Ivy Compton-Burnett

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Dame Ivy Compton-Burnett est une romancière britannique née le 5 juin 1884 à Pinner (Middlesex) et morte le 27 août 1969 à Kensington, Londres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Romancière discrète de la première moitié du XXe siècle, Dame Ivy Compton-Burnett (elle fut anoblie par la reine Elizabeth II peu de temps avant sa mort) fut un écrivain très apprécié par ses pairs, depuis Angus Wilson jusqu'à Nathalie Sarraute ou, plus près de nous, Angelo Rinaldi et Hector Bianciotti.

Née en 1884 (bien que certaines sources en France indiquent la date erronée de 1892) elle est l'aînée d'une fratrie de 7 enfants. Fille du médecin homéopathe James Compton-Burnett, elle perdit très tôt sa mère. Après les secondes noces de son père, Ivy et ses frères et sœurs reçurent une éducation à domicile, ce qui est un premier élément d'explication à la thématique des romans à venir, où l'univers familial et coupé du monde crée un climat lourd et prompt à tous les débordements criminels et amoraux.

Son père mourut alors qu'elle avait 16 ans, en 1901. Les années sombres débutèrent alors pour Ivy qui devait souffrir de l'autorité de sa belle-mère avant de perdre deux de ses frères (l'un mourut des suites d'une pneumonie et l'autre fut tué à la guerre) puis deux de ses sœurs qui se suicidèrent ensemble. Hormis ces éléments on dispose de peu d'informations concernant la biographie d'Ivy Compton-Burnett. Elle s'installa avec sa compagne, la journaliste Margaret Jourdain, dans un appartement londonien au milieu des années 1920. Les deux femmes devaient partager, jusqu'à la mort de Margaret en 1951, près de trente années de vie commune. Ivy Compton-Burnett est morte à Londres en 1969.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Les romans d'Ivy Compton-Burnett sont, d'après Angus Wilson, parmi les plus amoraux qui soient. On y trouve en effet des adultères, des meurtres (ayant pour origine l'orgueil et la cupidité des protagonistes), l'homosexualité et l'inceste... Cette galerie sombre est décrite sous forme de dialogue, ce qui explique que l'œuvre d'Ivy Compton-Burnett fut facilement adaptée sous forme de pièces de théâtre radiophoniques qui eurent un grand succès en Grande-Bretagne. Après un premier roman qui souffre encore de l'influence de George Eliot, Dolorès, paru en 1911, Ivy observera le silence jusqu'en 1925 et la publication de Maîtres et serviteurs. S'ensuivra jusqu'à sa mort une vingtaine de titres qui mettent tous en évidence une opposition comme Mères et fils en 1937, Jour et ténèbres en 1951 ou Passé et présent en 1953. Nathalie Sarraute la cite comme l'un des écrivains importants de la modernité à l'égal de Virginia Woolf dans L'Ère du soupçon.

Ivy Compton-Burnett était admirée de Graham Greene, Rosamond Lehmann et Elizabeth Bowen, mais assez peu appréciée de Virginia Woolf.

Elle a obtenu le James Tait Black Memorial Prize en 1955 pour Mother and Son.

La maison en Kensington où elle habitait et mourut, Nº 95 Cornwall Gardens, a un blue plaque commémoratif depuis 1994[1].

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • 1911 : Dolores
  • 1949 : Les Vertueux Aînés, traduction J. Robert Vidal, Gallimard (Elders and Betters, 1944)
  • 1950 : Plus de femmes que d'hommes, traduction Ludmila Savitzky, Le Seuil (More Women than Men, 1933)
  • 1961 : Une Famille et une Fortune, traduction Francis Ledoux, Gallimard (A Family and A Fortune, 1939)
  • 1970 : Un Dieu et ses Dons, traduction Michel Ligny, Gallimard (A god and His Gifts, 1963)
  • 1984 : Frères et Sœurs, traduction Lola Tranec, L'Âge d'homme (Brothers and Sisters, 1929)
  • 1988 : Serviteur et Servante, traduction Gérard Joulié, L'Âge d'homme (Manservant and Maidservant, 1947)
  • 1993 : Un Héritage et son Histoire, traduction Gérard Joulié, L'Âge d'homme (An Heritage and Its History, 1959)
  • 2008 : Une Famille et une Fortune, traduction Philippe Loubat-Delranc, Phébus (nouvelle traduction de A Family and A Fortune)
  • 2010 : L'Excellence de nos aînés, traduction Philippe Loubat-Delranc, Phébus (nouvelle traduction de Elders and Betters)
  • 2012 : Parents et Enfants, traduction Karine Lalechère, Phébus (Parents and Children, 1941)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Ivy Compton Burnett blue plaque », sur openplaques.org (consulté le 26 novembre 2013)

Lien externe[modifier | modifier le code]