José Fontaine

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José Fontaine (Jemappes-Mons), le 28 mai 1946. - ) est un journaliste belge et militant autonomiste wallon.

Il étudie la philosophie à l'université catholique de Louvain où il obtient en 1975 un doctorat en philosophie avec une thèse intitulée Le Mal chez Rousseau et Kant. Il a fait des études de théologie au Grand-Séminaire de Namur. Après ses études, il enseigne la philosophie dans l'enseignement supérieur social à Namur et Mirwart.

Biographie[modifier | modifier le code]

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C’est en 1977 qu’il commence à collaborer à l’hebdomadaire 4 Millions 4, proche du Front démocratique des francophones. Il se rend compte dans ce milieu fédéraliste et progressiste, mais bruxellois, qu’il existe des antagonismes de toutes sortes entre les dirigeants du FDF et ceux du Rassemblement wallon[1]. À l’intérieur de ce magazine politique puis dans d’autres journaux[Lesquels ?], il tente alors d’exprimer son malaise d’observateur wallon. Il publie ainsi 18 octobre 1979 dans Le Monde un article intitulé « Communauté française de Belgique ou Wallonie ? » où il tente de montrer que l’appellation francophone ou belge francophone, tend à occulter l’identité wallonne.

Le 23 janvier 1980, sous le titre Une découverte toute neuve: la culture wallonne, il publie dans le même journal un article qui salue la naissance d’une idée neuve La culture wallonne, relatant des travaux et colloques dirigés par Roger Mounège. C’est en janvier 1980 que le FDF est expulsé du gouvernement national et où tout indique que l’on s’oriente vers une réforme de l’État qui consacrera l’existence des trois communautés, mais seulement de deux régions, la région bruxelloise étant sacrifiée, momentanément. Mais c’est aussi ce qui va provoquer la volonté du FDF de récupérer de l’autonomie pour Bruxelles via la fusion entre Région (wallonne) et Communauté française (cette entité fédérée, elle, existe bel et bien).

La préparation du Manifeste pour la culture wallonne[modifier | modifier le code]

Impressionné par les conflits entre Wallons et Bruxellois à l’intérieur du FDF-Rassemblement wallon, convaincu comme Roger Mounège qu’on est en train d’assister à l’éveil sans précédent d’une culture wallonne s’exprimant globalement (en français ou en d’autres langues), à travers le théâtre, la chanson, le cinéma, la réflexion économique, politique et sociologique, il se réunit avec le professeur Michel Quévit, le professeur Jacques Dubois, le cinéaste Jean-Jacques Andrien, le chanteur Julos Beaucarne et l’écrivain Jean Louvet. Ces six personnes se rencontrent à partir de novembre 1982 et finissent par rédiger le texte du Manifeste pour la culture wallonne qu’ils rendront public le 15 septembre 1983 à Liège, à la Maison de la Presse [2] : le texte sera également présenté le même jour à Namur, Charleroi et Bruxelles. Il fait la Une des principaux journaux (notamment le Soir), mais suscite des polémiques d’une rare violence, notamment de Philippe Moureaux. En 1985, le PS rate de peu la majorité au parlement wallon et c’est une coalition entre les libéraux et le PSC qui se met en place qui veut que les services administratifs wallons déjà présents à Namur soient replacés à Bruxelles dans la perspective d’une fusion entre la Communauté française et la région wallonne. Les promoteurs du Manifeste de 1983 réunissent à nouveau de nombreux signataires qui expriment solennellement, le 5 décembre 1985, leur volonté de voir la capitale de la Wallonie s’ériger en Wallonie[3]. C’est en quelques étapes que se concrétisera leur souhait, avalisé en 1986 et définitivement consacré en 1988 (le siège des institutions de la Communauté française avait été fixé à Bruxelles malgré l’opposition de parlementaires wallons et l'acquiescement d'autres soumis à la discipline de parti, et où tous les Bruxellois francophones avaient voté en faveur de Bruxelles)

La fondation de la revue annuelle TOUDI, puis de République, puis de TOUDI comme mensuel[modifier | modifier le code]

