Ivo Sanader

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ivo Sanader
Ivo Sanader, en 2009.
Ivo Sanader, en 2009.
Fonctions
8e Premier ministre croate
23 décembre 20036 juillet 2009
(&&&&&&&&&&&020225 ans, 6 mois et 13 jours)
Gouvernement 9e et 10e gouvernements
Législature 5e et 6e législatures
Coalition HDZ minoritaire (2003-2007)
HDZ-HSS-HSLS-SDSS (2007-2009)
Prédécesseur Ivica Račan
Successeur Jadranka Kosor
Président de l'Union démocratique croate
29 avril 20004 juillet 2009
Prédécesseur Franjo Tuđman
Vladimir Šeks (intérim)
Successeur Jadranka Kosor
Biographie
Nom de naissance Ivica Sanader
Date de naissance 8 juin 1953 (61 ans)
Lieu de naissance Split (Yougoslavie)
Nationalité croate
Parti politique HDZ (1989-2010)
Diplômé de Université d'Innsbruck
Profession Éditeur
Religion Catholique romain

Ivo Sanader
Premiers ministres croates

Ivica Sanader[1], dit Ivo, né le 8 juin 1953 à Split, est un homme politique croate.

Élu président de l'Union démocratique croate (HDZ) du défunt président nationaliste Franjo Tuđman, en 2000, il parvient à le ramener au pouvoir trois ans plus tard, et devient alors Premier ministre croate. Il remporte à nouveau les législatives de 2007 et se voit reconduit à la tête d'une coalition gouvernementale de centre-droit. Il démissionne par surprise en 2009, et est placé en état d'arrestation l'année suivante, pour corruption.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation académique[modifier | modifier le code]

Il est titulaire d'un doctorat ès lettres en littérature comparée et langues romanes, qu'il a obtenu à la faculté des lettres de l'Université d’Innsbruck (Autriche) en 1982. Son mémoire de diplôme portait sur l'œuvre de Jean Anouilh.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il entre dans la vie professionnelle comme éditeur et directeur éditorial dans l'entreprise Logos à Split (1983-1987). Il part ensuite fonder sa propre société à Innsbruck (Autriche) où il réside de 1987 à 1991. Il est rédacteur de la revue « Mogućnosti » de 1987 à 1990. En 1990, il fonde la section locale de l'Union démocratique croate dans le Tyrol. Son engagement politique et l'indépendance de la Croatie vont accélérer sa carrière professionnelle. Il exerce, de 1991 à 1992, la fonction de directeur du Théâtre national de Split.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié et a deux enfants. Il parle l'allemand, l'anglais, le français et l'italien.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Premières responsabilités[modifier | modifier le code]

Un an après son retour en Croatie, Ivo Sanader est élu député, en 1992, au Parlement croate. Il entre immédiatement au Quatrième gouvernement de Croatie, d'abord comme Ministre de la recherche et de la technologie (1992-1993), puis comme Vice-ministre des affaires étrangères (1993-1995). De 1995 à 1996, il est directeur de cabinet du président de la République et secrétaire général du Conseil de défense et de sécurité nationale. Cette carrière politique très rapide atteste de ses relations privilégiées avec le président de la République de l'époque, Franjo Tuđman. Sanader est à nouveau vice-ministre des Affaires étrangères de 1996 à 2000.

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Élu député au Sabor en 2000, il reste au Parlement comme membre de l'opposition du fait de la défaite politique de son parti, le HDZ ; il a la fonction de vice-président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement. La même année, il est élu président de l'Union démocratique croate (HDZ) au 5e congrès national du parti ; il sera réélu à cette fonction par la suite. Le 11 février 2001, il participa à Split à un grand rassemblement de 100 000 personnes pour soutenir Mirko Norac, général croate accusé de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Il y fit un discours défendant Norac et réclama au gouvernement son retour. Les contestataires lancèrent un appel ayant pour but de renverser le gouvernement d'Ivica Račan (dit le « gouvernement de marionnettes »), qu'ils accusèrent de trahir et d’outrager la guerre d’indépendance croate. Des slogans comme « Cigane Mesiću » (Mesić tzigane) furent aussi chantés.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

À la suite de la victoire de l'alliance formée autour du HDZ, aux élections parlementaires du 23 novembre 2003, Ivo Sanader est immédiatement nommé Premier ministre. Il réussit à obtenir pour la Croatie le statut de pays candidat à l'Union européenne (17 juin 2004), mais le début des négociations d'adhésion est retardé de plus d'un an du fait de la coopération insuffisante de la Croatie avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie concernant l'arrestation du général Ante Gotovina. Les pressions de l'Union européenne l'obligent à revoir sa politique favorable aux ultra-nationalistes.

Suite aux élections parlementaires croates de 2007, Ivo Sanader forme un gouvernement de coalition avec le Parti paysan croate (HSS), le Parti social-libéral croate (HSLS) et le Parti démocratique indépendant serbe.

Démission surprise et expulsion du HDZ[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 2009, il annonce qu'il quitte son poste de Premier ministre et de président du HDZ[2],[3].

