Jubaland

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Jubaland
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Jubaland
Administration
Statut politique Sécession de la Somalie
en 1998,
non reconnue
Capitale Kismaayo
Gouvernement
- Président
 · Vice-président

Ahmed Madobe (2013)
Démographie
Population 120 000 hab. (1926)
Densité 1,4 hab./km2
Langue(s) Somali
Géographie
Coordonnées 0° 21′ 37″ S 42° 32′ 55″ E / -0.36027777777778, 42.5486111111110° 21′ 37″ Sud 42° 32′ 55″ Est / -0.36027777777778, 42.548611111111  
Superficie 87 000 km2
Divers
Monnaie Shilling somali
Fuseau horaire UTC +3
Indicatif téléphonique 252

Le Jubaland (en italien : Oltre Giuba) est un territoire de 87 000 km² situé au sud-ouest de la Somalie, à la frontière avec le Kenya. Sa principale ville est Kismaayo, située dans la province de Jubbada Hoose.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création du territoire[modifier | modifier le code]

Cette région, dont le nom vient du fleuve Jubba, était rattachée à Mascate et Oman de 1836 à 1861, puis au sultanat de Zanzibar jusqu'à son incorporation à l'Afrique orientale britannique en 1895.

Les accords de Londres de 1915 prévoient des compensation territoriales en particulier en Afrique orientale pour récompenser l'Italie de rejoindre les Alliés durant la Première Guerre mondiale. Les Italiens espéraient obtenir l'ensemble de l'Afrique orientale allemande (actuelle Tanzanie), la Côte française des Somalis et la côte est de l'Adriatique jusqu'au Montenegro. À la suite d'un accord de février 1920 entre le Royaume-Uni et le royaume d'Italie, seul le Jubaland est transféré à l'Italie le 29 juin 1925, et intégré à la Somalia.

En 1936, le Jubaland est incorporé à l'Afrique orientale italienne. En 1941, après la défaite des Italiens, le Jubaland reste dans la Somalie Italienne, mais est administré depuis le Kenya de 1941 à 1947. En 1947, avec les accords de Paris, le Jubaland rejoint la Somalie sous mandat italien à partir de 1950, dont il devient une province à son accession à l'indépendance en 1960.

Depuis l'indépendance de la Somalie[modifier | modifier le code]

Le Jubaland se proclame indépendant en 1998, quelque temps après le Puntland, mais le 1er janvier 2007, il passe sous le contrôle des troupes éthiopiennes alliées au gouvernement de transition de la Somalie.

Après une bataille en août 2008 qui a fait au moins 89 morts[1], la ville de Kismaayo est retombée sous la domination des Shebab, qui ont désarmé les milices locales[2]. Ils instaurent la Charia dans sa version la plus radicale, y compris pénale[3]. Ils y ont aussi détruit des sites religieux (chrétiens et soufis) [4],[5].

Depuis octobre 2011, l’armée kényane est en guerre dans cette région, pour protéger la partie nord de son territoire du terrorisme et notamment pour lutter contre l’enlèvement de touristes au Kenya par les Shebab somaliens[6].

Le 28 septembre 2012, les forces de défense kényanes lancent une offensive qui chasse les Shebabs de Kismayo. Mi-mai 2013, un nouveau président du Jubaland a été proclamé ce qui a provoqué des tensions avec le gouvernement installé à Mogadiscio. Ce dernier a toutefois accepté de le maintenir par intérim[7].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ce territoire, habité par 120 000 éleveurs de bétail et de chameaux[réf. nécessaire], comprend l'ancien port de Kismaayo et un plus récent, Port Dundford sur une excellente baie[8]. Estimée à 126 000 habitants en 1926, la population était estimée à 550 000 habitants en 1998, surtout concentrés le long du fleuve Jubba, le reste des terres étant aride et désertique[réf. nécessaire].

Du temps de la colonisation Italienne, à partir de 1926, quelques colons italiens tentèrent d'implanter des bananeraies le long du fleuve Jubba. Cependant, la production de bananes était finalement modeste, et de plus, elles étaient plus chères que les cours mondiaux. (entre 35% et 50% plus chères).

Lors du mandat Italien, de 1950 à 1960, des agronomes Italiens tentérent d'étendre les cultures, tout le long du fleuve Jubba, pour donner une source de revenus aux Somaliens. Avec l'indépendance, en 1960, l'Italie décida d'acheter des bananes de Somalie pour le marché Italien, pour aider son ancienne colonie dans son développement économique, mais les bananes de Somalie ne constituaient qu'une partie des bananes vendues en Italie. Entre 1950 et 1960, des agronomes Italiens vont lancer la culture du riz le long du fleuve Jubba, cultures plus pereines, et à destination de l'alimentation locale. Des cultures de céréales, comme le sorgho ont aussi du succés, mais en de rares régions du Jubbaland (prés de fleuve). Avec la guerre civile, et la disparition de l'État somalien, à partir de 1990, les cultures sont progressivement abandonnées.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Somali city clears bodies after deadly clashes, 23/08/2008, CNN
  2. SOMALIA: Thousands displaced as insurgents take control of Kismayo, IRIN (projet de l'ONU), 25 août 2008
  3. Voir la Proposition de résolution commune déposée au Parlement européen le 19 novembre 2008
  4. Somali fighters destroying shrines, Al Jazeera, décembre 2008
  5. (fr) Les islamistes somaliens détruisent une vieille église à la fin du ramadan, AFP, 30 septembre 2008
  6. Derrière l’attentat de Nairobi, Bernard Lugan, bernardlugan.blogspot.cz, 22 septembre 2013
  7. Louis Charbonneau, Jean-Stéphane Brosse, « Le Kenya accusé de violer l'embargo sur le charbon en Somalie », sur Zone Bourse,‎ 14 juillet 2013 (consulté le 26 septembre 2013)
  8. (fr) F. Maurette, « La cession du Jubaland à l'Italie », Annales de géographie, 1922, p. 282-283, voir en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Buccianti (Giovanni), L’egemonia sull’Etiopia (1918-1923) - Lo scontro diplomatico tra Italia, Francia e Inghilterra, Milano, Giuffré, 1977, 403 p.
  • Cassanelli (Lee V.), «Social Construction of the Somali Frontier : Bantu Former Slave Communities in the Nineteeth Century», in Kopytoff (Igor), dir., The African Frontier : the Reproduction of Traditional African Society, 1987, pp. 216-238
  • Cito de Bitetto (Carlo), Méditerranée, mer Rouge - Routes impériales, Paris, Grasset, 1937, 242 p.
  • Hess (Robert), Italian Colonialism in Somalia, Chicago, University of Chicago Press, 1966, 234 p.
  • Rossi (Gianluigi), L’Africa italiana verso l’indipendenza (1941-1949), Milano, Giuffrè, 1980, 626 p.