Flottille de la Liberté II

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Le blocus israélien sur la bande de Gaza.

Une coalition de 22 ONG annonce le 9 mai 2011 qu'une « Flottille de la Liberté 2 » (en anglais : « Freedom Flotilla II – Stay Human ») est prévue pour briser le blocus de la bande de Gaza. Cette flottille est annoncée une année après l'arraisonnement par la marine israélienne de la première flottille pour Gaza, en mai 2010, qui avait mené à la mort de 9 militants turcs[1].

Les autorités israéliennes ont informé les organisateurs de la flottille qu'ils pouvaient décharger leur cargaison humanitaire dans le port israélien de Ashdod et que l'aide serait transportée directement à Gaza[2]. De même, l'Égypte a proposé à la flottille de décharger à El-Arich, puis de transférer la cargaison à Gaza après inspection.

Chronologie[modifier | modifier le code]

La flottille devait comporter dix bateaux transportant près de 1 000 activistes de vingt pays[3]. Suite aux pressions exercées par Israël, la flottille est toujours (depuis le 2 juillet) bloquée au port de Pirée à Athènes par les autorités grecques et elle ne peut pas prendre la mer[4].

Seul un bateau français avec des militants canadiens, grecs, israéliens, suédois, tunisiens et français dont Olivier Besancenot et Annick Coupé, le Dignité Al-Karama, a réussi à quitter les eaux territoriales grecques et a pu regagner les eaux internationales[5]. Le Dignité a été intercepté le 6 juillet 2011 en Crète par les gardes-côtes grecs[6].

Il est par la suite relâché le 16 juillet par les autorités grecques à Kastelórizo pour faire officiellement cap sur le port d'Alexandrie en Égypte mais est arraisonné par la marine israélienne le 19 juillet, sans opposition des militants à bord, alors qu'il se trouvait encore dans les eaux internationales, à 40 milles nautiques de Gaza[7].

Escorté par 3 bâtiments israéliens, le Dignité est redirigé vers le port d'Ashdod où les militants seront interrogés par l'Autorité de l'Immigration avant d'avoir l'obligation de retourner dans leurs pays d'origine dans un délai de 72 heures[8]. L'Association France-Palestine Solidarité affirme que 150 soldats israéliens embarquant sur des canots pneumatiques, épaulés par trois navires de guerre, auraient été envoyés pour intercepter le bateau[9]. Toujours selon cette source, les commandos israéliens, cagoulés, auraient ordonnés aux militants de rentrer dans la cabine sous menace de les blesser avant de les embarquer sur les canots et faire cap sur Ashdod, où ils seront arrêtés par les autorités[9].

Dans la même journée, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro, indique que la France appelle les autorités israéliennes à la « mesure » et à la « responsabilité » vis-à-vis des militants à bord (11 militants étant français sur les 16 au total)[10], alors que le Parti communiste français condamne l'arraisonnement du navire, la qualifiant d'acte de « piraterie »[11]. Les activistes ont quant à eux dénoncé l'usage disproportionné de la force face à une « initiative de solidarité citoyenne, explicitement non-violente »[8].

Réactions internationales[modifier | modifier le code]

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et Ahmet Davutoğlu, ministre des affaires étrangères de la Turquie, ont demandé aux organisateurs de la flottille d'abandonner leurs plans.

Le 2 septembre 2011, l'ONU rend public le rapport de sa commission d'enquête (Rapport Palmer) présentant les responsabilités des différentes parties : d'une part le blocus maritime est estimé légal, Israël étant donc justifié à intercepter la flottille ainsi qu'à faire usage de la force « à des fins de légitime défense » dès lors que les militaires « ont été accueillis par une résistance organisée et violente d'un groupe de passagers » ; d'autre part, la procédure israélienne d'arraisonnement du navire est estimée « excessive et déraisonnable », et le nombre de victimes est considéré « inacceptable »[12],[13]. La Turquie, qui estime toujours le blocus comme illégal, a décide de porter l'affaire devant la Cour internationale de justice[14].

La plupart des pays de la Communauté internationale, à l'exception de l'Égypte, ont condamné la flottille, affirmant qu'elle n'apportera aucune solution au conflit israélo-palestinien[15].

