Joseph-Guichard Du Verney

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Planche montrant les muscles de la tête, par Jacques Gautier d'Argoty, parue en 1747 dans la Myologie complete en couleur et grandeur naturelle avec des textes de Joseph-Guichard Du Verney.

Joseph-Guichard Du Verney, ou Duverney, né à Feurs en Forez le 5 août 1648 et mort à Paris le 10 septembre 1730, est un médecin français connu pour ses travaux d'anatomie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une célèbre famille de médecins, il continue la tradition familiale et obtient son doctorat en médecine en 1667 après des études à Avignon.

Passionné par l'anatomie, il s'installe bientôt à Paris, où il se rend au cercle de l'abbé Pierre Michon Bourdelot ; il y expose aux membres l'anatomie du cerveau[1].

Sa réputation grandit rapidement : « Ses leçons, bornées d'abord à un petit nombre d'auditeurs, devinrent tellement à la mode, que l'enseignement de l'anatomie cessa d'être renfermé dans l'enceinte de Saint-Côme[2] ; les gens du monde vinrent écouter le jeune Du Verney, que son talent remarquable comme professeur fit goûter de plus en plus[3]. »

En 1674, il devient le professeur d'anatomie du dauphin.

En 1680, il est chargé avec Philippe de La Hire d'étudier les poissons du littoral breton.

En 1681, il a l'honneur de disséquer un éléphant devant Louis XIV.

En 1682, il devient professeur et démonstrateur d'anatomie au Jardin du Roi. Duverney choisit, pour l'aider pour les préparations et dans ses démonstrations, ses frères Pierre et Jacques-François-Marie. Le titre de démonstrateur d'anatomie fut créé par la suite pour ce dernier.

Du Vernay meurt à Paris à 82 ans en 1730.

Influence[modifier | modifier le code]

Il était membre de l'Académie des sciences depuis 1676. Lors de la réorganisation en 1699, il fut pensionnaire anatomiste, premier titulaire nommé par Louis XIV le 28 janvier 1699 et enfin pensionnaire vétéran le 6 août 1725[4]. Fontenelle a écrit son éloge.

Aux côtés de Claude Perrault (1613-1688) et de Jean Pecquet (1622-1674), il exerce une grande influence sur le renouveau des études anatomiques, qui étaient tombées dans l'abandon. D'abord assistant de Claude Perrault, qui lui a montré la voie des recherches sur la structure des animaux, il est par la suite associé au travail collectif de publication d'anatomie comparée qu'il continue après la mort de Perrault. Ce travail était effectué à partir d'animaux (chameau, dromadaire, gazelle, ours, panthère…) provenant de la Ménagerie royale de Versailles.

Il a été le professeur de Pierre Dionis (1643-1718) (à qui il transmit sa charge de démonstrateur en 1673), Jacques-Bénigne Winslow (1669-1760), Jean-Baptiste Sénac (1693-1770) et François-Joseph Hunauld (1701-1742).

Contributions scientifiques[modifier | modifier le code]

Le Traité de l'organe de l'ouïe de Du Verney, paru en 1683, est le premier grand ouvrage d'otologie. La théorie de l'audition de Du Verney, conçue avec l'aide du physicien Edme Mariotte[5] est fondamentalement celle que proposa plus tard, au milieu du XIXe siècle, Hermann von Helmholtz. Une erreur devait toutefois être corrigée : Du Verney croyait que les fréquences hautes résonnaient près du sommet de la cochlée, et les basses près de la base ; c'est Domenico Cotugno, vers 1760, qui corrigea ce point[6].

On doit à Du Verney d'intéressantes observations sur la circulation du sang dans le fœtus et dans les amphibiens, ainsi que la découverte des sinus occipitaux (en).

Duverney fait au début du XVIIIe siècle, devant l'Académie des sciences de Paris, plusieurs communications importantes sur les systèmes circulatoires et respiratoires de vertébrés à sang froid comme les grenouilles et les serpents[7].

Il a fait avancer la connaissance de la respiration des poissons (1701)[8].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Traité de l'organe de l'ouïe, contenant la structure, les usages et les maladies de toutes les parties de l'oreille (en latin : 1683, 1730 ; en français : 1718, 1731 (en ligne), 1783 ; en allemand : 1732)
  • Lettre à Monsieur ***, contenant plusieurs nouvelles observations sur l'ostéologie (1689)
  • Observations sur la circulation du sang dans le fœtus et description du cœur de la tortue et de quelques autres animaux (1699)
  • Observations sur une grenouille, qui prouveraient que les nerfs ne sont que des tuyaux (1700)
  • Des vaisseaux omphalo-mésentériques (1700)
  • Observations anatomiques faites sur les ovaires de vaches et de brebis (1701)
  • Mémoire sur la circulation du sang des poissons qui ont des ouïes et sur leur respiration (1701)
    Lu à la séance du 29 novembre 1701
  • L'art de disséquer méthodiquement les muscles du corps humain, mis à la portée des commençants (1749)
  • Traité des maladies des os (en français chez de Bure l'aîné : 2 volumes, 1751 ; en anglais : 1762)
  • Œuvres anatomiques de M. Duverney (2 volumes, Paris, Charles-Antoine Jombert, 1761)

Avec illustrations[modifier | modifier le code]

Illustrations de Jacques Gautier d'Argoty[modifier | modifier le code]

Jacques Gautier d'Argoty (1717-1785), portait le titre de peintre-graveur d'anatomie.

Avec Roger de Piles et François Tortebat[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

Lignée[modifier | modifier le code]

Du Verney - Family tree.jpg

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fontenelle
  2. Amphithéâtre d'anatomie de Saint-Côme à Paris, 5, rue de l'École-de-Médecine
  3. Dezeimeris
  4. Académie des Sciences, D - Liste des membres, correspondants et associés étrangers de l'Académie des sciences depuis sa création en 1666.
  5. (en) Anthony F. Jahn, Joseph Santos-Sacchi, Physiology of the Ear,p. 10 sur Google Livres
  6. (en) Ernest Glen Wever, Theory of hearing, Wiley,‎ 1961 (ISBN 978-0486623993), p. 14
  7. (en) Gascoigne, p. 204.
  8. « Duverney […] eut le mérite de faire connaître le premier les organes et le mécanisme de la respiration des poissons ainsi que le cours du sang dans leurs branchies.»Émile Blanchard, Les poissons des eaux douces de la France, Baillière,‎ 1866 (lire en ligne), p. 17

Article connexe[modifier | modifier le code]