Jules Bonnot

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Jules Bonnot en 1909.

Jules Joseph Bonnot est un anarchiste français, né le 14 octobre 1876 et mort le 28 avril 1912. Il fut le meneur de ce que la presse appela la « bande à Bonnot », un groupe illégaliste ayant multiplié les braquages et les meurtres en 1911 et 1912.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse difficile[modifier | modifier le code]

Jules Joseph Bonnot naît à Pont-de-Roide (Doubs) le 14 octobre 1876. Sa mère meurt le 23 janvier 1887 à Besançon alors qu’il n'a que dix ans. Le père de Jules, ouvrier fondeur, analphabète, doit alors assumer seul l’éducation du garçon. Les études de ce dernier se passant mal, il abandonne vite l’école.

À quatorze ans, il entre en apprentissage. Il n’est pas très motivé par ce travail pénible et se dispute souvent avec ses patrons successifs. En 1891, à quinze ans, Bonnot est condamné pour la première fois pour pêche avec engin prohibé, puis en 1895 à la suite d'une bagarre dans un bal. Il se marie après son service militaire en 1901 avec Sophie, une jeune couturière, avec laquelle il part pour Genève. Son frère aîné Justin Louis se suicide par pendaison en 1903 à la suite d'une déception amoureuse[1].

Engagement anarchiste[modifier | modifier le code]

Jules Bonnot, sa femme Sophie et son fils Louis Justin (photo d'avant 1906).

Héritier des Apaches, c’est à la Belle Époque que Bonnot commence à militer pour l’anarchisme. Il se fait renvoyer des chemins de fer de Bellegarde à suite de son engagement syndical et politique, désormais plus personne n’accepte de l’engager. Il décide alors de partir pour la Suisse. Il trouve un poste de mécanicien à Genève et sa femme tombe enceinte. Mais l’enfant, Émilie, meurt quelques jours après l’accouchement. Bonnot milite toujours pour l’anarchisme et acquiert une réputation d’agitateur. Il est alors expulsé de Suisse[1].

Ses dons en mécanique lui permettent cependant de retrouver rapidement un emploi chez le grand constructeur automobile Berliet de Lyon. En février 1904 sa femme accouche d’un second enfant, Louis Justin. Les convictions politiques de Bonnot restent vivaces : dénonçant les injustices et menant des grèves, il s’attire les foudres des patrons. Il décide alors de quitter Lyon pour Saint-Étienne. Dès cette époque, il est fiché par la police comme « très violent et méchant »[2].

À Saint-Étienne, il est mécanicien dans une firme reconnue. Il loge avec sa famille chez le secrétaire de son syndicat, Besson, qui devient l’amant de sa femme. Pour échapper à la colère de Bonnot, Besson part en Suisse avec Sophie et son fils. Quant à Bonnot, son engagement est toujours plus fort. Il perd son emploi et devient, comme bien d’autres à cette époque, un chômeur miséreux. De 1906 à 1907, il commet quelques casses avec Platano, son bras droit, s'exerçant notamment à l'ouverture de coffres forts, ce qui lui permet d'ouvrir deux ateliers de mécanique à Lyon, les voitures et motos qu'il répare lui permettront la nuit de réaliser ses braquages[2]. En 1910, il se rend à Londres pour y rencontrer des cellules anarchistes et serait devenu le chauffeur de Sir Arthur Conan Doyle (ou d'Ashton Wolfe, ami et collaborateur du romancier[3]), grâce à ses talents de chauffeur qui lui seront plus qu’utiles dans son aventure illégaliste. Signalons que ce fait est controversé : certaines biographies de Bonnot y font bien référence, mais aucune de Conan Doyle ne confirme ce point. Edmond Locard rapporte, quant à lui, que Conan Doyle, alors qu'il visitait son laboratoire de police scientifique à Lyon, tomba en arrêt devant un portrait et s'écria : « Mais c'est Jules, mon ancien chauffeur ! »[4].

