James Hepburn

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James Hepburn en 1566

Jacques Hepburn 1er duc des Orcades, 4e comte de Bothwell, était à titre héréditaire Lord Grand-Amiral d'Écosse (appelé simplement Bothwell à l'époque) (né vers 1534 – mort le 14 avril 1578). On le connaît surtout pour sa liaison avec Marie Stuart, reine d'Écosse, dont il finit par être le troisième mari.

Famille[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Patrick Hepburn, 3e comte de Bothwell, à qui il succéda comme comte en 1556, et de sa femme Agnès (morte en 1572), fille d'Henry, 3e lord Sinclair.

Amiral et Casanova[modifier | modifier le code]

Comme Grand-Amiral, Bothwell navigua partout en Europe. Pendant une visite à Copenhague vers 1559, il tomba amoureux d'Anna Rustung, fille noble norvégienne dont le père, Christoffer Trondsen Rustung, fameux amiral norvégien, exerçait les fonctions de consul du roi du Danemark. Après leurs fiançailles, Anna partit avec Bothwell et, en Flandres, il lui apprit qu'il n'avait plus d'argent et lui demanda de vendre tout ce qu'elle possédait, ce qu'elle fit, après quoi elle revint au Danemark retrouver sa famille pour demander encore de l'argent. Margaret, la sœur d'Anna, avait épousé le noble écossais John Stuart, 4e comte d'Atholl. Anna était malheureuse et, semble-t-il, se plaignit de Bothwell. La façon dont il l'avait traitée joua un rôle dans sa ruine.

Rencontre avec la reine Marie[modifier | modifier le code]

Bothwell semble avoir rencontré Marie Ire reine d'Écosse et de France alors qu'il visitait la cour de France en automne 1560, après avoir quitté Anna Throndsen en Flandres. Il fut aimablement reçu par Marie et son époux François II de France et, comme il le raconta lui-même :

« La Reine m'a récompensé plus libéralement et plus honorablement que je l'avais mérité ».

Il reçut en effet 600 couronnes avec le titre et la pension de gentilhomme de la Chambre du Roi. Il fit encore une visite en France au printemps 1561 et, avant le 5 juillet, revint à Paris pour la troisième fois - accompagné cette fois de l'évêque d'Orkney et de Lord Eglinton.

En août, la reine devenue veuve retourna en Écosse dans une galère française ; en raison de ses compétences en matières navales, Bothwell avait été chargé d'organiser une partie du voyage.

Querelles[modifier | modifier le code]

Il semble qu'à la cour, après le retour de la reine, Bothwell n'ait guère été qu'un noble insupportable. Sa querelle ouverte avec Arran et les Hamilton, qui l'accusaient d'intrigues contre la Couronne, ne laissèrent pas de troubler Mary et, bien qu'Arran eût finalement été reconnu fou, Bothwell fut quand même emprisonné sans jugement au château d'Édimbourg en 1562. La même année, il s'enfuit, pendant que Marie était dans les Highlands.

Ami de la reine[modifier | modifier le code]

La reine Marie Ire

En février 1566, Bothwell se maria avec Jean, la fille de George Gordon, 4e comte de Huntly. Mary assista au mariage. Mais, en été, Jean tomba gravement malade et approcha de la mort. Le mariage ne dura guère plus d'une année.

À ce moment-là la reine et Bothwell étaient très proches. Ayant appris qu'il avait été gravement blessé et allait probablement mourir, Mary fit un long trajet à travers les collines et les forêts des Borders pour le retrouver au Château Hermitage quelques semaines seulement après avoir donné naissance à son fils Jacques (futur Jacques VI d'Écosse et Jacques Ier d'Angleterre).

Le meurtre de Darnley[modifier | modifier le code]

La femme de Bothwell divorça pour cause d'adultère avec sa servante, Bessie Crawford, le 7 mai 1567, trois mois après la mort "accidentellle" du deuxième époux de la reine Marie, Henry Stuart, Lord Darnley. Bothwell était un de ceux qu'on accusait de l'avoir tué. Sir William Drury dit au Secrétaire d'État William Cecil de la reine Elisabeth que « le bruit courait dans le peuple » que Mary voulait épouser Bothwell.

Mais, en attendant, la famille de Darnley, en la personne du comte de Lennox, son père, faisait campagne pour obtenir vengeance et à sa demande le Conseil Secret entama des procédures contre Bothwell le 12 avril 1567. Drury rapporte que la reine était continuellement en mauvaise santé « pour la plupart du temps mélancolique ou maladive ». Le jour fixé, Bothwell descendit à cheval magnifiquement le Canongate, avec le comte de Morton et Guillaume Maitland l'escortant, et sa famille Hepburn chevauchant derrière. Le procès dura à partir de midi jusqu'à sept heures du soir. Bothwell fut acquitté.

