John Allen Muhammad

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
John Allen Muhammad
Information
Nom de naissance John Allen Williams
Surnom Le Sniper de Washington
Naissance 31 décembre 1960
Bâton-Rouge (États-Unis)
Décès 10 novembre 2009 (à 48 ans)
Jarratt, Virginie, (États-Unis)
Cause du décès Injection létale
Condamnation 10 mars 2004
Sentence Peine capitale
Meurtres
Nombre de victimes 10
Période Début octobre 2002 - Fin octobre 2002
Pays États-Unis
États Washington
Arrestation 2002

John Allen Muhammad (né le 31 décembre 1960 à Bâton-Rouge en Louisiane - exécuté le 10 novembre 2009 à la prison de Greensville à Jarratt en Virginie) est un tueur en série américain, surnommé le « sniper de Washington », qui a sévi dans la région de Washington, D.C., abattant dix personnes avec l'aide de Lee Boyd Malvo. Ce dernier, alors âgé de 18 ans et arrêté en même temps, plaidera la dépendance psychologique vis-à-vis de Muhammad et sera condamné à la prison à perpétuité. Muhammad sera condamné à mort en 2004 et exécuté par injection létale cinq ans plus tard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ouverture aménagée dans le coffre de la Chevrolet Caprice des snipers.

John Allen Williams est un vétéran de la guerre du Golfe. Ce dernier a rejoint le mouvement Nation of Islam et a alors changé son patronyme de Williams pour Muhammad en avril 2001. Entre 1978 et 1985, il a fait partie des gardes nationaux de Louisiane. Il est entré dans l'armée en 1985 d'où il a été révoqué en 1994. Il a alors rejoint les gardes nationaux de l'Oregon. Le plus haut grade qu'il obtient fut celui de sergent, avant d'être dégradé pour avoir agressé un officier. Durant son entraînement militaire, John Allen n'a pas reçu de formation de tireur d'élite, mais il fit preuve d'une grande habileté lors des entraînements avec un M16, ce qui lui valut d'obtenir le meilleur grade de tireur. Il divorça deux fois en 1988 et 2001. Accusé de violence conjugale, il perdit la garde de ses enfants[1]

John Allen rencontra en 1999 à Antigua un jeune homme âgé de 15 ans abusé pendant sa jeunesse et abandonné par ses parents, Lee Boyd Malvo, reportant son affection sur lui. Il devint une figure paternelle pour le jeune garçon, rentra avec lui aux États-Unis où il lui donna un entraînement militaire, le formant notamment au tir[2]. Ils commirent treize attaques, qui se soldèrent par la mort de dix personnes, en l'espace de trois semaines en octobre 2002. Les 2 survivants sont une femme de 40 ans et un enfant de 13 ans. Ils tuaient sans distinction d'âges ou de couleurs de peau, choisissant leurs victimes au hasard, le plus souvent dans des stations-services ou sur des parkings de centres commerciaux, provoquant une véritable psychose dans toute la région marquée encore par les attentats du 11 septembre 2001, les enveloppes contaminées au bacille du charbon et l'attentat manqué de Richard Reid[3]. Selon le procureur durant le procès, le but ultime de Muhammad était de tuer sa femme pour obtenir la garde de ses enfants[4].

Ces derniers tiraient à partir d'une Chevrolet Caprice dont Muhammad avait aménagé le coffre en créant une ouverture permettant au tireur (John Allen ou Malvo) de s'allonger à l'intérieur, de repérer sa victime et de faire feu, sans être vu, et sans laisser de traces. Ainsi John Allen n'a jamais été repéré par aucun témoin et aucune douille ne fut jamais retrouvée à l'exception d'une laissée intentionnellement. Il avait aussi laissé une carte de tarot, celle de la Mort, où il avait écrit « Call me God » (« Appelez-moi Dieu ») et affirmé lors d'un appel téléphonique à la police qu'il était bien le sniper, invitant cette dernière à vérifier ses dires au sujet d'une attaque à main armée devant un magasin vendant de l'alcool à Montgomery. La police trouva alors sur une revue consacrée aux armes dans le parking du magasin l'empreinte digitale de Malvo[5].

L'arme utilisée était un fusil semi-automatique de marque Bushmaster AR-15 et de calibre .223 (une version civile du M16). Muhammad disposait également d'une lunette de visée ainsi que d'un bipied servant à stabiliser l'arme.

Au bout de quelques semaines, alors que la description de la voiture utilisée par les tueurs fut publiée par la presse, la police procéda à leur arrestation après qu'un chauffeur routier eut repéré la voiture sur une aire d'autoroute, les deux tireurs dormant dans la voiture.

Le 10 mars 2004, il est condamné à mort, décision confirmée en appel. La Cour suprême des États-Unis refusa le report de l'exécution – mais avec un avis minoritaire émis par trois de ses juges – et le gouverneur de Virginie, Tim Kaine, refusa d'accorder sa grâce. Les avocats de John Allen Muhammad plaidèrent la démence mentale de leur client, démence qui, selon eux, avait aussi empêché une défense correcte lors de son procès. John Allen est exécuté par injection létale le 10 novembre 2009, à 21 heures dans la prison de Greensville (Virginie).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Wayne Petherick, Serial Crime. Theoretical and Practical Issues in Behavioral Profiling, Academic Press,‎ 2009, p. 249-250
  2. (en) Gregg Lee Carter Ph.D, Guns in American Society, ABC-CLIO,‎ 2012, p. 721
  3. « Le "sniper de Washington" exécuté », sur Le Monde,‎ 11 septembre 2009
  4. (en) Mike M. Ahlers et CNN, « Sniper's ex-wife: Muhammad was 'magnet' for children », CNN.com,‎ 1er décembre 2003 (lire en ligne)
  5. (en) Eric Lichtblau et Don Van natta Jr, « An Angry Telephone Call Provided One Crucial Clue », sur The New York Times,‎ 25 octobre 2002

Documents[modifier | modifier le code]

  • « Le Sniper de Washington » (The Sniper's Trail, diffusé aux USA originellement le 12 juillet 2003), numéro de la série Forensic Files, adapté en français dans la série Les Enquêtes impossibles.
  • Un téléfilm issu des faits de ce tireur est sorti en 2003 aux États-Unis sous le nom de D.C. Sniper: 23 Days of Fear (en) (Sniper : 23 jours de terreur sur Washington en français).
  • Un film d'Alexandre Moors, Blue Caprice (en), sorti en 2013, retrace la trajectoire meurtrière des deux hommes et s'interroge sur les origines de la culture de la violence aux États-Unis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

un épisode de la série télévisée " commissaire moulin " Le sniper ou État d'urgence fait référence à ces événements

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]