Débuts de la bande à Bonnot[modifier | modifier le code]

Fin 1910 de retour à Lyon, il utilise l’automobile (une De Dion-Bouton) comme technique criminelle, une innovation, alors que les policiers et gendarmes se déplacent encore à cheval ou à vélo.

La police le recherche et il quitte précipitamment Lyon avec Platano. En cours de route, il tue Platano dans des circonstances qui restent peu claires : selon la version qu’il donnera à ses futurs complices, Platano se serait grièvement blessé avec son revolver par accident, et il l’aurait achevé pour lui éviter de souffrir. Comme le note Alphonse Boudard[5], Bonnot ne pouvait donner d’autre version, d’autant plus que Platano était sa caution auprès des anarchistes parisiens. Bonnot ayant récupéré une forte somme d’argent que Platano portait sur lui, l’hypothèse d’un meurtre prémédité ne peut être écartée.

Fin novembre 1911, Bonnot rencontre au siège du journal l'Anarchie, dirigé par Victor Serge[1], plusieurs sympathisants anarchistes qui vont devenir ses complices, dont les deux principaux, Octave Garnier et Raymond Callemin dit « Raymond-la-science », d’autres qui joueront un rôle moindre dans l’affaire, Étienne Monier dit « Simentoff » (ou Symentoff), Édouard Carouy, André Soudy, ainsi qu’Eugène Dieudonné, dont le rôle exact n’a jamais réellement été établi. Adeptes de la reprise individuelle, tous ont déjà commis de menus larcins, et brûlent de passer à l’étape supérieure. L’arrivée de Bonnot joue un rôle de déclencheur. Bien que l’idée de chef répugne aux anarchistes, Bonnot, plus âgé, plus expérimenté dans le crime, va virtuellement jouer ce rôle.

Braquage de la Société générale[modifier | modifier le code]

Fiche de police de Jules Bonnot.

Le 14 décembre 1911, Bonnot, Garnier et Callemin volent une automobile qu’ils comptent utiliser pour leurs projets. Utilisant ses connaissances des différents modèles, Bonnot a choisi une limousine Delaunay-Belleville verte et noire de 12 CV, modèle 1910, marque de luxe qu’il sait fiable et rapide[6].

Le 21 décembre 1911, à 9h, devant le 148 rue Ordener à Paris, Bonnot, Garnier, Callemin et peut-être un quatrième homme se présentent à la rencontre d’Ernest Caby, garçon de recette de la Société générale, et de son garde du corps, Alfred Peemans. Lorsqu’ils les aperçoivent, Garnier et Callemin se précipitent hors de la voiture, Bonnot restant au volant. Garnier fait feu à deux reprises sur l’encaisseur qui s’effondre, grièvement blessé. Callemin ramasse sa sacoche, et tous deux s’enfuient en direction de la voiture, malgré l’intervention de passants que Bonnot tente de disperser en tirant en l’air. Une fois Callemin et Garnier montés à l’intérieur, Bonnot démarre, mais Callemin fait tomber la sacoche dans le caniveau. Il descend pour la récupérer, aperçoit quelqu’un qui court dans sa direction, sur lequel il tire sans le toucher, puis récupère son butin et remonte dans la voiture. Selon plusieurs témoins, un quatrième homme serait intervenu à ce moment. Enfin, Bonnot démarre, et la bande prend la fuite.

C’est la première fois qu’une voiture est utilisée pour commettre un braquage, et l’événement a un retentissement considérable, accru par la blessure grave de l’encaisseur. Le lendemain l’événement fait la une des journaux qui surnomme les braqueurs « la bande en automobiles » ou « les bandits tragiques »[1]. La bande déchante pourtant en découvrant le butin qui n’est que de quelques titres et de 5 000 francs. Ils abandonnent leur voiture à Dieppe puis reviennent à Paris. Callemin, parti en Belgique pour tenter en vain de négocier les titres, les rejoint bientôt. Pendant ce temps la police découvre que le braquage est lié au milieu anarchiste, nouvelle qui, lorsqu’elle transpire dans la presse, augmente encore le retentissement de l’affaire.

