Frères Schlumberger

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Conrad Schlumberger (2 octobre 1878, Guebwiller9 mai 1936, Stockholm) et Marcel Schlumberger (21 juin 1884, Guebwiller9 mai 1953, Val-Richer) sont deux frères alsaciens dont les inventions, liées à la géophysique et au pétrole, ont construit le succès. Leur frère aîné est Jean Schlumberger, fondateur de La nouvelle Revue française.

Contributions à l'industrie pétrolière[modifier | modifier le code]

Leur première idée déterminante fut de mesurer la résistivité des sols pour en déduire leur possible nature (craie, grès, granit…). Ils étendront ensuite cette technique de prospection électrique en inventant des outils pouvant prendre des mesures en continu tout en étant déplacés dans des trous de forage.

Grâce à leurs inventions et au soutien financier de leur père Paul, industriel dans le textile à Mulhouse, ils fondèrent en 1919 une petite société spécialisée dans les mesures physiques pour la recherche de richesses minérales. En 1926, elle devient la Société de Prospection Électrique. Installée à Paris, rue Fabert ; elle ne compte que deux salariés, les deux frères parfaitement complémentaires. Pionniers dans l'application géophysique à l'industrie minière, ils obtiennent de nombreux contrats en France, aidés par le réseau des anciens élèves de leurs écoles respectives qui occupent des fonctions importantes dans l'industrie minière, mais ils signent aussi des contrats en Europe, au Canada et au Congo belge. En plus de construire de nombreux outils de mesure, ils vendaient leurs services aux compagnies pétrolières lorsqu'elles voulaient savoir où forer un puits. En effet, en 1927, Conrad a l'idée d'utiliser les puits de forage pour effectuer des mesures de résistance électrique des sols. Ce procédé va faire la fortune de la société qui va se spécialiser de plus en plus dans l'industrie pétrolière et intervenir partout dans le monde où se trouvent des champs pétrolifères, particulièrement aux États-Unis où une filiale est créée dès 1931.

Les deux frères posèrent les principes de la « diagraphie au câble » (Wireline logging), une technologie encore très largement utilisée dans l'ingénierie pétrolière moderne. En 1936, Conrad meurt d'une crise cardiaque au retour d'un voyage en URSS. En 1940, avec l'occupation allemande, le siège de l'entreprise est transféré à Houston au Texas. La société allait donner naissance à Schlumberger Limited, spécialisée dans les mesures dans les forages, et à la Compagnie Générale de Géophysique, spécialisée dans les mesures de surface. Actuellement Schlumberger est leader mondial des services pour l'industrie pétrolière.

Autres éléments biographiques[modifier | modifier le code]

  • Conrad Schlumberger, X-Mines (1878-1936), ingénieur des mines à Rodez puis à Toulouse puis professeur à l'École des mines de Paris et à celle de Saint-Étienne (par ailleurs officier de la Légion d'honneur), avait le profil le plus scientifique des deux frères, alors que Marcel, avait davantage le profil d'un ingénieur. Conrad épouse en 1904 Louise Delpech, originaire de Clairac (Lot-&-Garonne) ; il est le père d'Anne Doll-Gruner (1905-1993), fondatrice de la bibliothèque pour enfants de Clamart, de Dominique de Ménil (1908-1997), philanthrope, fondatrice de la Menil Collection et de la Rothko Chapel de Houston, et de Sylvie Boissonnas (1912-1999), fondatrice avec son mari, Eric Boissonnas (1913-2005), de la station de ski de Flaine, construite par l'architecte américain Marcel Breuer. Pendant les débuts de la Seconde Guerre Mondiale, Dominique de Ménil se réfugia à Clairac, où la banque Schlumberger avait rapatrié certaines de ses activités.
  • Marcel Schlumberger, École centrale Paris, fait carrière dans les chemins de fer avant de participer pendant la première guerre à la construction des premiers chars français. Il est le père de Geneviève Schlumberger (1910-1993), épouse de René Seydoux et mère de Nicolas Seydoux, Michel Seydoux et Jérôme Seydoux, et de Pierre Schlumberger (1914-1986), marié à Claire Schwob d'Héricourt, puis à Maria Sao Schlumberger (1929-2007), et père de Paul-Albert (1962) et Victoire Schlumberger (1968).
  • La famille fut fortement influencée par les valeurs protestantes : culte du travail et de l'épargne, valorisation du savoir et refus des mondanités ou d'une vie luxueuse.
  • Leur père Paul descend d'une famille d'industriels dont l'ancêtre Nicolas Schlumberger a fondé au début du XIXe siècle une filature de coton.
  • Leur mère, Marguerite Schlumberger née de Witt, philanthrope et féministe, est la petite fille de François Guizot, académicien, homme politique français et ministre de Louis-Philippe et la fille de Conrad de Witt, député du Calvados. Elle est très active dans les associations de « relèvement » des prostituées ; suffragiste, elle préside la ligue internationale des droits de la femme. Un musée leur est consacré à Crèvecœur-en-Auge dans le château de leur mère.
  • Le couple décide d'envoyer ses enfants suivre leur scolarité à Paris et non en Allemagne.
  • Ils reposent comme d'autres membres de la famille au cimetière du village de Saint-Ouen-le-Pin dans le Calvados.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]