Iris pseudacorus

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Iris pseudacorus ou iris des marais, iris faux acore ou iris jaune (ou encore flambe d'eau ou glaies en Saintonge) est une plante herbacée vivace de la famille des Iridacées[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de genre Iris dérive du nom d'une plante en latin et en grec. En grec iris ιρις désignait des espèces d'iris (Iris florentina à fleurs blanches ou I. germanica et I. pallida, à fleurs bleu-violacé) cf Pline 21, 40 ou d'autres espèces indéterminées[3].

L'épithète spécifique pseudacorus « faux acore » vient de la ressemblance de ses feuilles avec celles de l'acore, Acorus calamus, une aracées aux racines odorantes poussant aussi au bord de l'eau[4].

Description[modifier | modifier le code]

Rhizome
Port de Iris pseudacorus

Iris pseudacorus est une plante vivace de 40 cm à 1,20 mètre de haut, inodore, à rhizome épais[5]. Le rhizome, une tige de 1-4 cm de diamètre, légèrement enfoncée dans la boue, porte de nombreuses racines de 10-20 cm de long.

Les longues feuilles linéaires, en forme de glaive (pointues) font de 10 à 30 mm de large. Engainantes et disposées sur deux rangs opposés (elles sont dites distiques), elles partent directement du rhizome. Elles sont parcourues par une forte nervure médiane.

Au printemps, une tige cylindrique, érigée, comportant à son extrémité des fleurs jaunes, porte aussi des feuilles caulinaires (plus courtes que la tige). Les fleurs inodores, sont disposées par 2 ou 3, sous-tendues par une spathe.

La fleur entièrement jaune comporte trois grands tépales extérieurs, rabattus, de 6-8 cm, trois intérieurs de plus petite taille (4-8 cm), étroits, dressés, ainsi que trois stigmates pétaloïdes[2] et trois étamines, opposées aux tépales externes.

La floraison se déroule d'avril à juillet.

Les fruits sont des capsules de 4-8 cm, à trois compartiments (triloculaires), flottants et emportés par les eaux. Cependant, les graines ne peuvent germer qu'à la lumière. Les graines peuvent flotter durant 12 mois sur l'eau tout en gardant leur pouvoir germinatif[2]. Les fruits sont mûrs en juillet-août.

La plante peut également se reproduire par son rhizome. Il peut former des colonies clonales.

Il se différencie de l'iris de Sibérie (appelé aussi orchidée du pauvre ou iris bleu) par ses feuilles beaucoup plus robustes et larges de 10 à 30 mm (contre 2 à 8 mm)[2]. Les feuilles renferment des substances toxiques qui restent même dans les feuilles séchées et qui peuvent causer des diarrhées chez le bétail[2].

Distribution et habitats[modifier | modifier le code]

Iris pseudocarus

L'iris des marais croît en Europe, en Afrique du Nord et au Proche-Orient[6]. Il s'est naturalisé en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud (Argentine, Chili et Uruguay).

Il est commun dans les lieux humides[2] de France : fossés, mares, étangs, marécages, cours d'eau et ceinture de roseaux. Il est parfois associé aux laîches et carex, toujours en eaux peu profondes. Peu exigeant quant à son exposition, l'iris se développe cependant mieux à la chaleur et à la lumière. Il est utilisé dans les systèmes de lagunage pour son pouvoir purifiant.

Usages[modifier | modifier le code]

  • Tannage

Riche en tanin, le rhizome de l'iris des marais est utilisé pour le tannage[2].

  • Médicinal

Connu dès l'Antiquité grecque, le suc du rhizome de l'iris des marais était employé contre la cataracte et diverses douleurs. Dioscoride le pharmacologue grec du Ie siècle, le décrit sous le nom de akoron ακορον (Materia medica[7] I, 2), dérivé de a- korê α + κορη, « privatif + pupille ». L'encyclopédiste romain Pline l'Ancien, à la même époque, confirme ces informations (H.N. 25, 157; 26 ; 228 etc.).

Au XVIe siècle, Pierandrea Mattioli publia une traduction commentée de Dioscoride en italien qui fut ensuite traduite en français en 1554 par Jean Ruel. Le succès de ces traductions fort bien illustrées sera immense. De nombreuses vertus médicinales sont attribuées à la flambe, l'iris des marais[8]. Les anciens herboristes ont beaucoup prélevé l'iris des marais dans la nature, jusqu'à provoquer sa raréfaction dans certaine région.

Actuellement, en raison de sa toxicité, l'iris des marais n'est plus guère utilisé en herboristerie. Rameau et als [9], indiquent « rhizome, expectorant, diurétique et excitant (à faible dose) ».

  • Horticole

Il est utilisé sur les berges humides des étangs, des cours d'eau ou des mares artificielles. Il peut devenir envahissant.

  • Dépollution

De nombreuses études de phytoremédiation ont montré qu'on pouvait utiliser les plantes pour dépolluer les sols. Une méthode consiste à traiter le sol dans des casiers végétalisés par des plantes de milieux humides (Phragmites australis, Iris pseudacorus et Salix viminalis). Une étude[10] a montré qu'une quantité importante des métaux peut être éliminée du sol via la phytolixiviation résultant de l’interaction de l’activité racinaire avec l’irrigation, alors qu'une partie insignifiante des métaux (Zn, Pb, Cu) est accumulée dans la biomasse.

Symbolique[modifier | modifier le code]

C'est cette fleur qui aurait inspiré le blason des rois de France, la fleur de Louis portée par le roi Louis VII de France et non pas une fleur de lys comme son nom pourrait le laisser à penser[11]. On retrouve également cette fleur sur le blason de la Région de Bruxelles-Capitale, de la ville de Lille en France et de la ville américaine de Louisville[2].

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Référence Biodiversity Heritage Library (Biodiversity Heritage Library) : 358059#page/50
  2. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) Guide complet de la nature - Michael Lohmann - p.376 - (ISBN 2-8034-4019-9) - Éditions Chantecler - Aartselaar - Belgique - 1992
  3. Jacques André, Les noms des plantes dans la Rome antique, Les Belles Lettres,‎
  4. François Couplan, Les plantes et leurs noms: histoires insolites, Quae éditions,‎
  5. Référence Tela Botanica (France métro) : Iris pseudacorus L. (fr)
  6. Référence GRIN : espèce Iris pseudacorus L. (en)
  7. (en) Pedanius Dioscorides of Anazarbus, De materia medica (translated by Lily Y. Beck), Olms - Weidmann,‎ , 630 p.
  8. Mattioli, Pietro Andrea, Commentaires de M. Pierre Andre Matthiole médecin senois sur les six livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la matière medicale, Lyon : Guillaume Rouillé,‎ (lire en ligne)
  9. J.C. Rameau, D. Mansion, G. Dumé, Flore forestière française, guide écologique illustré, t. 1, Institut pour le développement forestier,‎ , 1786 p.
  10. Tatiana Kirpichtchikova, Phytoremédiation par Jardins Filtrants d’un sol pollué par des métaux lourds. Approche de la phytoremédiation dans des casiers végétalisés par des plantes de milieux humides et étude des mécanismes de remobilisation/immobilisation du zinc et du cuivre, Université Joseph-Fourier – Grenoble,‎ , 279 p. (lire en ligne)
  11. D'autres hypothèses existent. Voir l'article « Fleur de lys » (paragraphe relatif aux légendes sur l'origine des fleurs de lys de France) sur Wikipédia.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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