Ernst Rüdin

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Ernst Rüdin

Ernst Rüdin, né le 19 avril 1874 à Saint-Gall et mort le 22 octobre 1952 à Munich, fut un éminent psychiatre généticien suisse. Eugéniste, il fut l’un des instigateurs, à la demande d’Adolf Hitler de la Loi du 14 juillet 1933 sur la stérilisation eugénique

Cette loi rend la stérilisation obligatoire pour neuf maladies, considérées comme héréditaires à l’époque ou congénitales : "faibles d’esprit congénitaux", personnes atteintes de troubles neuro-psychiatriques tel que la schizophrénie, personnes atteintes de cécité ou surdité congénitales, alcooliques graves.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, il était l’un des généticien les plus réputés dans le monde[1]. Bien que quasiment unanimement approuvé avant guerre, il fut discrédité par sa collusion avec les nazis, et fut déchu de sa nationalité suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1905, il est membre fondateur de la nouvelle « Société d'Hygiène Raciale » d’Alfred Ploetz, qui est aussi son beau-frère, puis devient membre du comité directeur jusqu'en 1933, date à laquelle il devient président. Cette institut regroupa l’élite de la psychiatrie d’alors dont le docteur Aloïs Alzheimer.

En 1908, il devient coéditeur de la revue eugéniste Archiv für Rassen- und Gesellschafts-Biologie (ARGB)

Il devient un des pionniers de l'approche génétique en psychiatrie, avec son étude de 1916 sur l'hérédité de la schizophrénie.

En 1924, il est directeur du Service de recherche psychiatrique sur l'hérédité à Munich, centre intégré en 1924 à la prestigieuse fondation Kaiser Wilhelm.

De 1933-1935 à 1945, Rüdin préside à la fois la Société d'hygiène raciale et la Société des neurologues et psychiatres allemands qui existe encore aujourd'hui sous le nom Max-Planck-Institut für Psychiatrie, l'équivalent allemand du CNRS.

En 1934, il devient le président de la Fédération internationale des organisations eugénistes.

Après guerre, il fut peu inquiété par la "dénazification" et émigra aux États-Unis où il continua ses travaux malgré le fait qu'il a personnellement été deux fois décoré par Hitler lui-même[2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. "the most respected genetic scientist in the field of psychiatry until the outbreak of World War II" [ P. Breggin, Toxic Psychiatry, New York, 1991: 102.]
  2. Max Weinreich : Hitler et les Professeurs, Ed.: Belles-Lettres, 2013, ISBN 2251444696 p. 45