Le 7 septembre 1986, il fonde la revue TOUDI avec l’écrivain Thierry Haumont, Roger Mounège, le cinéaste Paul Meyer et Max Delespesse. La revue paraît d’abord annuellement en 1987, 1988, 1989, 1990. En 1991, elle se joint à la revue CONTRADICTIONS. En décembre 1991, est fondé le mensuel République qui paraîtra parallèlement à la revue annuelle TOUDI à partir d’avril 1992 jusqu’en octobre 1996 (40 numéros parus). Il sera distribué dans tous les kiosques en septembre 1993 à l’occasion de la mort de Baudouin Ier et en mai 1994, lors de la visite de Jean-Paul II, dans ce dernier cas avec la revue Golias et Alternative Libertaire Belgique. La revue annuelle TOUDI a deux numéros en 1992 et un dernier numéro en 1995. En février 1997, les deux revues fusionnent [4], et la revue TOUDI paraît alors mensuellement jusqu’à l’année 2005 durant laquelle elle se transforme en trimestriel. Elle est distribuée dans tous les kiosques en 1999, en 2001, en 2002 et en 2004.

Il se réclame du renardisme. Il est connu pour avoir fait un discours pour l'instauration d'une république et d'une Wallonie autonome, à Namur, lors des fêtes de Wallonie le 19 septembre 1999. Il est un des premiers signataires du Manifeste pour la culture wallonne.

En tant que journaliste, il a collaboré avec de nombreux journaux nationaux belges et français[Quand ?] comme Le Soir, La Libre Belgique, Le Monde, Knack, De Standaard[réf. insuffisante]

Il écrit la chronique du samedi dans Vigile.net.

Position sur la question nationale belge (2006)[modifier | modifier le code]

Dans La Libre Belgique, José Fontaine exprima comme suit ses positions sur la Belgique le 6 février 2006:

La Belgique n'est qu'une succession de ruptures. Rupture du contrat national (implicite) sur le français en 1921 : les Flamands, majoritaires, imposent l'unilinguisme chez eux - ce qui est légitime - mais nous imposent quelque part de parler leur langue - ce qui l'est moins. Rupture tragique en mai 1940 où une quasi-majorité de Flamands abandonne les Wallons qui se battent dans l'infanterie. Rupture en 1950 concernant Léopold III. Rupture à partir de 1959 où l'emprise flamande permet la revanche économique via des subsides énormes condamnés ensuite par la Commission européenne. Rupture grief depuis, où la Flandre reproche à la Wallonie de n'être «qu’à» 80 pc de ses performances. Un pétainisme wallon a ajouté à cette «défaite» économique le sentiment de culpabilité de la «subir». Si les guerres mondiales ont accéléré ces ruptures belges, elles ont aussi déterminé l'Union européenne avec ses logiques inter-nationales, inter-étatiques, donc confédérales. Aussi confédéral que fut le veto wallon héroïque à Léopold III en juillet 50.
Mais ces conflits nous lient et révèlent des intérêts communs (comme Bruxelles). Pas besoin de ciment belge ou de monarchie. Confrontons nos mémoires et nos identités comme dans la pièce de théâtre Baraque Frituur d'Ivan Vrambout. Aux belgicains d'un côté et rattachistes de l'autre, opposons (par exemple) l'accord des ports d'Anvers et de Liège. Allemands et Français, deux États indépendants, ne sont pas «séparés». Nous allons faire aussi bien qu'eux sans avoir fait aussi mal. Toute naissance est rupture. La rupture n'est pas la séparation, à l'instar de divorcés qui restent liés. Confédéralisme n'est pas séparatisme. Flandre et Wallonie veulent naître, non se séparer.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Collaboration aux quotidiens[modifier | modifier le code]

La Suisse, La Cité, La Wallonie, La Nouvelle Gazette, Le Rappel, Le Monde, Le Soir, De Standaard, De Morgen, La Libre Belgique[réf. insuffisante]

Collaboration aux revues d’idées[modifier | modifier le code]

La Revue Nouvelle, Politique, Esprit, Le Débat, Les Cahiers Marxistes, Kultuurleven, Contradictions, Le Monde des Débats, De Internationale Spectator[réf. insuffisante]

Livres et direction de livres[modifier | modifier le code]

