James Maitland (8e comte de Lauderdale)

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Le comte de Lauderdale, parlementaire écossais et diplomate francophile.

James Maitland (26 janvier 1759, à Haltoun House près de Ratho10 septembre 1839, à Thirlestane Castle, près de Lauder, Berwickshire), 8e comte de Lauderdale, chevalier de l’Ordre du Chardon, est un parlementaire britannique, membre du Conseil privé de la Couronne, Garde des sceaux d’Écosse et pair député auprès de la Chambre des Lords.

Biographie[modifier | modifier le code]

Année de jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils aîné de James Maitland (1718-1789), 7e comte de Lauderdale, auquel il succéda en 1789, il eut d’abord pour précepteur le savant Dr Andrew Dalzel, avant de compléter sa formation en fréquentant les universités d’Édimbourg et de Glasgow, puis en passant quelque temps à Paris où, dit-on, il acquit ses opinions « extrémistes » : James Maitland devait, en effet, s’avérer un écrivain et homme politique controversé.

Carrière parlementaire[modifier | modifier le code]

À son retour en Grande-Bretagne en 1780, on l'admit à la Faculty of Advocates tandis qu’il remportait les élections au Parlement. De 1780 à 1784 il fut député de la circonscription de Newport puis de 1784 à 1789, de la circonscription de Malmesbury. À la Chambre des communes, en tant que partisan du leader Whig Charles Fox, il prit une part active aux débats, et fut l'un des organisateurs de la procédure d’impeachment frappant Warren Hastings.

Puis en 1789, il devint pair député d’Écosse auprès de la Chambre des Lords, s’imposant comme l’un des opposants les plus virulents à la politique anti-française de William Pitt et de son gouvernement. C’était un orateur en vue qui s’illustra aussi par sa ferme opposition à la loi suspendant l’Habeas Corpus, à la Sedition Bill et à d’autres mesures d'exception. Fervent partisan de la Révolution française, il se présenta un jour à la Chambre des Lords en habits de Sans-culotte.

En juillet 1792, il dut se battre en duel contre Benedict Arnold qu'il avait insulté publiquement à la Chambre des Lords[1].

Lauderdale et la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1792, Lord Lauderdale repartit pour la France accompagné du médecin écossais John Moore. La prise des Tuileries et l’emprisonnement du roi Louis XVI survinrent juste trois jours après l'arrivée du comte dans la capitale française. L'ambassadeur de Grande-Bretagne ayant quitté Paris dès le début des massacres de Septembre, Lauderdale prit à son tour le chemin de Calais le 4 du même mois, mais il revint cependant à Paris le mois suivant et ne devait repartir pour Londres que le 5 décembre. À son retour, il publia un Journal during the residence in France from the beginning of August to the middle of December 1792. Selon l’érudit A. Thomson : « Le huitième comte de Lauderdale James Maitland se faisait appeler le « citoyen Maitland ». Avec ses idées extrémistes, il se trouvait à Paris sous la Révolution française et comptait au nombre des amis personnels de Jean-Paul Marat. Il ne retournait que rarement en Écosse. »[2]. Le comte de Lauderdale avait dès 1792 appuyé la fondation d’un club jacobin Outre-Manche, la Society of the Friends of the People.

Pair et diplomate du Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Lors de la formation du gouvernement Grenville en février 1806, Lauderdale fut élevé au rang de Pair du Royaume-Uni en tant que Baron Lauderdale de Thirlestane et prêta serment en tant que membre du Conseil privé de la Couronne. À partir de juillet 1806, il fut même pendant quelques mois garde des sceaux du royaume d'Écosse.

Comme il parlait couramment le français, on le dépêcha le 2 août 1806 comme ministre plénipotentiaire en France pour y conclure la paix, car les négociations engagées en vain depuis plusieurs semaines par le comte de Yarmouth traînaient en longueur. Arrivé sur le Continent le 5 du mois, il réussit avec l’ambassadeur Yarmouth à trouver un terrain d'entente avec Napoléon et son ministre Talleyrand. Yarmouth fut rappelé le 14, de sorte que Lauderdale restait le seul diplomate en poste. Il devait toutefois quitter Paris à la reprise des hostilités dès le 9 octobre suivant. On peut lire un compte-rendu détaillé de l'évolution et des conclusions des pourparlers dans la London Gazette du 21 octobre 1806.

Alors qu'il avait été jusque-là le dirigeant des Whigs d’Écosse, Lauderdale rallia le parti tory et vota contre le Reform Bill of 1832. Il fut nommé Conseiller de la Couronne en 1806 et chevalier du Chardon en 1821.

Il avait épousé Eleanor Todd (1762-1856), unique héritière du secrétaire d'État aux postes Anthony Todd, le 15 août 1782. Il en eut neuf enfants, dont une fille, Lady Julia Jane, qui épousera en 1823 le baronnet John Warrender (né en 1786) ; parmi ses fils (dont aucun ne se maria), son aîné et héritier James Maitland (1784-1860), et un autre, Anthony Maitland (1785-1863), s’illustra comme amiral. À la mort du 9e comte, le titre de Lauderdale passa à ce dernier.

Le titre d'enseigne royal d'Écosse[modifier | modifier le code]

À la mort sans descendance du comte de Dundee en 1672, le duc de Lauderdale s'était vu conférer la dignité de gonfalonnier héréditaire du roi d’Écosse, que ses héritiers devaient conserver jusqu’en 1910. C'est ainsi qu’en 1790, le comte de Lauderdale James Maitland avait fait frapper ses armoiries de la mention d'Enseigne royal pour le Souverain d'Ecosse.

Mais en 1952, à l'issue d'une réunion avec les comtes de Lauderdale et de Dundee, Lord Lyon sollicita la reine afin qu'elle confirme les droits du comte de Lauderdale à arborer le saltire en tant que gonfalonnier royal d’Écosse, et ceux du comte de Dundee à arborer, en tant que Bearer of the Royal Banner, le lion rampant.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • An inquiry into the nature and origine of public weallh and into the means and causes of its increase [« Recherches sur la nature et l’origine de la richesse publique, et sur les moyens et les causes de son accroissement »] (trad. E. Lagenlie de Lavaisse), Édimbourg,‎ 1804 en 4 vol. in-octavo (réimpr. 2e édit. augmentée, Edimbourg, 1819, ; version française chez Dentu, Paris 1808), un vol. in-octavo de 336 pages (lire en ligne)
    Ce livre, qui fut en son temps à l’origine d'une controverse avec Lord Brougham, est aussi le premier traité d’économie à attirer l'attention sur les conséquences économiques d’un excédent ou d’un déficit budgétaire : c'est l'un des fondements de la théorie keynésienne de la relance par les investissemnts publics.
    .
  • The Depreciation of the Paper-currency of Great Britain Proved,‎ 1812

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Curtis Fahey, « Dictionary of Canadian Biography Online », Library and Archives Canada,‎ 2000 (consulté le 9 décembre 2007)
  2. « James Maitland 8th Earl of Lauderdale was known as 'Citizen Maitland'. An extremist, he was in Paris during the French Revolution and was a personal friend of Jean-Paul Marat. He rarely visited Scotland. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]