Dons du Saint-Esprit

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Dans la religion chrétienne, les dons du Saint-Esprit (ou charisme du grec χαρισμα, don) sont des dons de Dieu aux croyants.

Ils ont notamment été exposés par Bonaventure de Bagnorea, un saint catholique.

Dans le catholicisme[modifier | modifier le code]

Dans le catholicisme, le Saint-Esprit est avant tout un don de Dieu, don d'amour (première épître aux Corinthiens). Ce don inclut tous les autres.

Les dons du Saint-Esprit sont décrits par Paul de Tarse dans un seul chapitre du nouveau testament, la première épître aux Corinthiens :

Paul de Tarse décrit la diversité des charismes (sagesse, discours de science, foi, guérisons, puissance d'opérer des miracles, prophétie, discernement des esprits, diversité de langues, et don de les interpréter).
Il fait une comparaison avec le corps : « De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Aussi bien est-ce en un seul esprit que nous avons tous été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul esprit. » (1Co, 12, 12-13).
Paul de Tarse décrit la hiérarchie des charismes, et fait un hymne à la charité.
« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert à rien. »
Paul de Tarse établit une hiérarchie des charismes en vue de l'utilité commune.
« Recherchez la charité, aspirez aussi aux dons spirituels, surtout à celui de prophétie. Car celui qui parle en langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu ; personne en effet ne comprend : il dit en esprit des choses mystérieuses. Celui qui prophétise au contraire, parle aux hommes ; il édifie, exhorte, réconforte. Celui qui parle en langue s'édifie lui-même, celui qui prophétise édifie l'assemblée. Je voudrais certes que vous parliez tous en langues, mais plus encore que vous prophétisiez ; car celui qui prophétise l'emporte sur celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète pour que l'assemblée en tire édification. » (1Co, 14, 1-5)
Au sujet du parler en langues, Paul de Tarse revient sur la nécessité de l'interprétation : « C'est pourquoi celui qui parle en langue doit prier pour pouvoir interpréter. Car si je parle en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence n'en retire aucun fruit. » (1Co, 14, 13-14).

Le catéchisme de l'Église catholique indique que l'Esprit Saint est l'interprète de l'Écriture, et qu'il faut être très attentif aux différents sens des Saintes Écritures[1].


Pour plus de détails sur le parler en langues et l'interprétation, voir la glossolalie.

Les Églises du Réveil (renouveau charismatique et pentecôtisme), accordent une importance particulière au parler en langues (surtout selon les chapitres 12 et 13 de la première épître aux Corinthiens).

Nombreux sont les passages des Saintes Écritures où apparaît l'expression « esprit ». L'Esprit Saint est ainsi qualifié, dans la Bible, de différentes manières. Dans le Premier Testament, on parle ainsi d'Esprit de Yahvé, qui se manifeste également par le « bras »[2].

Traditionnellement, le catholicisme a repris les paroles du prophète Isaïe qui annonçait le Messie (Is 11,2, voir chapitre 11 du livre d'Isaïe) :

« Un rameau sortira du tronc de Jessé, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l'Esprit de Yahweh esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Yahweh. »

La Vulgate de saint Jérôme a repris ces six dons exposés par Isaïe et a dédoublé l'un des dons ; il y a donc la piété.

La liste traditionnelle des sept dons du Saint Esprit, est attestée en Occident au moins depuis St Ambroise au 4° siècle. Les sept dons du Saint Esprit sont la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. C'est au Moyen âge que s'est formulé la doctrine des dons du Saint Esprit. St Thomas d'Aquin 13° siècle, dans sa Somme théologique a élaboré cette doctrine des dons du Saint Esprit.

  • Intelligence : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives.
  • Conseil : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit Saint dans l’appréhension, par l’intelligence, des vérités spéculatives pratiques.
  • Sagesse : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit dans le jugement, par l’intelligence, des vérités spéculatives.
  • Connaissance : nous rend réceptifs à l’action de l’Esprit dans le jugement, par l’intelligence, des vérités pratiques.
  • Piété : nous rend réceptifs à l’action du Saint Esprit dans les appétits de l’amour des choses qui concernent un autre.
  • Force : nous rend réceptifs à l’action du Saint Esprit dans les appétits de la crainte des choses qui nous concernent.
  • Crainte : nous rend réceptifs à l’action du Saint Esprit dans les appétits du désir des choses nous concernant

Saint Bonaventure (XIIIe siècle) a écrit un livre sur l'Esprit Saint.

Dans le pentecôtisme[modifier | modifier le code]

Le pentecôtisme accorde une importance particulière aux dons de l'Esprit Saint, particulièrement au parler en langues (1 Corinthiens 12 : 4 à 7).

Le pentecôtisme identifie neuf dons :

  • d'une manière quasi systématique du « parler en langues », ou glossolalie, où le pratiquant reçoit le don de prier à haute voix dans une langue étrangère qu'il ne connaît, mais maîtrise dans le choix de pratique ;

On distingue ici deux formes, une quasi systématique et une plus précise qui appelle à un don d'interprétation

  • optionnellement, du « don d'interprétation du parler en langues » consistant à interpréter, dans la langue de l'auditoire, le « parler en langue » décrit ci-dessus ;
  • optionnellement, du « don de prophétie » consistant à parler de la part de Dieu dans diverses formes (révélations, pensées, ...) ;
  • optionnellement, du « don de foi » consistant à recevoir une conviction absolue en rapport avec une situation ou un évènement ;
  • optionnellement, du « don de paroles de sagesse » consistant à donner des paroles inspirées apportant une solution ou un éclairage divin ;
  • optionnellement, du « don de paroles de connaissance » consistant à recevoir des connaissances sur des événements, situations, ... ;
  • optionnellement, du « don de discernement spirituel » consistant à voir dans le monde spirituel (visuellement ou en pensée) Utile pour la détection démoniaque entre autres ;
  • optionnellement, du « don de guérison » consistant à apporter la guérison aux personnes pour lesquelles on prie ;
  • optionnellement, du « don de miracle » consistant à vivre des miracles (créations, recréations, temporalité, ...).

(9 au total).

Voir aussi texte de « La Bible », dans le « Nouveau Testament », dans le livre des « Actes des apôtres » (2:2-4).

Note[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme, numéros 109 à 119
  2. Consulter par exemple L'Esprit dans l'Ancien Testament, conférence de Françoise Schmidt, 1998

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]