Henri Beraldi

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Ascension de l'Aneto par les Beraldi père et fils, photographie par Eugène Trutat

Angelo Ferdinand dit Henri Beraldi, né le 6 février 1849 à Paris 8°, mort dans la même ville le 31 mars 1931, est un sous-chef de bureau au ministère de la Marine et des Colonies, homme de lettres, fondateur et président de la Société des Livres, collectionneur d'estampes, bibliophile, écrivain d'art et éditeur français, chevalier de la Légion d'honneur.

Patronyme[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne l'orthographe de son patronyme, dont l’usage est de l’écrire sans accent sur le e, il est notifié de manière formelle dans l'acte reconstitué des archives de Paris, celui-ci est accentué Béraldi, patronyme pareillement accentué chez son père Pierre-Louis Beraldi né à Fort-Royal en Martinique, et son grand-père Louis Raphaël Béraldi, né à Pesaro dans les Etats-Romains, qui est arrivé à Fort-Royal en 1802, venant d'Italie, vit son patronyme accentué de cette manière. Son oncle maternel et parrain, Ange Ferdinand Mazzoli, lui donna ses prénoms, mais il endossa le prénom d'Henri pour ses publications et il est fort probable qu'à cette occasion l'accentuation de son patronyme ait disparu. En outre son parrain, Ange Ferdinand Mazzoli, aquarelliste, archéologue collectionneur, artiste érudit, qui collabora en 1863 à L'Illustration du Midi, fut son mentor.

Biographie[modifier | modifier le code]

Angelo Ferdinand dit Henri, est fils de Pierre-Louis Beraldi 1821-1903, officier d'administration de la Marine nationale, sous-directeur au ministère de la Marine, président du Conseil général, sénateur de l'Aude 1876-1885, président au conseil d'administration des Chemins de fer de l'État, chevalier la Légion d'honneur, et de Suzanne Mathilde Mazzoli (1823-1909), sœur de Ange Ferdinand Mazzoli (1821-1893), son parrain.

Henri se marie le 4 décembre 1880 à Paris 9e avec Cécile Félicie Jeanne « Mathilde » Gavet, née le 22 novembre 1857 à Paris 8°, y décédée le 23 décembre 1940. fille de Pierre « Auguste » Bienaimé Gavet, 1824-1881, agent de change à la Bourse de Paris, chevalier de l'Ordre des saints Maurice et Lazare, et de Alexandrine Félicie "Louise" Bornot (1833-1886). Ils eurent cinq enfants, dont trois garçons et deux filles.

Henri Béraldi était membre et président de nombreuses associations culturelles. Il se dépensa pendant la guerre de 1914 comme administrateur de l'hôpital de la Croix-Rouge installé dans le Lycée Louis-le-Grand à Paris.

Bibliophile[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de 20 ans, il manifesta son goût pour les vignettes, les illustrations, les estampes et gravures. Il réussit à constituer une collection renommée. Parmi les trésors qu'il avait rassemblés, figuraient entre autres choses, les Contes de La Fontaine, contenant 57 dessins originaux de Fragonard, chef-d'œuvre conservé longtemps au Petit Palais.

Écrivain d'art[modifier | modifier le code]

C'est à 25 ans qu'Henri Béraldi fit paraître son premier ouvrage L'œuvre de Moreau le Jeune. D'autres publications suivirent, parmi lesquelles on peut citer notamment :

Il publia également de nombreux catalogues d'estampes, et des ouvrages consacrés à la bibliophilie, à la reliure[1].

  • Estampes et Livres -1872 à 1892-, Paris librairie Conquet 1892.

La Reliure au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En novembre 1898 paraissait le premier titre de cette collection La Reliure du XIXe siècle, en 4 volumes parus entre 1895 et 1897 chez L. Conquet à Paris. Ce livre considéré par les spécialistes comme « le meilleur et le mieux illustré » sur le sujet retrace également d'une manière savoureuse l'histoire de la bibliophilie et des bibliophiles au XIXe siècle. Imprimé à l'époque à 295 exemplaires sur vélin, ce livre aujourd'hui introuvable n'avait jamais été réédité. Un index des noms de relieurs, d'artisans et d'artistes a été ajouté à la fin de chaque volume dans la nouvelle édition.