Une semaine environ après le braquage de la Société générale, Garnier et Callemin trouvent refuge quelques jours chez Victor Serge et sa maîtresse Rirette Maîtrejean. Bien que n’approuvant pas les méthodes de la bande, ils les hébergent par solidarité. Peu après le départ de Garnier et Callemin, la police, enquêtant toujours parmi les anarchistes connus, perquisitionne le domicile de Victor Serge. Le couple est arrêté, officiellement pour détention d’armes trouvées dans un paquet laissé par un ami anarchiste. La presse présente Victor Serge comme le « cerveau » de la bande, estimant que sans lui la capture des autres est imminente. L’événement a en fait plutôt l’effet inverse : de jeunes anarchistes comme René Valet et André Soudy, révoltés par cette arrestation, vont par la suite se joindre au groupe illégaliste.

Autres vols et braquages[modifier | modifier le code]

Le braquage de la succursale de la Société générale à Chantilly en mars 1912, vue par Le Petit Journal.

La bande continue son périple ; le 31 décembre 1911 à Gand, Bonnot, Garnier et Carouy tentent de voler une voiture. Ils sont surpris par le chauffeur mais Garnier assomme celui-ci, puis tue au revolver un veilleur de nuit alerté par le bruit. Le 3 janvier 1912, à Thiais, Carouy, en compagnie de Marius Metge, assassine un rentier et sa femme de chambre au cours d’un cambriolage. Rien n’indique que ce double meurtre ait été concerté avec Bonnot et ses autres complices, mais du fait de la participation de Carouy au coup de Gand, la justice va le confondre avec les autres crimes de la bande. Le 27 février 1912, Bonnot, Callemin et Garnier volent une nouvelle Delaunay-Belleville. Un agent de police qui tente de les interpeller en raison de la conduite dangereuse de Bonnot dans Paris est abattu par Garnier (par coïncidence l’agent s’appelait également Garnier[7]). Ce meurtre d’un agent de la force publique augmente encore la fureur de la presse et de l’opinion, qui exigent la capture de la bande. Le lendemain à Pontoise, le trio tente de dévaliser le coffre-fort d’un notaire. Surpris par celui-ci, ils sont contraints de s’enfuir en abandonnant le butin.

Pendant ce temps, Eugène Dieudonné est arrêté. Dieudonné nie toute participation aux activités criminelles de la bande, bien qu’il admette connaître Bonnot et les autres et reconnaisse ses sympathies anarchistes. Il est accusé de participation au braquage de la rue Ordener par le garçon de recettes de la Société générale, qui avait dans un premier temps reconnu Carouy puis Garnier sur les photos qui lui avaient été présentées.

Le 19 mars 1912, une lettre publiée dans Le Matin fait sensation. Dans celle-ci, Garnier provoque les forces de police qu’il met au défi de l’arrêter. Il ne se fait pourtant pas d’illusion sur son sort : « je sais que je serai vaincu que je serai le plus faible, écrit-il, mais je compte bien faire payé [sic] cher votre victoire ». Il innocente Dieudonné, affirmant être l’auteur des crimes dont celui-ci est accusé. La lettre est signée par une empreinte digitale que la police reconnaît comme authentique.

Le 25 mars 1912, le trio habituel Bonnot, Garnier, Callemin, accompagnés de Monnier, Valet et Soudy, se prépare à voler une limousine De Dion-Bouton dont ils ont appris qu’elle devait être livrée sur la Côte d'Azur. L’attaque se passe à Montgeron. Bonnot placé au milieu de la route agite un mouchoir. Lorsque la voiture s’arrête, le reste de la bande surgit. Croyant que le chauffeur allait sortir une arme, Garnier et Callemin l’abattent, ainsi que le propriétaire de la voiture. Selon celui-ci, qui survit à ses blessures, Bonnot aurait crié au milieu de la fusillade « Arrêtez ! Vous êtes fous ! Arrêtez ! ». Dans la foulée, la bande décide de se rendre à la succursale de la Société générale à Chantilly pour un braquage improvisé. Surgissant dans la banque, Garnier, Callemin, Valet et Monnier abattent deux employés, entassent des rouleaux d’or et billets de banque dans un sac, puis regagnent la voiture que Bonnot fait promptement démarrer. Les gendarmes sont alertés, mais ne disposant que de vélos et de chevaux, ils doivent laisser la bande s’enfuir.