  • Rousseau, Kant et le problème du mal, université catholique de Louvain (thèse de doctorat en philosophie), 1975, partiellement publiée sous le titre «Profondeur personnelle et dimension collective du mal et du mensonge chez Kant et Rousseau», dans Revue philosophique de Louvain, Louvain, novembre 1977.
  • Les Faces cachées de la monarchie belge, Baudouin Piret et José Fontaine (dir.), Ed. Toudi, Walhain, 1991. (ISBN 2-87090-010-4)
  • «Le manifeste et les autres théories de la culture en Belgique», dans José Fontaine Michel Godart et Pierre Gillis, La Wallonie et ses intellectuels, Les Cahiers marxistes, no 187, Bruxelles, 1992.
  • Le Citoyen déclassé, publié en coédition par la revue Contradictions (no 77, 1995) et la revue Toudi (no 8, 1995) ainsi qu'avec les éditions l'Harmattan. Diffusion librairies pour la France : Ed. L'Harmattan, Paris. (ISBN 2-87090-018-X)
  • Le discours antiwallon en Belgique francophone, in Toudi, no 13-14, september 1998, Graty, 1998.

Collaboration à des ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Un séparatisme wallon paradoxal (avec Xavier Dupret) dans Économie et sociétés (Cahiers de l'ISMÉA, n° 11, novembre 2011 (numéro hors série intitulé L'après-Belgique), p. 2057-2086.
  • L’idée républicaine en Belgique in La République universelle (dir. Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy), Volume I L’idée républicaine en Europe (XVIIIe-XXIe siècles) et Volume II L’idée républicaine dans le monde (XVIIIe siècle-XXIe siècles), L’Harmattan, Paris, 2007, Volume I, p. 115-133.
  • Un pavé dans la mare des mythes belges (préface à la réédition de L'insurrection prolétarienne de 1830 en Belgique de M. Bologne, Critique Politique, Bruxelles, 1981, réédité par Aden, Bruxelles, 2006.
  • La Wallonie, l'indispensable autonomie de M. Quévit, Paris, Entente, 1982 (Collaboration générale, en particulier les chapitres sur la culture et sur le monde paysan).
  • Idée wallonne et universalisme chrétien in Église et Wallonie, Tome I, EVO, Bruxelles, 1983.
  • Wallonië, article de l'Encyclopédie néerlandaise Groter Winkler Prins Encyclopedie in 125 deelen, deel 23, Amsterdam 1983.
  • Universalisme de la culture wallonne : réalisations et virtualités in Belgitude et crise de l'État belge St Louis, BXL, 1989.
  • Qu’est-ce qu’une identité postnationale?, in Belgique, disparition d’une nation européenne, p. 191-194, L. Pire, Bruxelles, 1997.
  • Four definitions of culture in Francophone Belgium in Nationalism in Belgium, Macmillan, Londres, 1998
  • Cultuur in Franstalig België Vier definities in Kaz Deprez et Louis Vos, Nationalisme in België, Houtekiet, Anvers, 1999
  • La République et le bonheur, in Belgique toujours grande et belle, n° spécial de la Revue de l’ULB, 1998, p. 130-134.
  • Bruxelles et la Wallonie visible in Dictionnaire de Bruxelles par les gens qui y vivent, y passent ou y travaillent, Labor, Maison de la Francité, Bruxelles, 2000.
  • Gouvernement wallon de 1950 in ’’Encyclopédie du Mouvement wallon’’, Tome II, p. 740-743, IJD, Namur, 2000

Scénario[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie du Mouvement wallon, Tome II (F-N), publié le 15 décembre 2000, p. 652;
  2. Jacques Dubois, Le Manifeste pour la culture wallonne de 1983 dans ART&FACT, n° 31, 2012 p. 90-97, p. 91. Patrick Dupuis et Jean-Emile Humblet, , Un Siècle de mouvement wallon, Quorum, Bruxelles, 1998, p. 309.
  3. Jacques Dubois, art. cit., p. 92-93.
  4. http://archives.lesoir.be/jose-fontaine-a-jumele-ses-deux-revues-toudi-plus-repub_t-19970414-Z0DKNR.html Christian Laporte 'Fontaine fusionne ses deux revues Toudi et "République Le Soir du 14 avril 1997]