Interaction (sciences sociales)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Interaction.

Une interaction est un échange d'information, d'émotion ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.

L'interaction comme constituant essentiel d'un système[modifier | modifier le code]

  • "[...] Les interactions sont des actions réciproques modifiant le comportement ou la nature des éléments, corps, objets, phénomènes en présence ou en influence." (Edgar Morin, 1977, p. 51[1]).
  • "[...] Un système complexe se caractérise par le nombre d'éléments qui le constituent par la nature des interactions entre ces éléments par la dynamique non linéaire de son développement. 41: La complexité peut naître d'interactions simples répétées des myriades de fois à partir d'éléments en constante interaction. Un changement minime peut être amplifié et conduire à des états de très haute organisation (exemple des nuages). Avec les ordinateurs, la compréhension et la simulation des processus d'auto-organisation deviennent possibles (exemple des structures fractales) Panpan la tulipe dans "L'homme symbiotique" [2]

Relation entre humains ou interaction sociale[modifier | modifier le code]

Il est possible de définir l'interaction sociale chez les hommes comme une « relation interhumaine par laquelle une intervention verbale ou une attitude, une expression significative ou une action provoquent une action en réponse, qui retentit sur l'initiateur (échanges). » [réf. nécessaire] Celle-ci est fondamentale pour les individus et favorise les processus de neurogenèse[3].

Le terme d'interaction est souvent utilisé comme une contraction d'interaction sociale. Selon Edmond Marc et Dominique Picard (Vocabulaire de la psychosociologie, Erès, 2006)il ne fait pas l'objet d'une définition unique "mais présente au contraire une certaine dispersion sémantique": il désigne tantôt un processus, tantôt un objet, tantôt un point de vue (notamment dans la perspective interactionniste) pour appréhender des phénomènes relationnels. Selon les auteurs, l'interaction reste l'objet privilégié de la psychosociologie et de la psychologie sociale.

Les interactions sont verbales ou non verbales (gestes, regard, attitudes...).

Les interactions peuvent être :

Les interactions ont à leur base des actions, qui peuvent être intrapersonnelles ou interpersonnelles[4].

Les actions intrapersonnelles peuvent être:

  • actions directes (décision cognitive suivie par des actions pragmatiques: "J'ai décidé que c'est mieux pour moi de quitter mon petit ami, et je lui ai dit ça", ou une décision affective suivie d'une action expressive: «J'aime ma copine et j'ai toujours lui montré ça") ;
  • actions croisées (décision cognitive suivie d'une action expressive: «Aujourd'hui, j'ai décidé que c'est mieux pour moi de rompre avec ma copine, mais demain, je crois que je vais aller me présenter devant sa porte pour lui dire que je l'aime", ou une décision affective suivie par une action pragmatique: «J'ai adoré mon copain et j'ai toujours voulu être avec lui, mais finalement je l'ai laissé aller, parce que c'était mieux pour nous deux»).

Les actions interpersonnelles peuvent également être:

  • directes (réaction cognitive à l'action pragmatique d'une autre personne: «Ma copine veut se réconcilier avec moi, et je suis d'accord, parce que c'est mieux pour nous deux», ou une réaction affective à l'action expressive de l'autre: «Mon petit ami montre ses sentiments pour moi, et je réponds de la même manière ");
  • traversées (réaction affective à l'action pragmatique de l'autre: «Mon partenaire veut m'acheter une maison, et donc je suppose qu'il / elle m'aime», ou des réactions cognitives à une action expressive d'une autre personne: «Il dit qu'il / elle m'aime, et je me demande pourquoi est ce qu'il / elle me dit ça? ").

La vigueur et la valeur d'un groupe se mesure au nombre et mais aussi à la qualité des interactions et à leur harmonieuse répartition. La qualité de ces interactions est différente selon la maturité d'un groupe.

L'interaction comme signification vécue[modifier | modifier le code]

La signification d'une interaction ne lui est pas inhérente, elle traduit l'interprétation de l'individu et engage son comportement. Par exemple, le « behaviorisme » analyse nos actions sociales en termes de stimulus/réponse.

Le langage est un instrument essentiel de la mise en signification du monde. Le monde est le produit de la permanente activité des individus.

On distingue une interaction focalisée d'une interaction non-focalisée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Edmond Marc et Dominique Picard, "Interaction", Vocabulaire de la psychosociologie, Erès, 2006.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans Edgar Morin, La Nature de la nature (t. 1), La Méthode (6 volumes), Le Seuil, 1977, p. 51
  2. un résumé du livre préparé par J.-Cl. Keller (www.gymnase-morges.ch)
  3. (en) Draganski et al. "Temporal and Spatial Dynamics of Brain Structure Changes during Extensive Learning", The Journal of Neuroscience, June 7, 2006, 26(23):6314-6317
  4. (en) Tapu, Codrin S. (2001) Hypostatic Personality: Psychopathology of Doing and Being Made. Premier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :