Jack Agazarian

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Jack Agazarian (19 décembre 191629 mars 1945) fut un agent secret britannique du Special Operations Executive, section F, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut l'un des opérateurs radio du réseau Prosper-PHYSICIAN de Francis Suttill « Prosper ». Lorsque le réseau s'effondra, il fut arrêté, torturé, déporté au camp de Flossenbürg et exécuté par les Allemands.

Identités[modifier | modifier le code]

  • État civil : Jack Charles Stanmore Agazarian
  • Comme agent du SOE, section F :
    • Nom de guerre (field name) : « Marcel »
    • Nom de code opérationnel : GLAZIER (en français VITRIER) lors de la 1re mission ; USHER (en français HUISSIER) lors de la 2e.
    • Identité de couverture : Jacques Chevallier

Parcours militaire :

  • Unité d'origine : Royal Air Force Volunteer Reserve.
  • Grade : Flight Lieutenant ; matricule : Numéro : 71106

Pour accéder à des photographies de Jack Agazarian, se reporter au paragraphe Sources et liens externes en fin d'article.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Son père : Berdge Rupen, homme d'affaires, Arménien d'origine.
  • Sa mère : Jacqueline Marie-Louise Le Chevalier, Française.
  • Ses frères (2) :
  • Sa sœur : Monique "Aggie" (17 juillet 1920, Surrey - 1993)[1]
  • Sa femme : Françoise Isabella ("Francine") Agazarian (décédée en 1999), également agent du SOE section F, nom de guerre « Marguerite ».

Biographie[modifier | modifier le code]

1916. Le 19 décembre, naissance de Jack Agazarian à Londres.

Éducation en France et en Angleterre (Dulwich College).

Employé dans les affaires de son père.

À la déclaration de guerre, il rejoint la Royal Air Force.

Il est recruté par le SOE comme opérateur radio.

1942.

  • Il suit l'entraînement.
Première mission en France
Définition de la mission : il vient comme deuxième opérateur radio du réseau Prosper-PHYSICIAN nouvellement formé par le SOE, avec Francis Suttill à sa tête.
  • Décembre, il arrive à Paris. Sa femme Francine le rejoint un peu plus tard.

1943.

  • Il travaille occasionnellement pour Henri Déricourt, un ancien pilote de l'armée de l'air dont le travail consiste à trouver des terrains d'atterrissage et à organiser la réception des agents arrivant par avion. À un moment, il commence à se poser des questions sur la loyauté de Déricourt et rapporte à Londres ses soupçons et ceux d'autres agents.
  • Agazarian est repéré par la Gestapo, et en plusieurs occasions manque de justesse d'être arrêté.
  • Francis Suttill considère la présence continue d'Agazarian comme constituant un risque en matière de sécurité.
  • 16 juin. Agazarian est renvoyé par avion Lysander en Angleterre.
À Londres
  • Il réitère son inquiétude à propos de la loyauté de Déricourt, auprès de Nicholas Bodington et de Maurice Buckmaster, lesquels néanmoins ne sont pas convaincus. Cependant, quand Noor Inayat Khan « Madeleine » perd contact avec le réseau Prosper, le quartier général s'inquiète de plus en plus. Leo Marks, le chef des codes et du cryptage au SOE est convaincu que Gilbert Norman, l'opérateur radio, transmet sous le contrôle des Allemands.
Deuxième mission en France
Définition de la mission : Agazarian accompagne Nicholas Bodington pour déterminer l'état du réseau Prosper.
  • 22 juillet. Agazarian et Bodington sont déposés par avion dans la nuit du 22 au 23 juillet[2].
  • Bodington arrange une rencontre avec Gilbert Norman à une adresse convenue rue de Rome, près de la Gare Saint-Lazare, mais c'est Agazarian, et non pas Bodington, qui vient au rendez-vous[3].
Aux mains de l'ennemi
  • 26 juillet. Les inquiétudes étaient fondées, et les Allemands ont bien pénétré le réseau. Agazarian est arrêté. Trois membres du réseau, le courrier Andrée Borrel « Denise », le chef Francis Suttill « Prosper » et l'opérateur radio Gilbert Norman « Archambault » sont en prison depuis le 24 juin, et les transmissions radio de Gilbert Norman sont en réalité opérées par les Allemands. Le rôle d'Henri Déricourt dans l'effondrement du réseau Prosper n'est pas complètement élucidé. Après la guerre, il sera jugé en tant qu'agent double, mais sera acquitté faute de preuves, avec le soutien de Nicholas Bodington venu témoigner en sa faveur.
  • Agazarian endure la torture pendant six mois à la prison de Fresnes.
  • Il est déplacé au camp de concentration de Flossenbürg et maintenu à l'isolement.

1945. Jack Agazarian est exécuté le 29 mars à Flossenbürg.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Source : The Daily Telegraph Second Book of Obituaries, March 7 1993.
  2. Opération GAMEKEEPER organisée par Henri Déricourt ; l'avion Hudson est piloté par le Wing commander Lewis Hodges et les Flight lieutenants Broadley et Reed ; terrain ACHILLE ; il y a un troisième passager, le commandant belge, Adelin Marissael ; trois agents sont ramenés en Angleterre.
  3. Bodington a expliqué dans The People Sunday du 21 février 1960, qu'il avait tiré à pile au face pour savoir qui, de lui ou de Jack Agazarian, se rendrait au rendez-vous. Selon Henri Déricourt et Jean Besnard, c'est inexact : selon eux, Bodington aurait donné l'ordre à Jack Agazarian de s'y rendre. [Source : John Vader, p. 342.]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche Jack Agazarian : voir le site Special Forces Roll of Honour
  • Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France de 1940 à 1945, Robert Laffont, 1976 ; éd. revue et complétée, Crémille & Famot, 1982.
  • Hugh Verity, Nous atterrissions de nuit... Les atterrissages secrets de la RAF en France 1940-44, 1978 ; 5e éd. revue et augmentée, Vario, 2004.
  • Anthony Cave Brown, La Guerre secrète, le rempart des mensonges, Pygmalion/Gérard Watelet, 1981, (ISBN 978-2857048855).
  • Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d'Action (SOE) en France 1940-1944, annot. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Tallandier, 2008, (ISBN 978-2-84734-329-8), (EAN 9782847343298). Traduction en français par Rachel Bouyssou de (en) SOE in France. An account of the Work of the British Special Operations Executive in France, 1940-1944, London, Her Majesty's Stationery Office, 1966, 1968 ; Whitehall History Publishing, in association with Frank Cass, 2004.
    Ce livre présente la version « officielle » britannique de l’histoire du SOE en France. Une référence essentielle sur le sujet du SOE en France.
  • Richard Seiler, La Tragédie du Réseau Prosper, Pygmalion, 2003, (ISBN 978-2857048046).
  • John Vader, Nous n'avons pas joué, l'effondrement du réseau Prosper 1943, Le Capucin, 2002. Ce livre est la traduction française du livre (en) Prosper double-cross, Sunrise Press, 1977, traduction, notes et annexes de Charles Le Brun.
  • Jacques Bureau, Un soldat menteur, Robert Laffont, 1992,(ISBN 978-2221073124). Témoignage direct d'un membre du réseau Prosper.
  • Jean Lartéguy et Bob Maloubier, Triple jeu, l'espion Déricourt, Robert Laffont, 1992,(ISBN 978-2221068366).