Francesco Griffo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Griffo (homonymie).
Lettres de Paul Manuce, édition d’Alde Manuce avec la typographie de Griffo
Page originale du De Aetna

Francesco Griffo (parfois Grifi ou Griffi), dit aussi Francesco da Bologna, né vers 1450, mort à Bologne (Italie) en 1518, est un graveur de poinçons, créateur de caractères, fondeur de caractères et imprimeur italien. Selon une hypothèse émise par Antonio Panizzi[1] au dix-neuvième siècle, Francesco Griffo et l’orfèvre, graveur et peintre Francesco Raibolini, dit Francesco Francia, dit lui aussi Francesco da Bologna, auraient été une seule et même personne : opinion combattue par Giacomo Manzoni[2] et maintenant définitivement abandonnée[3], mais on la retrouve encore dans de nombreux documents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l’orfèvre Cesare Griffo, il aurait appris la taille des poinçons et la fonte des caractères typographiques à Bologne, auprès du libraire et éditeur Benedetto Faelli, déjà renommé pour l’élégance de ses éditions. De 1475 à 1480 il est à Padoue, où il grave un modèle de Nicolas Jenson. Il se rend ensuite à Venise, où il déploie tous ses talents pour obtenir un emploi auprès de l’imprimeur le plus réputé de l’époque : Alde Manuce (1495).

Pour Manuce, il grave plusieurs alphabets grecs, en 1496 un caractère pour De Aetna de Pietro Bembo ; en 1499, un deuxième romain pour le Hypnerotomachia Poliphili (« le songe de Poliphile ») de Francesco Colonna, qui servira d’inspiration à Claude Garamont, à Dirk Voskens et à beaucoup d’autres, qui influenceront à leur tour Caslon et les fondeurs des seizième et dix-septième siècles ; et un caractère destiné à une édition de Virgile (1501). Ce caractère proche d’une cursive, incliné, est la première italique. Son dessin étroit permet de gagner de la place, et d’imprimer des livres plus petits, donc moins chers et plus faciles à vendre. Malgré ses qualités, Griffo reste dans l’ombre de Manuce et demeure longtemps méconnu, au point d’être confondu avec « l’autre » Francesco da Bologna.

En 1502 il se querelle avec Alde Manuce, qui veut conserver le monopole des types grecs, lui interdisant par là de les vendre à d’autres imprimeurs, et il le quitte.

L’année suivante il grave une nouvelle italique pour l’imprimeur Gershom Soncino à Fano. Il ouvre sa propre imprimerie en 1516 et crée sa troisième italique pour imprimer son premier livre.

Griffo a été accusé d’avoir tué son gendre Cristoforo à coups de barre de fer (ou, selon d’autres versions, avec un poinçon inachevé), à la suite d’une altercation. Il aurait pour cela été condamné à mort et pendu. Quoi qu’il en soit, on perd sa trace à partir de 1518.

Postérité[modifier | modifier le code]

Les caractères créés par Griffo ont été repris et ont servi de modèle à de nombreuses polices ultérieures, aussi bien en plomb qu’en composition mécanique, puis numérique :

  • Bembo (Stanley Morison, pour Monotype, 1929). Alfred Fairbank dessina des italiques pour le Bembo de Monotype, inspirés par Ludovico degli Arrighi, nommés Bembo condensed italic. Le romain de De Aetna inspira également les polices Cardo (David J. Perry) et Yale (Matthew Carter).
  • Griffo (Giovanni Mardersteig, 1930),
  • Dante (Giovanni Mardersteig, 1954),
  • Poliphilus, d’après le deuxième romain pour le Poliphile (Stanley Morison pour Monotype, 1920)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antonio Panizzi, Chi era Francesco da Bologna ?, Londres, 1858
  2. Giacomo Manzoni, Studi di Bibliografia Analitica, 1881-82
  3. Sur la confusion entre Francesco Francia et Francesco Griffo : [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Friedrich Friedt, Nicolaus Ott, Bernard Stein, Typographie, quand, qui, comment, Könemann, 1998
  • Francesco Griffo da Bologna : fragments & glimpses : a compendium of information & opinions about his life and work. Vancouver, Heavenly Monkey. 1999
  • Dictionnaire biographique Treccani.it [2]