Fin de la bande à Bonnot[modifier | modifier le code]

Cadavre de Jules Bonnot.
Photo de l'encerclement de la bande à Bonnot à Choisy-le-Roi.
Photo de journal du corps de Jules Bonnot.

Après ce dernier braquage, la police va progressivement mettre fin aux activités de la bande. Le 30 mars 1912, Soudy est arrêté. Le 4 avril 1912, c’est le tour de Carouy. Le 7 avril 1912, les policiers capturent Callemin, l’un des protagonistes les plus importants avec Garnier et Bonnot. Le 24 avril 1912, Monnier est également arrêté.

Le 24 avril 1912, Louis Jouin, numéro 2 de la Sûreté nationale qui est chargé de l’affaire, perquisitionne à Ivry-sur-Seine au domicile d’un sympathisant anarchiste. Dans une chambre, il a la surprise de reconnaître Bonnot, qui le tue à coup de revolver puis parvient à s’enfuir. Blessé au cours de la fusillade, Bonnot se rend chez un pharmacien pour se faire soigner. Il explique au pharmacien qu’il est tombé d’une échelle, mais celui-ci fait le rapprochement avec l’affaire d’Ivry et prévient les autorités. La police peut ainsi avoir une idée approximative de l’endroit où se trouve Bonnot et passe la région au peigne fin. Le 27 avril 1912, elle le surprend dans sa cachette de Choisy-le-Roi où il est hébergé par un autre membre du mouvement anarchiste. Bonnot a le temps de se retrancher dans sa maison, et le chef de la Sûreté préfère faire cerner les alentours et attendre les renforts plutôt que de donner l’assaut. Un long siège commence, mené en personne par le préfet de police, Louis Lépine et sous le commandement du capitaine Pierre Riondet et du lieutenant Félix Fontan de la garde républicaine. De plus en plus de troupes diverses arrivent (jusqu’à un régiment de Zouaves avec sa mitrailleuse Hotchkiss dernier cri), ainsi que de nombreux badauds venus assister au « spectacle ». Bonnot sort de temps en temps sur le perron pour tirer sur ses ennemis ; il est évidemment accueilli par des salves de tir mais parvient à chaque fois à s’en sortir indemne. Tandis que le temps passe et que la police tergiverse sur la façon de mettre fin au siège, il se désintéresse peu à peu de ses assaillants pour se mettre à écrire son testament. Finalement, le lieutenant Félix Fontan décide de faire sauter la maison à la dynamite. Grièvement blessé dans l’explosion, Bonnot prend encore le temps de terminer son testament en affirmant l’innocence de plusieurs personnes dont Dieudonné. Lorsque les policiers emmenés par Guichard donnent l’assaut, il parvient encore à les accueillir à coup de revolver avant d’être blessé. Il décède peu après en arrivant à l’Hôtel-Dieu de Paris.

Après Bonnot, les deux derniers membres de la bande en liberté sont Valet et surtout Garnier, auteur de la plupart des meurtres. Le 14 mai 1912, ils sont localisés dans un pavillon de Nogent-sur-Marne. Les policiers espèrent réaliser une arrestation « en douceur », mais manquant de discrétion, ils sont repérés par Valet et Garnier qui se retranchent dans la maison. Un nouveau siège commence, pratiquement identique à celui de Choisy, avec un très grand nombre de policiers et militaires et une foule de badauds venue suivre les opérations. Pendant plus de 9 heures, Valet et Garnier tiennent en respect une petite armée de forces de l’ordre [8]. Finalement, un régiment de dragons parvient à faire sauter la villa. La police, ayant donné l’assaut, achève les deux hommes et doit ensuite se battre avec la foule pour récupérer les corps que celle-ci voulait réduire en bouillie.

