombone, flûte traversière, trompettes, saxophone, claviers-xylophone, violon...). La flûte traversière et les saxophones ont souvent un rôle de contrechant, la trompette ponctue régulièrement les fins de phrase, le piano accompagne avec des accords ou ponctue certaines phrases.

La voix est une voix chantée, mais parfois proche de la voix parlée. Le tempo est libre, sans pulsation bien régulière.

L'enregistrement de la chanson a été réalisé en prise directe, technique d’enregistrement habituelle des années 1950. Le support d'origine est le disque vinyl 78 tours.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Boggio, p. 413
  2. Boggio, p. 414
  3. Gilbert Pestureau 1978, p. 92
  4. Dominique Rabourdin 2005, p. 167-171

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]