Le mercredi suivant, la reine, accompagnée de Bothwell qui portait le sceptre, se rendit au Parlement où les arrêtés du jugement de Bothwell furent officiellement déclarés justes selon la loi du pays. Le samedi 19 avril pas moins de huit évêques, neuf comtes et sept lords du Parlement apposèrent leurs signatures à ce qui est passé à la postérité comme le Ainslie Bond, un manifeste où il était déclaré que Marie devrait se remarier avec un sujet né dans le pays, non-étranger et le remirent à Bothwell.

Le Grand Enlèvement[modifier | modifier le code]

Le mercredi 24 avril, pendant que Marie était en route du Palais de Linlithgow vers Édimbourg, Bothwell parut subitement à la tête de 800 hommes. Il assura la reine qu'un danger l'attendait à Édimbourg et lui proposa de l'emmener dans son château de Dunbar pour la protéger. Elle accepta de l'accompagner et arriva à Dunbar à minuit. Le 12 mai, la reine le créa duc d'Orkney et il l'épousa dans la Grand Salle de Holyrood le 15 mai 1567 (huit jours après que son divorce eut été prononcé). Dans les trois jours, sir Guillaume Drury écrivit à Londres que, malgré les apparences, on savait qu'il n'y avait pas eu contrainte.

Fuite[modifier | modifier le code]

Le mariage divisa le pays a en deux camps et le 16 juin, les Lords opposés à Marie et à Bothwell signèrent un acte pour les dénoncer. Il s'ensuivit le 15 juin 1567 un affrontement entre les deux camps opposés sur la Colline de Carberry, et Bothwell s'enfuit, après avoir embrassé une dernière fois la reine, qui ne devait plus jamais le revoir. En décembre de la même année, les titres et les propriétés de Bothwell lui furent retirés pour trahison aux termes de la loi votée par le Parlement.

La Vengeance d'Anna[modifier | modifier le code]

Ayant fui l'Écosse, il partit pour la Scandinavie dans l'espoir d'y recruter une armée pour remettre Marie sur le trône, mais il connut la mésaventure d'être arrêté sur les côtes de la Norvège (alors territoire danois) sans posséder les autorisations nécessaires et fut emmené au port de Bergen. Malheureusement, c'était la région natale d'Anna Rustung qui déposa contre lui une plainte, soutenue par sa puissante famille ; son cousin Erik Rosenkrantz, haut placé en Norvège, fit enfermer Bothwell dans une prison locale tandis qu'Anna le poursuivait en justice pour abandon et réclamait la restitution de son douaire. Les rapports sur le jugement sont impressionnants, décrivant Anna comme portant une majestueuse robe rouge et d'imposants bijoux. Anna devait tout de même conserver à Bothwell une petite place dans son cœur car il la persuada de prendre la garde de son bateau, comme une sorte de compensation. Bothwell aurait été libéré mais, entretemps, le roi du Danemark, Frédéric, ayant appris que la couronne anglaise cherchait Bothwell accusé du meurtre de Lord Darnley, décida de le garder prisonnier sur le territoire continental du Danemark.

La fin[modifier | modifier le code]

Au début, le roi Frédéric traita Bothwell honorablement, mais finalement l'envoya au château danois de Dragsholm de sinistre réputation et où, dit-on, il fut enfermé dans des conditions épouvantables. On peut encore voir dans le château un pilier où il était enchaîné, avec un sillon circulaire sur le sol autour de la colonne ; c'est là que Bothwell aurait passé les dix dernières années de sa vie et qu'il mourut. C'est son corps momifié suppose-t-on que l'on pouvait voir il y a encore quelques décennies à Fårevejle, dans l'église près du château. Cependant, l'identité du corps n'a jamais été établie de façon concluante.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Marie Stuart, par Stefan Zweig, Livre de Poche
  • (fr) Marie Stuart, reine de France et d'Écosse, par Antonia Fraser, Laffont, 1973
  • (en) The Royal Families of England Scotland and Wales, with their descendants, etc., by John and John Bernard Burke, London, 1848, volume 2, pedigree XII.
  • (en) Scottish Kings, a Revised Chronology of Scottish History, 1005 - 1625, by Sir Archibald H. Dunbar, Bart., Edinburgh, 1899, p. 256.
  • (en) Lines of Succession, by Jiri Louda & Michael Maclagan, London, 1981.

Voir aussi[modifier | modifier le code]