Le procès des survivants[modifier | modifier le code]

Jugement des survivants de la bande à Bonnot.

Le procès des membres survivants de la bande à Bonnot a lieu en février 1913. Les principaux accusés sont Callemin, Carouy, Metge, Soudy, Monnier, Dieudonné, Victor Serge, auxquels s’ajoutent diverses personnes accusées d’avoir aidé la bande à différents titres. Callemin est le principal membre survivant ; il utilise le tribunal comme une tribune pour exprimer sa révolte. Il nie les faits qui lui sont reprochés, mais de telle façon qu’il ne laisse guère de doute sur sa culpabilité. Carouy et Metge sont surtout jugés pour le double meurtre de Thiais ; ils nient mais leurs empreintes digitales les accusent sans équivoque. À Monnier et Soudy est reprochée leur participation au braquage de Chantilly, dont les témoins les reconnaissent formellement. Victor Serge est présenté au début du procès comme la tête pensante de la bande, ce qu’il nie énergiquement, montrant qu’il n’a à aucun moment profité de leurs vols.

Le seul cas véritablement douteux est celui de Dieudonné, accusé de participation au braquage de la rue Ordener. Bonnot et Garnier ont affirmé son innocence avant de mourir. Dieudonné dispose de plus d’un alibi étayé de preuves, montrant qu’il était à Nancy au moment des faits. Contre lui pèsent les témoignages de plusieurs témoins, dont celui de l’encaisseur de recettes dévalisé par la bande.

À l’issue du procès, Callemin, Monnier, Soudy et Dieudonné sont condamnés à mort. Carouy et Metge sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité (Carouy se suicidera par la suite dans sa cellule). Victor Serge est condamné à 5 ans de prison ; il est parvenu à se disculper de l’accusation d’avoir été le « cerveau » de la bande à Bonnot, mais est condamné pour les revolvers retrouvés à son domicile au cours de son arrestation. David Bélonie est condamné à 4 ans de prison et 10 ans d'interdiction de séjour. À l’annonce du verdict, Callemin prend la parole. Alors qu’au cours des débats il avait nié avoir participé au braquage de la rue Ordener, il s’accuse, et affirme que Dieudonné est innocent. Cette déclaration va être utilisée par le défenseur de Dieudonné, maître Vincent de Moro Giafferi, pour présenter un recours en grâce auprès du président Raymond Poincaré. Celui-ci commue la peine de Dieudonné en travaux forcés à perpétuité. Quant aux trois autres condamnés à la peine capitale, ils sont guillotinés le 21 avril 1913, devant la Prison de la Santé à Paris.

Le député et romancier nationaliste Maurice Barrès prit prétexte de l'affaire Bonnot pour refuser le 10 juin 1912, à la Chambre, les crédits que le gouvernement radical-socialiste voulait allouer à la célébration du bicentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, en rapprochant la pensée politique de celui-ci des théories anarchistes. Son discours fut repris par tous les journaux de droite d'alors et eut un retentissement national[9]. On trouve la trace de l'importance quasi-mythique que prirent les exploits de la bande à Bonnot aussi bien chez les écrivains surréalistes des années 1920 (notamment Aragon dans Le libertinage et plus tard, dans Les cloches de Bâle, les évoque) que chez Cendrars (Moravagine serait les papiers de Raymond la Science) ou Armen Ohanian (Dans les griffes de la civilisation).

