Enveloppes contaminées au bacille du charbon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Enveloppes contaminées au bacille du charbon
Image illustrative de l'article Enveloppes contaminées au bacille du charbon
Lettre contaminée ayant causé la mort de deux postiers

Localisation New York
Boca Raton, Floride
Washington, D.C.
Cible ABC News, CBS News, NBC News, New York Post, National Enquirer, Tom Daschle et Patrick Leahy
Type Bioterrorisme
Arme Bacille du charbon
Morts 5
Blessés 17 autres infectés
Auteurs présumés Bruce Ivins

Les attaques à l'aide d'enveloppes contaminées au bacille du charbon sont une série d'attaques à l'enveloppe piégée qui commencèrent une semaine après les attentats du 11 septembre 2001.

En août 2008, on annonce le suicide d'un chercheur américain, Bruce Ivins, qui est suspecté par le FBI d'être en rapport avec cette affaire[1]. Le FBI conclut qu'Ivins était entièrement responsable de ces évènements et avancèrent qu'il voulait un soutien pour un vaccin qu'il avait mis au point, et c'est pourquoi il visait deux législateurs de sensibilité procatholiques[2],[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Les attaques débutèrent le 18 septembre 2001, soit 7 jours après les attentats du 11 septembre 2001. Des lettres contenant les bactéries de la maladie du charbon (Bacillus anthracis) ont été envoyées à cinq bureaux de grands média (ABC News, CBS News, NBC, New York Post et National Enquirer) et à deux sénateurs américains : Tom Daschle et Patrick Leahy. Conséquence : cinq morts. Jusqu'à présent, aucun individu ou groupe n'a été mis en examen pour ces attaques si on excepte le cas de Bruce Ivins qui s'est suicidé le 29 juillet 2008 juste avant sa mise en examen[4].

L'enquête a été menée en coordination avec les services des CDC, « centres de contrôle et de prévention des maladies ».

Note : les journalistes francophones, peu vigilants, ont utilisé à tort le mot anglais « anthrax » pour désigner la maladie.

Introduction[modifier | modifier le code]

Les premières enveloppes piégées auraient été envoyées de Trenton le 18 septembre 2001, exactement une semaine après les attentats du 11 septembre. Elles étaient adressées à des médias, principalement dans le New Jersey. Les destinataires de ces lettres étaient ABC News, CBS News, NBC News, et le New York Post — tous localisés dans la ville de New York. L'autre lettre envoyée à cette époque était adressée à l'ancienne adresse du The National Enquirer et ensuite transférée dans ses nouveaux bureaux au American Media Inc en Floride. AMI publie aussi un tabloïd appelé The Sun où l'une des victimes de l'anthrax, Robert Stevens, est morte.

Une note ayant été trouvée dans l'enveloppe pour le New York Post disait :

« 09-11-01, THIS IS NEXT, TAKE PENICILIN NOW, DEATH TO AMERICA, DEATH TO ISRAEL, ALLAH IS GREAT. »
« 11/09/2001, C'EST LA SUITE, PRENDS DE LA PENICILINE MAINTENANT, MORT À L'AMÉRIQUE, MORT À ISRAËL, ALLAH EST GRAND ».

Certains croient que cette note représente une forme bénigne de bioterrorisme dans la mesure où des conseils médicaux étaient inclus dans un avertissement mal orthographié : « take penacilin now ». Cela suggéra que la personne ayant posté le message au New York Post n'avait pas réellement l'intention de tuer. Un argument plus convaincant fut le fait que la substance contenue dans les lettres envoyées aux médias new-yorkais consistait en granules bruns durs et n'aurait pu causer que des problèmes de peau -l'anthrax cutané-, mais non la mort.

La seconde vague d'attaque aux enveloppes piégées est survenue trois semaines plus tard, le 9 octobre de Trenton NJ et destinée à deux sénateurs démocrates, Tom Daschle du Dakota du Sud, et Patrick Leahy de Vermont. Les deux lettres contenaient la même note, c'est-à-dire: « 09-11-01, YOU CAN NOT STOP US. WE HAVE THIS ANTHRAX. YOU DIE NOW. ARE YOU AFRAID? DEATH TO AMERICA. DEATH TO ISRAEL. ALLAH IS GREAT. » — « 11 SEPTEMBRE 2001, VOUS NE POUVEZ PAS NOUS ARRETER. NOUS AVONS CET ANTHRAX. VOUS ALLEZ MOURIR MAINTENANT. VOUS AVEZ PEUR ? MORT A L'AMERIQUE. MORT A ISRAEL. ALLAH EST GRAND. ». L'anthrax de la lettre destinée à Daschle a été décrite comme de la poudre fine. Cette poudre contenait dix fois plus de spores d'anthrax que celle retrouvée dans les lettres envoyées précédemment (au New York Post par exemple). L'anthrax de Daschle consistait en spores presque pures, avec une concentration d'un trillion de spores par gramme.