  • Drapeau d’Israël Israël : les officiels israéliens affirment que le but principal de la flottille est de « provoquer »[16] et de « servir les objectifs militaires du Hamas »[17].
  • Drapeau de l'Égypte Égypte : le pays a proposé à la flottille de décharger à El-Arich, puis de transférer la cargaison à Gaza après inspection[18].

Composition de la flottille[modifier | modifier le code]

Bateau Pays d'origine Nombre de passagers
Dignité Al Karama[19] France 16
Juliano[20],[21] Grèce, Suède 20

Les bateaux suivant ont abandonné la flottille ou sont bloqués en Grèce :

Bateau Pays d'origine Nombre de passagers
Mavi Marmara Comores --
MV Saoirse[22] Irlande 25
Tahrir[23] Canada 43
Louise Michel[24] France --
Stefano Chiarini[25] Italie --
Gernika[26] Espagne 50
The Audacity of Hope[27],[28] États-Unis 50
Eleftheri Mesogeios[29] Grèce, Suède, Norvège --

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Freedom Flotilla II to go ahead as planned.
  2. (en) « Gaza flotilla organizers: Israel is pressuring Greece to halt ships' departure », Haaretz, 27 mai 2011.
  3. (en) Flotilla II prepares to sail for Gaza, Al Jazeera, 24 juin 2011.
  4. (fr) Droit pour tous - Nous regrettons que la Grèce ait cédé au chantage israélien…
  5. (fr) « Un bateau français de la “Flottille pour la paix” fait route vers Gaza », Libération, 5 juillet 2011.
  6. (fr) « Flottille pour Gaza : le “Dignité” intercepté par les garde-côtes grecs », Libération, 6 juillet 2011.
  7. (fr) « Le bateau français pour Gaza arraisonné par la marine israélienne », France Info, 19 juillet 2011.
  8. a et b (fr) Flottille : le bateau français intercepté par Israël, Le Figaro, 19 juillet 2011
  9. a et b (fr) Le récit de l'abordage du Dignité Al Karama, Association France-Palestine Solidarité, 21 juillet 2011
  10. (fr) « Bateau français arraisonné : Paris appelle Israël à la “mesure” », Le Parisien, 19 juillet 2011.
  11. (fr) « Flotille (sic) pour la paix de Gaza : rassemblement à Toulouse, ce soir », L'Humanité, 19 juillet 2011.
  12. (en) http://www.un.org/News/dh/infocus/middle_east/Gaza_Flotilla_Panel_Report.pdf
  13. (en) www.haaretz.com
  14. fr.news.yahoo.com
  15. (en) Ban Ki-moon urges governments to discourage new Gaza convoy, Reuters, 27 mai 2011.
  16. (en) PM: We have right to work against ‘provocation flotilla’, Jerusalem Post, 1er juillet 2011
  17. (en) Edelstein: Hamas member in flotilla shows intent to provoke, Jerusalem Post, 30 juin 2011
  18. (en) 'Israel, Egypt agree flotilla can unload cargo in El-Arish', Jerusalem Post, 27 juin 2011
  19. (en) French ship sets sail to join Flotilla 2, 30 juin 2011
  20. (en) French Flotilla Ship Sets Sail, 29 juin 2011
  21. (en) Flotilla ship leaves Greek port, 6 juillet 2011
  22. (en) Irish ship will not sail to Gaza after 'sabotage', Irish Times, 30 juin 2011
  23. (en) The Tahrir Will Sail Again, 9 juillet 2011
  24. (en) Harper Should Support Canadians' Safe Passage to the Gaza Strip, 25 juin 2011
  25. (it) Freedom Flotilla Italia home page, 24 juin 2011
  26. (en) Flotilla II prepares to sail for Gaza, Al Jazeera, 24 juin 2011
  27. (en) U.S. peace activists preparing to set sail on the U.S. Boat to Gaza, The Audacity of Hope, 24 juin 2011
  28. (en) The Audacity of Hope: U.S. Peace Activists to Sail to Gaza in Humanitarian Flotilla, Democracy Now, 30 juin 2011
  29. (en) Eleftheri Mesogeios ship arrives in Pireus, Greece, 30 juin 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]