Un peu plus d’un demi-siècle plus tard, en mai 1968, la salle Cavaillès de la Sorbonne fut rebaptisée salle Jules-Bonnot par les membres du Comité d’occupation de ce bâtiment, « Enragés », anarchistes et situationnistes pour la plupart[10]. Jann-Marc Rouillan rend hommage au célèbre bandit dans sa Lettre à Jules en 2004 et l'évoque dans le tome 3 de ses mémoires.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dessin de Flavio Costantini.
  • Paul Gordeaux, La Bande à Bonnot, Paris, Éditions J’ai Lu/ Minerva, coll. « Le Crime ne paie pas » 1970.
  • Jacques Talbot, La Bande à Bonnot, Paris, Gallimard, 1958.
  • Frédéric Delacourt, L’Affaire bande à Bonnot, De Vecchi, coll. « Grands procès de l’histoire », 2000 (ISBN 2-213-02279-8)
  • Wiliam Caruchet, Ils ont tué Bonnot, Calmann-Lévy, 1990 (ISBN 2-7021-1869-0)
  • Alphonse Boudard, Les Grands Criminels, le Pré aux Clercs, 1989 (ISBN 2-7144-2299-3) et Le Livre de poche 1990
  • Bernard Thomas, La Belle époque de la bande à Bonnot, Fayard, 1989 (ISBN 2-213-02279-8)
  • André Colomer, À nous deux, Patrie ! (chapitre XVIII: "Le Roman des Bandits tragiques"), 1925.
  • Pino Cacucci, En tout cas pas de remords, Christian Bourgois éditeur, 1999 (roman basé sur les personnages et faits réels)
  • Jean Maitron, Ravachol et les anarchistes (Julliard 1964) où il présente une partie des mémoires de Callemin
  • Malcolm Menzies, En exil chez les hommes, Rue des Cascades, 2007 (ISBN 978-2-917051-02-3) (roman, traduit de l'anglais par Ariane Bataille)
  • Bernard Thomas : La Bande à Bonnot, Paris, Tchou 1968.
  • Émile Becker, La "Bande à Bonnot", Paris, Debresse, 1968.
  • Dominique Depond, Jules Bonnot et sa bande. Le tourbillon sanglant, Paris, Les éditions de la Belle Gabrielle, 2009.
  • Frédéric Lavignette, La bande à Bonnot à travers la presse de l'époque, Fage Éditions, 2008 (ISBN 978-2-84975-141-1)
  • Jean Normand, La bande tragique, Paris, Éditions "la dernière chance", série "les nuits blêmes", 1953.
  • Gaëtan Pontis, La bande tragique, Paris, Astéria, 1949.
  • Marie-Josèphe Dhavernas, « La surveillance des anarchistes individualistes (1894-1914) », in Maintien de l'ordre et polices en France et en Europe au XIXe siècle, Société d'Histoire de la Révolution de 1848 et des Révolutions du XIXe siècle, Paris, Créaphis, 1987, p. 347-360.
  • Laurent López, « 1912, l'affaire Bonnot : les effets contradictoires d'une crise sécuritaire sur les polices et la gendarmerie » in Socio-logos. Revue de l'association française de sociologie, 2, 2007.
  • Laurent López, « La bande à Bonnot : l’assaut final à Nogent (14-15 mai 1912) » in Criminocorpus, Dossier thématique n° 4 : Histoire de la police, 2009.
  • Tanguy L'Aminot, "Les saligauds de la célébration. La bande à Bonnot, Rousseau et le "culte de la charogne"", Études Jean-Jacques Rousseau, n° 18, 2011, p. 153-178.
  • Nicole Marie Soudre, La bande à Bonnot. Aspects médico-légaux et criminalogiques. Thèse de doctorat de Médecine, Bordeaux II, 1985, 64 feuilles.
  • Pierre-Robert Leclercq, Bonnot et la fin d'une époque, Les Belles Lettres, 2012, 268 pages.
  • Victor Serge, Le Rétif. Articles parus dans "l'anarchie", 1909-1912. Textes réunis par Yves Pagès, Paris, Monnier, 1989.
  • Rirette Maîtrejean, Souvenirs d'anarchie, Quimperlé, La Digitale, 2005.
  • Ann Steiner, Les En-dehors. Anarchistes individualistes et illégalistes à la "Belle époque", L'échappée, 2008.
  • Victor Méric, Les Bandits tragiques, Simon Kra éditeur, 1926, réédition Le flibustier, 2010, notice éditeur.
  • André Lorulot, Chez les loups. Mœurs anarchistes, Conflans-Honorine, Éditions de L'idée libre, 1922.
  • Michel Chomarat, Les amants tragiques (Histoire du bandit Jules Bonnot et de sa maîtresse Judith Thollon), Lyon, 1978.
  • Patrick Pécherot, L'homme à la carabine, Paris, Gallimard, 2011.
  • Renaud Thomazo, Mort aux bourgeois !, Paris, Larousse, 2009.
  • Benoît Ladarre, La bande à Bonnot. Mémoires imaginaires de Garnier, Paris, Éditions du Monde libertaire, 2008.
  • Garnier, Pouquoi j'ai tué, Éditions Turbulentes, décembre 1999.
  • Jann-Marc Rouillan, Lettre à Jules, Marseille, Agone, 2004.
  • Richard Perry, The Bonnot Gang, London, Rebel Press, 1987

