Jacques Firmin Beauvarlet

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Portrait du sculpteur Bouchardon. Gravure de Beauvarlet d'après François-Hubert Drouais.

Jacques Firmin Beauvarlet, né à Abbeville le 25 septembre 1731 et mort à Paris le 7 décembre 1797, est un graveur français.

Connu surtout pour ses portraits, il a gravé d'après la plupart des peintres de son temps. Une fois sa vogue fut passée, ses œuvres ont été diversement appréciées.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Fils d'un marchand tapissier, Beauvarlet choisit de ne pas poursuivre le métier de son père et se fait placer chez un graveur de sa ville natale. En 1750, il se rend à Paris, où il entre dans l'atelier de son compatriote Robert Hecquet, qui le juge « dégrossi, mais répugnant au travail, bizarre de caractère et promettant peu[1] ». Beauvarlet entre ensuite chez Charles Dupuis, puis chez Laurent Cars, dont il devient l'un des meilleurs élèves. Ses gravures d'après Luca Giordano assurent sa notoriété et lui valent d'être agréé en 1762 par l'Académie royale de peinture et de sculpture, dont il est élu membre en 1765.

Ses portraits surtout sont appréciés. Dans les figures qu'il grave d'après Nattier, van Loo, Vien, il « rompt les tailles dans les chairs et les pointille finement de manière à donner l'illusion de la peau[2] ». On lui reproche néanmoins de faire « des ouvrages péniblement léchés, reluisants et terminés au point de fatiguer les yeux[3] ». Lorsque paraît une série de sept estampes intitulée L'Histoire d'Esther, d’après Jean-François de Troy, l'auteur des Mémoires secrets émet sur son œuvre un jugement nuancé :

« C'est par le moelleux et l'onction que continue à exceller M. Beauvarlet dont les ouvrages causent une sensation suave comme eux ; c'est à coup sûr pour conserver ce beau fini qu'il a mérité le reproche d'introduire la nouvelle mode de graver autrement que d'après le tableau, c'est-à-dire le réduire d'abord en dessin pour le transmettre ensuite au burin. Il est certain qu'à travers toutes ces manipulations, si je peux me servir de ce terme, l'esprit de l'original s'évapore ; il n'en reste plus que le matériel[4]. »

Beauvarlet avait épousé en 1761 la fille d'un acteur de la Comédie-Française, Catherine-Françoise Deschamps, elle aussi adepte du burin. Devenu veuf en 1769, il épousa sa belle-mère, qui mourut dix ans plus tard. Remarié en 1787, il perdit encore sa troisième femme. Sur la fin de sa vie, il se retira à la campagne, où il fut victime d’une maladie « qui tourna bientôt en état de langueur[5] ». Revenu à Paris pour se faire soigner, il y mourut à l'âge de 66 ans.

L'œuvre de Beauvarlet compte environ 120 pièces. Outre les artistes déjà cités, il a notamment gravé d'après François Boucher, Sébastien Bourdon, François-Hubert Drouais, Jean Honoré Fragonard, Jean-Baptiste Greuze, Claude Joseph Vernet.

Il a eu, entre autres, pour élèves Pierre Audouin, Louis Binet, François-Rolland Elluin. L’abbé Dairaine a publié un catalogue de ses œuvres en 1860 à Abbeville.

La marchande d'amours[modifier | modifier le code]

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Deux portraits[modifier | modifier le code]

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Portraits[modifier | modifier le code]

  • Marie-Adélaïde, fille de Louis XV, d’après Nattier ;
  • Louis Joseph Xavier, duc de Bourgogne, d’après Frédou ;
  • Mlle. Clairon, actrice, d’après Van Loo ; par Laurent Cars et Beauvarlet ;
  • L’abbé Nollet, d’après La Tour ;
  • Edmé Bouchardon, sculpteur, d’après Drouais, 1776 ;
  • Jean Baptiste Poquelin-Molière, d’après S. Bourdon ;
  • Le marquis de Bomballes, d’après Moslin et Vernet ;
  • Catherine, princesse Galizin; médaillon ;
  • Ferdinand, duc de Brunswick ;
  • Madame du Barry, d’après Drouais.

Sujets d’après différents maitres[modifier | modifier le code]

  • Loth et ses filles, d’après Luca Giordano ;
  • Suzanne et les vieillards, d’après le même ;
  • Persée change en pierre Phinée et sa troupe, d’après le même ;
  • Acis et Galatée, d’après le même ;
  • Le Jugement de Pâris, d’après le même ;
  • L’Enlèvement d’Europe, d’après le même ;
  • L’Enlèvement des Sabines, d’après le même ;
  • Suzanne et les vieillards, d’après Guido Canlassi ;
  • Les Égouts, d’après Guido Reni ;
  • L’Incrédulité de Thomas, d’après Calabrese ;
  • Venus déplorant la mort d’Adonis, d’après A. Turchi ;
  • La Rusée, d’après C. Vega ;
  • La Surprise Double, d’après Gérard Dou ;
  • Le Pêcheur, d’après H. Carré ;
  • Les Joueurs de tric-trac, d’après Teniers ;
  • Le Joueur de cornemuse, d’après le même ;
  • Le Bourgmestre, d’après Ostade ;
  • Diane et Actéon, d’après Rottenhammer ;
  • Les Baigneurs, d’après Boucher ;
  • Le Piège, d’après le même ;
  • Cupidon enchainé par les Grâces, d’après le même ;
  • Les Enfants du comte de Béthune, d’après Drouais ;
  • Le Colin Maillard, d’après Fragonard ;
  • La Chasteté de Joseph, d’après Nattier ;
  • Suzanne et les vieillards, d’après Vien ;
  • L’Offrande à Vénus, d’après le même ;
  • L’Offrande à Cérès, d’après le même ;
  • Cupidon tenant son arc, d’après Carle van Loo ;
  • La Confidence, d’après le même ;
  • La Sultane, d’après le même ;
  • Lecture espagnole, d’après le même ;
  • Conversation espagnole, d’après le même ;
  • Télémaque dans l’ile de Calypso, d’après Raoux ;
  • La Toilette pour le bal et le Retour du bal, d’après J.-F. de Troy ;
  • Sept gravures de l’Histoire d’Esther, d’après le même ;
  • Un sujet d’une peinture antique à Herculanum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Portalis et Henri Beraldi, Les Graveurs du dix-huitième siècle, vol. I, 1880, p. 136. Les éléments biographiques du présent article proviennent de cette même source.
  2. Ibid., p. 138.
  3. F. E. Joubert, Manuel de l'amateur d'estampes, Paris, vol. I, 1821, p. 231.
  4. Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la République des Lettres en France depuis 1762 jusqu'à nos jours, attribués à Louis Petit de Bachaumont. Cité par Roger Portalis et Henri Beraldi, op. cit., p. 138-139.
  5. Ibid., p. 141.

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