Dons du Saint-Esprit

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Dans la religion chrétienne, les dons du Saint-Esprit (ou charisme du grec χαρισμα, don) sont des dons de Dieu aux croyants.

Ils ont notamment été exposés par Bonaventure de Bagnorea, un saint catholique.

Dans le catholicisme[modifier | modifier le code]

Les dons de l'Esprit en Isaïe 11[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, le catholicisme a repris les paroles du prophète Isaïe qui annonçait le Messie (Is 11,2-3) :

Isaïe 11,1-3  "1 Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines.  2 Sur lui reposera l'Esprit du SEIGNEUR: esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de vaillance, esprit de connaissance et de crainte du SEIGNEUR  3 - et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR. Il ne jugera pas d'après ce que voient ses yeux, il ne se prononcera pas d'après ce qu'entendent ses oreilles." (Traduction Œcuménique de la Bible)

Dans le texte hébreux, comme dans la traduction française, il n'y a que 6 dons. Mais dans la traduction grecque de la Septante (II°av. JC.), comme dans la traduction latin (IV°s ap. JC), les traducteurs ont utilisés deux mots différents pour traduire la "crainte" du SEIGNEUR, à la fin du verset 2 et au début du verset 3 : "eusebeia" et "phobou" (en grec), "pietatis" et "timoris" (en latin). Les traducteurs de la Septante avaient déjà fait ce choix en Proverbe 1,7, n'hésitant pas à dédoubler le verset hébreu pour rendre compte dans leur langue de la richesse de signification du mot hébreu qui signifie à la fois la piété et la crainte. Cela fait donc 7 dons.

Les dons de l'Esprit chez saint Paul[modifier | modifier le code]

Dans le catholicisme, le Saint-Esprit est avant tout un don de Dieu, don d'amour (première épître aux Corinthiens). Ce don inclut tous les autres.

Les dons du Saint-Esprit sont décrits par Paul de Tarse dans un seul chapitre du nouveau testament, la première épître aux Corinthiens :

Paul de Tarse décrit la diversité des charismes (sagesse, discours de science, foi, guérisons, puissance d'opérer des miracles, prophétie, discernement des esprits, diversité de langues, et don de les interpréter).
Il fait une comparaison avec le corps : « De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Aussi bien est-ce en un seul esprit que nous avons tous été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul esprit. » (1Co, 12, 12-13).
Paul de Tarse décrit la hiérarchie des charismes, et fait un hymne à la charité.
« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert à rien. »
Paul de Tarse établit une hiérarchie des charismes en vue de l'utilité commune.
« Recherchez la charité, aspirez aussi aux dons spirituels, surtout à celui de prophétie. Car celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu ; personne en effet ne comprend : il dit en esprit des choses mystérieuses. Celui qui prophétise au contraire, parle aux hommes ; il édifie, exhorte, réconforte. Celui qui parle en langue s'édifie lui-même, celui qui prophétise édifie l'assemblée. Je voudrais certes que vous parliez tous en langues, mais plus encore que vous prophétisiez ; car celui qui prophétise l'emporte sur celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète pour que l'assemblée en tire édification. » (1Co, 14, 1-5)
Au sujet du parler en langues, Paul de Tarse revient sur la nécessité de l'interprétation : « C'est pourquoi celui qui parle en langue doit prier pour pouvoir interpréter. Car si je parle en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence n'en retire aucun fruit. » (1Co, 14, 13-14). Pour plus de détails sur le parler en langues et l'interprétation, voir la glossolalie. Les Églises du Réveil (renouveau charismatique et pentecôtisme), accordent une importance particulière au parler en langues (surtout selon les chapitres 12 et 13 de la première épître aux Corinthiens).

Les dons de l'Esprit dans la Tradition[modifier | modifier le code]

Le catéchisme de l'Église catholique indique que l'Esprit Saint est l'interprète de l'Écriture, et qu'il faut être très attentif aux différents sens des Saintes Écritures[1].

La liste traditionnelle des sept dons du Saint Esprit, est attestée en Occident au moins depuis St Ambroise au IV° siècle dans son Traité des mystères (ch.7, § 42) et dans son Traité des sacrements (L.III, ch.Il, §8) où il reprend la liste d'Isaïe 11,2.

"Car après la fontaine [du baptême], il reste encore à rendre parfait, quand à l'invocation du prêtre l'Esprit Saint est répandu, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de connaissance et de piété, l'Esprit de la sainte crainte, qui sont comme les sept vertus de l'Esprit. Sans doute, toutes les vertus relèvent de l'Esprit, mais celles-ci sont comme cardinales, comme les plus importantes."[2]

Au XIII° siècle, saint Thomas d'Aquin dédie une question de sa Somme Théologique(Ia IIae, Qu.68) aux dons du Saint Esprit. A l'article 4, en s'appuyant aussi sur Is11, il classe les 7 dons de la manière suivante :

  • "Mais la raison est spéculative et pratique. (…)
    • Pour la saisie de la vérité,
      • la raison spéculative est donc perfectionnée par le don d'intelligence,
      • la raison pratique par celui de conseil.
    • Pour bien juger,
      • la raison spéculative est perfectionnée par la sagesse,
      • la raison pratique par la science.
  • Quant à la puissance appétitive,
    • en ce qui regarde autrui elle est perfectionnée par la piété;
    • en ce qui regarde le sujet lui-même elle est perfectionnée
      • par la force contre la terreur des périls,
      • et contre la convoitise désordonnée des choses agréables elle est perfectionnée par la crainte,"

Saint Bonaventure, son contemporain écrit aussi un traité sur les sept dons de l'Esprit.

Dans le pentecôtisme[modifier | modifier le code]

Le pentecôtisme accorde une importance particulière aux dons de l'Esprit Saint, particulièrement au parler en langues (1 Corinthiens 12 : 4 à 7).

Le pentecôtisme identifie neuf dons :

  • d'une manière quasi systématique du « parler en langues », ou glossolalie, où le pratiquant reçoit le don de prier à haute voix dans une langue étrangère qu'il ne connaît, mais maîtrise dans le choix de pratique ;

On distingue ici deux formes, une quasi systématique et une plus précise qui appelle à un don d'interprétation

  • optionnellement, du « don d'interprétation du parler en langues » consistant à interpréter, dans la langue de l'auditoire, le « parler en langue » décrit ci-dessus ;
  • optionnellement, du « don de prophétie » consistant à parler de la part de Dieu dans diverses formes (révélations, pensées, ...) ;
  • optionnellement, du « don de foi » consistant à recevoir une conviction absolue en rapport avec une situation ou un évènement ;
  • optionnellement, du « don de paroles de sagesse » consistant à donner des paroles inspirées apportant une solution ou un éclairage divin ;
  • optionnellement, du « don de paroles de connaissance » consistant à recevoir des connaissances sur des événements, situations, ... ;
  • optionnellement, du « don de discernement spirituel » consistant à voir dans le monde spirituel (visuellement ou en pensée) Utile pour la détection démoniaque entre autres ;
  • optionnellement, du « don de guérison » consistant à apporter la guérison aux personnes pour lesquelles on prie ;
  • optionnellement, du « don de miracle » consistant à vivre des miracles (créations, recréations, temporalité, ...).

(9 au total).

Voir aussi texte de « La Bible », dans le « Nouveau Testament », dans le livre des « Actes des apôtres » (2:2-4).

Note[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme, numéros 109 à 119
  2. saint Ambroise, Des sacrements, trad. Don Bernard Botte o.s.b., Cerf, Source Chrétienne n°25, Paris, 1949

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]