Ferdinand-Maximilien de Bade-Bade

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Ferdinand Maximilian.jpg

Ferdinand-Maximilien de Zähringen, margrave de Bade-Bade né le 23 septembre 1625 à Baden-Baden (Pays de Bade), mort le 4 novembre 1669 à Heidelberg (Pays de Bade), était prince héritier de Bade[1],[2] et le père du maréchal impérial Louis-Guillaume Ier de Bade-Bade.

Fils aîné de Guillaume Ier de Bade-Bade (30 juillet 1593 - 22 mai 1677), et de sa première épouse, Catherine Ursule de Hohenzollern-Hechingen († 2 juin 1640), elle-même fille du prince de Hohenzollern-Hechingen, il meurt d'un accident de chasse, à Heidelberg, avant d'avoir pu succéder à son père comme régent du margraviat de Bade-Bade.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des négociations entre le cardinal Mazarin et Krebs, chancelier du prince de Bade[3],[4],[5], Ferdinand-Maximilien, qui est de religion catholique[6], épouse le 15 mars 1653 en l’église Saint-Eustache de Paris, proche de l’hôtel de Soissons, la princesse Louise-Christine de Savoie-Carignan (1er août 1627 - 7 juillet 1689), fille de Thomas François de Savoie (21 décembre 15962 janvier 1656), prince de Carignan, et de Marie de Bourbon-Condé (3 mai 16063 juin 1692), comtesse de Soissons et princesse de Carignan, et sœur d'Eugène-Maurice de Savoie-Carignan, comte de Soissons, qui fut le père du prince Eugène. Ces mariages entre princes haut-allemands et princesses savoyardes sont alors très fréquents, à une époque où de nombreux nobles savoyards s'installent en Allemagne, notamment en Pays de Bade, et y occupent des charges officielles[7].

Leur contrat de mariage, signé le 15 mars 1653, est conservé à l'Institut de France, parmi les manuscrits de la collection Godefroy[8].

Le couple met au monde un fils le 8 avril 1655, Louis-Guillaume, dont le parrain est le roi Louis XIV de France. Trois mois plus tard, rappelé par son père, il s'efforce en vain de décider son épouse à quitter les fastes de la Cour de Versailles pour Bade et à lui confier leur fils, qu'elle veut faire élever à Paris. Le margrave fait alors enlever l'enfant, âgé de trois mois[9], par un gentilhomme savoyard, Charles Maurice de Lassolaye, qui a ses entrées à l'hôtel de Soissons (son frère est au service de la princesse), et l'emmène avec lui. Malgré cet événement, Louise-Christine, qui est sous l’influence de sa mère, refuse de quitter Paris, et le couple demeure séparé[10],[11],[12],[13],[14], l'enfant étant confié à la deuxième épouse de Guillaume Ier de Bade-Bade, Maria Magdalena von Öttingen (* 1619 ; † 31 août 1688).

Il est également parent de Sidonia de Lénoncourt (1651-1685), jeune héritière fortunée, renommée pour ses aventures, que Colbert fit enlever, avec l'accord de Louis XIV, en 1665, du couvent de Saint-Loup, à Orléans, où elle demeurait, et placer auprès de Marie de Bourbon-Condé, belle-mère de Ferdinand-Maximilien, dans l'espoir de la marier à l'un de ses fils. Après avoir favorisé les desseins du ministre, la princesse de Carignan et la princesse de Bade la marièrent à Charles de Champlais, marquis de Courcelles, neveu de Louvois, dont elle fut également la maîtresse[15].

En octobre 1669, il rend une visite, en compagnie de son père, le margrave Guillaume Ier de Bade-Bade, son frère cadet Léopold Guillaume (16 septembre 1626 - 1er mars 1671) et son fils, âgé de 14 ans, au prince Charles Ier Louis du Palatinat, à Heidelberg. Celui-ci voulant les régaler d'une chasse, il monte en voiture avec ses quatre hôtes, chacun ayant son fusil chargé à son côté. Celui de Ferdinand-Maximilien part accidentellement, le blessant à la main. Les chirurgiens ayant trop tardé à pratiquer l'amputation, il meurt quelques jours après[10].