Le 3 janvier 2010, après le premier tour de l'élection présidentielle croate de 2009-2010, contrairement à ce qu'il avait déclaré en juillet 2009, il annonce son retour en politique. Il déclare que le HDZ est « un parti gagnant et non un parti qui gagne 12 % des voix lors d'une élection »[4]. Le 4 janvier, à la suite d'une réunion d'une journée du bureau nationale du HDZ, Sanader est exclu du parti à 16 voix contre 3 (Luka Bebić, Mario Zubović et Damir Polančec) et deux blancs (Bianca Matković et Petar Selem)[5].

Affaires[modifier | modifier le code]

Soupçons[modifier | modifier le code]

Ivo Sanader est impliqué dans plusieurs affaires de corruption et de détournement de fonds publics, pour un montant total d'environ six millions d'euros[6].

La principale affaire qui lui est reprochée est sa collection de montres-bracelets. Il possèderait une collection de montres d'une valeur de plus de 150 000 €. L'ancien ministre de la Justice de son gouvernement, Vesna Skare-Ozbolt, déclarera qu'il n'a pas fait état de cette collection de montres-bracelets à son actif.

Nacional, un hebdomadaire politique indépendant, publie un rapport d'enquête sur Sanader qui montre qu'il détenait une partie de deux entreprises en faillite en Autriche, et qu'il a reçu des pots de vin en 1995 et 1996 d'un montant de 800 000 DEM.

Sanader est également accusé par Ivan Drmić, un ancien membre de l'Union démocratique croate, d'avoir manipulé l'élection présidentielle au cinquième congrès de l'Union démocratique croate. Le porte-parole de l'Union démocratique croate, Maček Ratko, dit que de telles accusations « appartiennent à l'anthologie de la stupidité politique. »

En juillet 2006, son nom est cité dans « l'affaire de Vérone », accusé par l'opposition au parlement croate pour sa fixation du prix de vente de la société pharmaceutique Pliva à Barr Pharmaceuticals aux États-Unis. De telles accusations n'ont jamais été prouvées.

Il lui est est aussi reproché d'avoir monté une société fictive de recette publicitaire qui reçoit des millions d'euros de fonds de sociétés privées et de l'État et qui sont en fait destinés à financer son parti mais qui bénéficient aussi à des particuliers.

Procès[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 2010, le Parlement croate lève son immunité parlementaire à la demande du parquet qui veut l'incarcérer, mais il avait quitté le pays pour la Slovénie quelques heures plus tôt[7]. Le jour suivant la police croate publie un mandat d’arrêt pour corruption[8]. Il est arrêté le 10 décembre à Salzburg en Autriche[9]. Dans l’attente d'une décision sur une éventuelle extradition vers la Croatie, sa détention provisoire est prolongée le 8 mars 2011 pour deux mois supplémentaires, car les autorités autrichiennes craignent qu'il ne prenne la fuite[6].

En juillet 2011, il est extradé vers la Croatie[10]

En décembre 2011, il est à nouveau inculpé par le Bureau national croate de lutte contre la corruption (Uskok) pour le financement illégal de son parti, l’Union démocratique croate (HDZ). Près de dix millions d'euros auraient été détournés par le HDZ à travers l'agence Fimi Media[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (hr) Marko Marulić - latinski i hrvatski pisac : međunarodni znanstveni skup u povodu 460. obljetnice smrti Marka Marulića 1524-1984, Split, Književni krug,‎ 1984 (ISBN 953-163-236-7)
  • (hr) I ružičasto je crno : nazor o svijetu u kazališnom djelu Jeana Anouilha, Split, Književni krug,‎ 1988, 136 p. (ISBN 86-7397-007-5)
  • (hr) Fenomen parfema : germanističke rasprave, eseji, osvrti, Rijeka, Izdavački centar Rijeka,‎ 1989, 127 p. (ISBN 86-7071-052-8)
  • En ces temps du terrible : Anthologie de la poésie croate de guerre [« U ovom strašnom času »], Écrits des Forges, Trois-Rivières,‎ 1996, Souple, 140 p. (ISBN 9782890463882)
  • (hr) Hrvatska u međunarodnim odnosima : 1990-2000, Zagreb, Golden marketing,‎ 2000 (ISBN 953-212-029-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prime Minister Earned His Doctoral Degree as Ivica
  2. « Le Premier ministre croate démissionne et quitte la politique », Nouvel Observateur,‎ 1er juin 2009 (lire en ligne)
  3. « Démission surprise du premier ministre croate », Le Monde,‎ 1er juin 2009 (lire en ligne)
  4. (hr) « Sanader: Odluka da se povučem iz aktivne politike bila je pogreška », Vecernji list,‎ 3 janvier 2010 (consulté le 2010-01-03)
  5. (hr) « Kosor potvrdila: Sanader izbrisan iz HDZ-a! », Index.hr,‎ 3 janvier 2010
  6. a et b « Autriche : la détention de l'ex-Premier ministre croate de nouveau prolongée », Romandie News, 8 mars 2011.
  7. « Croatie/corruption: visé par la justice, Ivo Sanader quitte la Croatie » sur Romandie news.
  8. Mandat d'arret d'Ivo Sanader, Ministère de l’intérieur de Croatie)
  9. (en) Croatian ex-PM Ivo Sanader arrested in Austria, BBC News
  10. « Ivo Sanader extradé vers la Croatie », Euronews, 18 juillet 2011.
  11. « Croatie: un ex-Premier ministre et sa formation politique inculpés pour financement illicite », RFI, 10 décembre 2011.

Article lié[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :