Thierry Haumont

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Thierry Haumont né en 1949 à Auvelais est un écrivain wallon, à la fois romancier, poète et traducteur de nationalité belge.

Parcours littéraire[modifier | modifier le code]

Il a publié chez Gallimard Les petits prophètes du nord (1980), Les forêts tempérées (1982), Le conservateur des ombres (1984) (prix Victor-Rossel), Mémoires d'un chasseur d'échos (aux éditions Nocture en 1988, repris dans la collection Espace Nord Junior), et à nouveau chez Gallimard Les Peupliers (1991).

En 1994, il a traduit Chant d'amour et de mort du cornette Christophe Rilke de Rainer Maria Rilke, aux éditions Casterman, et il publie à Charleroi chez RA Petit traité de philosophie minimale.

Il figure parmi les signataires du Manifeste pour la culture wallonne de 1983.

'"Le conservateur des ombres"' a été réédité en 1998 dans la collection Espace Nord suivi d'une étude de l'œuvre de Thierry Haumont par Jean-Pierre Bertrand.

Bibliothécaire à Charleroi (Bibliothèque Arthur Rimbaud), l'écrivain collabore à la revue TOUDI.


Du récit haletant naît une vision, une pensée[modifier | modifier le code]

Rares sont les écrivains qui osent à ce point, comme lui-même, bâtir toute une œuvre autour d'une réalité en apparence peu apte à se loger dans la logique "poétique" (au sens d'Aristote) du récit. C'est ce qu'il accomplit magistralement dans '"Le conservateur des ombres"' qui est peut-être son œuvre la plus aboutie. Il parvient à faire de l'ombre qui s'insinue à chaque recoin d'un récit qui se déroule dans l'Allemagne hitlérienne, une métaphore de l'histoire humaine, et cela sans jamais ennuyer son lecteur pris par le caractère haletant du roman.

Dans Les peupliers, l'écrivain, à l'écoute de Kierkegaard, un de ses maîtres à penser, philosophe, proposant une étrange manière d'illustrer, à travers la question nationale belge et ce que l'on peut deviner être sa propre biographie, le désespoir, au travers d'une longue lettre envoyée à une (fictive et métaphorique) Administration des Peupliers où il se plaint d'avoir été évincé au profit d'un candidat flamand. Bien que le propos semble ici s'étroitiser, il rejoint l'idée de la révolte contre ce qui est trop ordonné. En exergue de ce grand livre ces deux simples mots en latin: Vox Populi.

À la fin de l'ouvrage, le je du roman annonce qu'il plantera partout des peupliers en vue de rendre le travail de recensement de ces arbres impossible pour celui qui lui a été préféré. L'écrivain wallon précise son propos, conclut la missive en quoi consiste fictivement son récit et signe du nom du narrateur: Vous pensez que je n'agis que par ressentiment ou par haine, c'est faux, vous soupçonnez vous-même que c'est faux mais vous êtes incapable de dire pourquoi. C'est que ce que je planterai bientôt s'appelle esprit de révolte et désir de parole, qui sont également de hautes nourritures (...) Dans dix ans, vos cartes seront périmées parce que grandiront dans toute la Wallonie les arbres de la révolte (...) Le seul élément finalement que vous pourrez transmettre avec certitude, si toutefois vous avez l'intention de laisser des notes pour vos successeurs afin qu'ils puissent écrire un jour l'histoire des peupliers de ce pays, la brutale apparition de variétés inhabituelles et d'hybrides faisant problème, le seul élément finalement, ce sera le nom du responsable: Victor Defuisseaux, à tout jamais serviteur d'une cause plus grande que la vôtre. [1]

Sur cette dimension de son roman, Thierry Haumont s'exprime comme suit : « Si je me dis : « Tu vas faire un livre pour servir la cause wallonne, je ferai un mauvais livre » [...] Si Les Peupliers ont abouti à la fameuse question des Wallons et des Flamands, ce n'était pas délibéré[2], » ajoutant que les deux visions, l'une voulant aligner les peupliers, l'autre rendre compte de leur complexité, déborde cette question. Haumont, selon Jean-Pierre Bertrand, œuvre à une littérature sans frontière « qui fait droit à un imaginaire (wallon en l'occurrence[3]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Ravanastron, Tournai, Art et Idées, 1967
  • Petit traité de philosophie minimale, Charleroi, éditions RA, 1995

Romans[modifier | modifier le code]

  • Les petits prophètes du nord, Paris, Gallimard, 1980
  • Les Forêts tempérées, Paris, Gallimard, 1982
  • Le Conservateurs des ombres, Paris, Gallimard, 1984, rééd. Bruxelles, Labor, 1998
  • Les Peupliers, Paris, Gallimard/L'Arpenteur, 1991

Traduction[modifier | modifier le code]

  • Rainer Maria Rilke, Chant d'amour et de mort du cornette Christophe Rilke, traduit de l'allemand, Tournai, Casterman, 1994


Notes[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Haumont, Les peupliers, Gallimard, Paris, 1991, pp. 177-178
  2. Cité par P.Durand et Y. Winkin dans Marché éditorial et démarches d'écrivains, Direction générale de la Culture, Bruxelles, 1996, p. 223.
  3. Jean PIerre Bertrand, Lecture dans Thierry Haumont, Le Conservateur des ombres, Labor, Bruxelles, 1998, p.573-606, p. 581.