Famille[modifier | modifier le code]

Ferdinand-Maximilien de Bade appartenait à la première branche de la Maison de Bade, elle-même issue de la première branche de la dynastie de Habsbourg. Il appartenait à la lignée des Bade-Bade, dite lignée Bernardine (du nom de Bernard III de Bade-Bade). Cette lignée s'éteignit en 1771.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les questions de politique matrimoniale à l'œuvre dans le mariage de Ferdinand-Maximilien, voir :

  • Andrea Merlotti, « Politique dynastique et alliances matrimoniales de la Maison de Savoie au XVIIe siècle » (p. 239 à 255), Dix-septième siècle, PUF, n° 243 2009/2, 192 pages (ISBN 9782130572626)
  • Thomas Nicklas, « La Bavière, la Savoie, la France et le choix des princesses au XVIIe siècle » (p. 257-266), Dix-septième siècle, PUF, n° 243 2009/2, 192 pages (ISBN 9782130572626)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Bruneau, Histoire de la langue française: des origines à 1900, vol. 5, Armand Colin, 1917, p. 312.
  2. Mémoires et documents, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, vol. 94, 1856, p. 98.
  3. Friedrich Schoell, Liste des ambassadeurs, et autres agens politiques de la cour de France auprès des principales puissances européennes, depuis le commencement des rapports diplomatiques entre elles jusqu'à la Révolution française : suivie de la chronologie historique des ministres des affaires étrangères de France, compilé par François Marie Guérard, A.Pihan de la Forest, 1833, p. 182.
  4. Abraham de Wicquefort, L'Ambassadeur et ses fonctions. Dernière éd., augmentée des reflexions sur les Mémoires pour les ambassadeurs, 1715, p. 48.
  5. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, vol. 8 de, Vve Duchesne, 1774, p. 335.
  6. Sitzungsberichte der sächsischen Akademie der Wissenschaften zu Leipzig : de Königlich Sächsische Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig Philologisch-historische Klasse, Akademie-Verlag, 1863, p. 68.
  7. Paul Guichonnet, « L'émigration alpine vers les pays de langue allemande » (p. 533-576), Revue de géographie alpine, vol. 36, 1948, n° 36-4, p. 566.
  8. Manuscrits de l'Institut de France: folio 330
  9. Philippe Le Bas, Etats de la confédération germanique pour faire suite à l'histoire générale de l'Allemagne, F. Didot frères, 1842, 152 pages, p. 17.
  10. a et b Frédéric Schœll, Franz Xaver, baron de Zach, Cours d'histoire des états européens: depuis le bouleversement de l'empire romain d'occident jusqu'en 1789, vol. 43, Imprimerie royale et Duncker & Humblot, 1833, p. 46-47.
  11. Johann Hei von Kogenheim, Histoire de l'Empire: contenant son origine, ses progrès, ses révolutions, la forme de son gouvernement, sa politique, ses négociations, & les nouveaux réglemens, faits dans les traités de Westphalie, etc., Wetsteins & Smith, 1733, 492 pages, p. 268
  12. Alfred Graf von Kageneck, « Spanische Adelsfamilien in Südwestdeutschland », Comunicaciones al XV Congreso Internacional de las Ciencias Genealógica y Heráldica: Madrid, 19-25 septiembre 1982, vol. 2, Instituto Salazar y Castro (Madrid), Ediciones Hidalguia, 1983, 1790 pages, p. 349 (ISBN 8400053419).
  13. Cette action valut à Charles de Lassolaye de devenir l'homme en vue dans le margraviat de Bade. Voir, Paul Guichonnet, op. cit., 1948, p. 566.
  14. Sur la descendance de Charles de Lassolaye, voir L-Namen.
  15. Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert: les Le Tellier, Vauban, Turgot, et l'avènement du libéralisme, PUQ, 1987, 806 pages, p. 246-248 (ISBN 2760504611).