La poudre d'anthrax dans la lettre de Leahy était semblable à celle trouvée dans la lettre de Daschle. Cependant, la poudre d'anthrax de Leahy avait des particules plus petites et d'une taille plus uniforme. Les experts en matière de bio-défense rencontrèrent des difficultés dans l'analyse de ces poudres. Elles semblaient constituées d'une variété moderne et militarisée du bacille du charbon, non détectée précédemment par les experts en bioarmement.

Certains en ont conclu que ce type de matériel ne pouvait avoir été produit qu'avec la connaissance et les équipements avancés d'une organisation d'état. Une source possible pouvait avoir été un laboratoire secret des services de biorecherche de la CIA. D'autres hypothèses renvoient aux programmes de recherche avancée en bio-armement issue de l'ex-Union soviétique ou de laboratoires analogues situés dans un pays du moyen-orient. D'autres encore ont avancé que la poudre retrouvée n'était pas un produit industriel, mais plutôt une fabrication « artisanale », et pourrait avoir été créée dans presque n'importe quel laboratoire de microbiologie. Vingt-deux individus ont développé des symptômes infectieux, la plupart du temps liées à la forme cutanée de la maladie.

Cinq personnes sont mortes des suites de l'inhalation des poudres contaminées. En plus de la mort de Robert Stevens en Floride, on attribue deux morts à la contamination accidentelle du courrier. Les poudres dans leur version militarisée contenues dans les lettres destinées aux sénateurs seraient sorties accidentellement des enveloppes poreuses et auraient contaminé du courrier par voisinage. Ottilie Lundren, une dame âgée d'Oxford, Connecticut, et Kathy Nguyen, une immigrée vietnamienne de New York, sont présumées avoir trouvé la mort en recevant leur courrier contaminé par les spores contenues dans les lettres destinées au sénat. Les deux décès restants furent des employés du service des postes de Brentwood, à Washington, D.C. : Thomas Morris Jr. et Joseph Curseen. Ils sont supposés avoir été exposés aux lettres du sénat pendant qu'elles voyageaient dans le système.

L'enquête[modifier | modifier le code]

L'enquête de FBI et du Postal Inspection Service à mobilisé une cellule de 17 agents spéciaux du FBI et 10 agents postaux et 600 000 heures de travail y ont été consacrés. 29 gouvernements, universités et laboratoires scientifiques tel le United States National Research Council y ont participé[5]

En août 2008, on annonce le suicide d'un chercheur américain, Bruce Ivins, qui est suspecté par le FBI d'être en rapport avec cette affaire[1]. Le FBI conclut qu'Ivins était entièrement responsable de ces évènements et avance qu'il voulait un soutien pour un vaccin qu'il avait mis au point, et c'est pourquoi il visait deux législateurs de sensibilité procatholique[2].

Les documents sur celle-ci sont disponibles depuis 2010 sur le site du ministère de la Justice américain à l'adresse suivante : http://www.justice.gov/amerithrax/ et sur celui du FBI : http://foia.fbi.gov/foiaindex/amerithrax.htm.

Mais le directeur de la CIA au moment des faits, George Tenet, explique dans ses mémoires, parues en mai 2007 :

"Parmi nos plus grands succès dans le renseignement, l'un a été la découverte que le projet d'anthrax avait été développé en parallèle à la planification du 11 septembre. Au mieux pouvait-on déterminer que le plan d'Al-Zahwiri avait été développé pendant l'été 2001, quand le numéro 2 d'Al-Qaida, avec Hambali, ont été renseignés pendant une semaine par Sufaat sur les efforts qu'il avait fait pour isoler de l'anthrax. Toute l'opération était supervisée depuis la tête de l'organisation, dans le plus grand secret. Ayant complété cette phase de son travail, Sufaat fuit l'Afghanistan en décembre 2001 et fut capturé par les autorités alors qu'il essayait de revenir en Malaisie. Rauf Ahmad fut capturé par les Pakistanais en décembre 2001. Nous avions l'espoir que ces arrestations, et d'autres initiatives, avaient neutralisé la menace de l'anthrax, du moins temporairement."

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]