Pyrénéiste[modifier | modifier le code]

En reconnaissance de ses travaux sur les Pyrénées, la ville de Luchon édifia un monument à sa mémoire. Venu souvent aux Pyrénées (il passa plusieurs étés à Luchon), il y fit de nombreuses ascensions. Il se vantait volontiers d'être monté plus de cent fois au Port de Vénasque.

Bibliophile passionné, il rechercha et collectionna les livres consacrés aux Pyrénées. Il publia plusieurs ouvrages sur cette « littérature pyrénéenne » :

  • Cent Ans aux Pyrénées (1898-1904), une somme monumentale en sept volumes. Il y analyse et commente, parfois avec ironie, toujours avec passion, la littérature pyrénéenne du XIXe siècle, de Ramond de Carbonnières aux premiers écrivains du XXe siècle. Cet ouvrage est en même temps une histoire de l'exploration et de la « conquête » des sommets des Pyrénées. Dans le préambule du tome I, « excursion biblio-pyrénéenne », il propose, sur le modèle d'alpinisme, le terme « pyrénéisme ». Le projet initial était une édition illustrée avec les dessins de Charles Jouas, gravés par Henri Paillard, les deux artistes qui accompagnèrent Béraldi dans ses pérégrinations pyrénéennes. Les dessins étaient prêts et la plupart étaient gravés, mais l'ouvrage parut, pour des raisons inconnues, sans illustrations, à l'exception des huit vignettes portraits figurant sur les couvertures.
Vignettes des couvertures de Cent Ans aux Pyrénées, par Charles Jouas
  • Henri Beraldi. Le Passé du pyrénéisme. Notes d'un bibliophile. Tome I (1911) : Les Pyrénées avant Ramond. Tome II (1919) : Ramond de Carbonnières, le cardinal de Rohan, Cagliostro.
  • Henri Beraldi. Le Sommet des Pyrénées. Notes d'un bibliophile. Tome I (1923) : Les Cent et un pics. Tome II (1924) : Tuquerouye. Paris. Tome III (1925) : Du Mont-Perdu au Nethou.

Il s'intéressa aussi aux officiers géodésiens qui établirent les limites de la frontière franco-espagnole (Junker) ou la carte d'état-major (Peytier et Hossard, entre autres) :

  • Henri Beraldi. Balaïtous et Pelvoux. Tome I : Notes sur les officiers de la carte de France. Tome II : Un Officier géodésien aux Pyrénées en 1786-1795, les premières ascensions du grand Pelvoux par le capitaine Durand.

La Bibliothèque de Toulouse possède un « fonds Beraldi », offerts par les héritiers d'Henri Beraldi, comprenant une partie de ses collections, celle relative aux Pyrénées et à Luchon[2].

Éditeur[modifier | modifier le code]

  • Paysages Parisiens, d’Émile Goudeau, illustrations d’Auguste Lepère, 1892
  • Tableaux de Paris. Paris qui consomme., d’Émile Goudeau, illustrations de Pierre Vidal, 1893
  • Paris au hasard, de Georges Montorgueil, dessins et gravures d’Auguste Lepère, 1895
  • Tableaux de Paris. Paris qui consomme., d’Émile Goudeau, illustrations de Charles Jouas, 1897
  • Poèmes Parisiens, d’Émile Goudeau, illustrations de Charles Jouas, 1897
  • Paris-Staff. Exposition de 1900, d’Émile Goudeau, 1902

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger de Portalis et Henri Beraldi. Les graveurs du dix-huitième siècle, Paris, D. Morgand et C. Fatout, 1880-1882, trois volumes in-8°. Reproduit en fac-simile, Paris, l'Échelle de Jacob, 2001.
  • Henri Beraldi. Les graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, cinq volumes (1885-1891). Reproduit en fac-simile, Nogent-le-Roi, LAME, 1981.
  • Henri Beraldi. Cent ans aux Pyrénées, Paris, 1898-1904, sept volumes in-8°. Rééditions par « Les Amis du Livre Pyrénéen », Pau, 1977, puis par la « Librairie des Pyrénées et de Gascogne », Pau, 2001.
  • Henri Beraldi. Balaïtous et Pelvoux. Réédition par Rando Éditions (2004).

Sources et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]