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Clavé/Godard, La bande à Bonnot, Grenoble, Glénat, 1978. Traduction allemande par Manfred Showa : Viel Blutt für teures Geld. Das kurze, aber dramatische Leben des Jules Bonnot und seiner Komplizen, Berlin, Karin Kremer Verlag, 1990.
  • Willem, Le feuilleton du siècle, Paris, Cornélius, 2000, p. 29-30.
  • Dumas et Parlier, Robidu à la recherche d'une époque perdue. Roman-images, Paris, Hachette, 1972, p. 240-264.
  • Duval et Pécau-Calvez, Jour J 3. Septembre rouge et Jour J 4. Octobre noir, Paris, Delcourt, 2010.
  • Xavier Dorison; Jean-Yves Delitte; Fabien Nury, Une aventure des Brigades du Tigre. "Ni Dieu, ni maître", Grenoble, Glénat, 2006.
  • Christo, « La bande tragique », Heroïc-Album, 12e année, n° 5.
  • Chancel/Paul Gordeaux, « La bande à Bonnot », Le Crime ne paie pas, n° 5, 15 août 1953.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Fourastié : La bande à Bonnot avec Bruno Cremer (Bonnot) et Jacques Brel (Raymond la Science), 1968.
  • Jérôme Cornuau : Les brigades du Tigre, 2006.

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Gaetano Manfredonia, La chanson anarchiste en France des origines à 1914, Paris, L'Harmattan, 1997, p. 249, 260-262, 386-387.
  • Joe Dassin, La bande à Bonnot, 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pierre-Robert Leclercq, Bonnot et la fin d'une époque, Les Belles Lettres,‎ 2012, 268 p. (ISBN 2251444416)
  2. a et b La bande à Bonnot
  3. L'affaire Doyle-Locard-Bonnot Article de la société Sherlock Holmes de France, le 1er janvier 2002
  4. Vidéo de l'INA Entretien d'Edmond Locard le 22 mai1959, 6 min 20 s.
  5. Alphonse Boudard, Les Grands Criminels, Le Livre de Poche, 1990 (ISBN 2-253-05365-1), p. 35-36
  6. Jules Bonnot en Delaunay-Belleville 12 CV.
  7. Commissaire Jean Belin, Trente ans de Sûreté nationale
  8. Sur le siège de Nogent, un article de Laurent Lopèz sur criminocorpus : L'assaut final à Nogent.
  9. Voir Tanguy L'Aminot, "Les saligauds de la célébration. La bande à Bonnot, Rousseau et le "culte de la charogne"", Études Jean-Jacques Rousseau, n° 18, 2011, p. 153-178.
  10. Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations, Paris, Gallimard, 1968 ; et Internationale situationniste, n° 12, 1969, p. 22.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Membres de la « bande à Bonnot »[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]