Fanny Kaplan

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Fanny Kaplan

Fanny Kaplan, née Feiga Chaimovna Roytblat (ou Rojtman), en Ukraine le 10 février 1880 et morte exécutée à Moscou le 3 septembre 1918, est une militante du Parti socialiste-révolutionnaire russe.

Tentative d'assassinat de Lénine[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la guerre civile russe, les socialistes révolutionnaires organisent une tentative d'assassinat de Lénine le 30 août 1918.

Lénine visitait ce jour-là l'usine de Mihélson (завод Михельсона) de Moscou. Lorsqu'il quitta le bâtiment pour regagner son véhicule, Fanny Kaplan l'interpella. Quand Lénine se tourna vers elle, elle tira trois coups de feu. L'une des balles passa à travers le manteau de Lénine, les deux autres le touchèrent à l'épaule gauche et au poumon. Lénine retourne dans ses appartements au Kremlin. Il craint un autre attentat contre lui et refuse de quitter la sécurité du Kremlin pour se faire soigner. Les médecins arrivés pour le soigner furent incapables de retirer les balles en dehors d'un hôpital. Cependant, il survécut.

Kaplan fut arrêtée et interrogée par la Tchéka. Elle déclara : « Je m'appelle Fanny Kaplan. J'ai tiré sur Lénine aujourd'hui. Je l'ai fait volontairement. Je ne dirai pas d'où provient le revolver. J'étais résolue à tuer Lénine depuis longtemps. Je le considère comme un traître à la Révolution. J'ai été exilée à Akatui pour avoir participé à la tentative d'assassinat du tsar à Kiev. J'ai passé là-bas sept ans à travailler dur. J'ai été libérée après la Révolution. J'étais en faveur de l'assemblée constituante et je le suis toujours. »

Son arme avait été fournie par Boris Savinkov[1]. Fanny Kaplan est exécutée sans jugement le 3 septembre 1918. Elle déclare avant de mourir: « J'ai tiré sur Lénine parce que je le considère comme un traitre au socialisme et parce que son existence discrédite le socialisme. Je suis sans réserve pour le gouvernement de Samara et pour la lutte contre l'Allemagne aux côtés des Alliées[2]. » Quelques jours plus tard, Grigori Petrovski, commissaire du peuple à l'intérieur, encourage les exécutions et déclare : « Il est grand temps de mettre fin à toute cette mollesse et à cette sentimentalité. »[3]. Le 5 septembre, le Conseil des commissaires du peuple publie le décret officialisant la terreur rouge.

Les motivations et le sort de Fanny Kaplan après la tentative avortée d'assassinat, ainsi que la réaction brutale de terreur qui s'ensuivit, ne sont pas sans rappeler les actes de Charlotte Corday contre Jean-Paul Marat et leurs conséquences immédiates.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Masaryk, Alain Soubigou, Fayard, 2002, p. 234.
  2. Dominique Venner: "Histoire de l'Armée Rouge" (Plon, 1981, p.202)
  3. Histoire-Géographie sur le Web : la Terreur rouge